Samedi 11 septembre 2010 à 8:26

Actualité

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   J’avoue être parfois très surpris par les “réformes” de l’enseignement en France et très sceptique sur leurs conséquences.


    J’ai l’impression d’avoir un vocabulaire nettement au dessus de la moyenne, car si je prends le petit Larousse, en moyenne, je connais la signification de 75% des mots (certaines pages plus, d’autres moins), c’est à dire au total, entre 40 et 50 000 mots.
    Or feuilletant un nouveau livre de français de CE, dans lequel je voulais voir les méthodes d’apprentissage de la lecture,  j’ai eu la surprise de trouver le terme “d’anacoluthe”. Je savais que c’était soit une erreur de grammaire, soit une anomalie voulue dans la construction d’une phrase qui permet une figure de style plus élégante et plus claire. Mais je n’ai jamais employé ce mot ailleurs que dans des mots croisés !!
    J’ai trouvé ensuite une “didascalie”, terme également usité dans les mots croisés, qui désigne, dans le texte d'une pièce de théâtre ou le scénario d'un film, une note rédigée par l'auteur à destination des acteurs ou du metteur en scène, donnant des indications d'action, de jeu ou de mise en scène.
    Poursuivant ma lecture, j’ai trouvé les mots “prétérition” et “paronomase”.
Là j’ai dû aller voir le sens de ces mots que je ne connaissais pas :
    La prétérition  du latin praeteritio (« action de passer sous silence »),  est une figure de style consistant à parler de quelque chose après avoir annoncé que l'on ne va pas en parler1. Elle permet de ne pas prendre l'entière responsabilité de ses propos et se reconnaît à l'emploi de formules particulières d'introduction comme « Ai-je besoin de vous dire... ».
    Une paronomase consiste à rapprocher des mots comportant des sonorités semblables mais qui ont des sens différents. On appelle paronymes des mots qui se ressemblent par leurs sons :« Qui se ressemble, s'assemble. »

    Quand je vois la pauvreté du vocabulaire courant de certains élèves du lycée, je me dis qu’on ferait mieux de leur apprendre des mots plus utiles; ils pourront attendre pour utiliser de tels termes de faire un mastère de lettres !!
    Suivaient ensuite des leçons de grammaire, de syntaxe et d’analyse logique, avec un vocabulaire et des explications incompréhensibles, bien plus hermétiques ( le livre en question aurait écrit “absconses” lol), que certains livres de maths modernes, pourtant déjà gratinés !

    Je me suis remémoré avec nostalgie mon enfance où mes grands parents m’avaient appris à décortiquer des mots simples, puis à les assembler, puis à comprendre leur sens, à les aimer, puis à leur faire dire ce que je souhaitais faire comprendre aux autres. Ils m’avaient donné aussi le goût ed la lecture.
Je ne connaissais pas de mots savants et ésotériques, mais sur une dictée de vocabulaire courant, 5 fautes d’orthographe étaient éliminatoires à l’examen d’entrée en sixième !
    Là je me pose la question : comment voulez vous, à l’époque de MSN et des SMS, si l’on rend incompréhensible la construction des phrases et les règles de grammaire, si on lapprend aux enfants des mots inutiles et savants, si on ne leur apprend pas à s’exprimer simplement et sur des sujets de tous les jours, comment voulez vous qu’ils essaient de respecter l’orthographe.?
   
    Pour moi, l’orthographe, l’expression simple et claire, c’est comme la qualité du son de ma chaîne hi-fi, ou la netteté des images de la télé.
    J’aime bien cowblog, parce beaucoup des jeunes que j’y rencontre essaient de bien écrire et sans fautes si possible, malgré la frappe sur le clavier, moins rigoureuse au plan de la mémoire que l’écriture à la main.
    Une cowblogeuse (une matheuse pourtant), mais qui était excellente en français, me disait qu’écrire correctement était, pour elle, de la politesse vis à vis de son interlocuteur, et je suis d’accord avec elle.
    De plus, le patron d’une PME qui embauchait des ingénieurs et des techniciens, me disait qu’il écartait tous les CV qui comportaient beaucoup de fautes d’orthographes, car pour lui, cela dénotait un manque de rigueur, de persévérance et de volonté.
    Je ne suis pas entièrement d’accord au plan psychologique, mais je comprends qu’il en fasse un des critères de choix : rares sont les métiers où la communication avec les autres n’est pas indispensable.
    Une autre personne m’a dit un jour que la maitrise des mots étaient un gage de liberté et que la pauvreté du vocabulaire engendrait l’incompréhension et la violence. C’est vrai que la plupart des “accrochages” dont j’ai été témoin dans ma vie, étaient dus à des malentendus.
    Ce serait vraiment un comble que ce manque de vocabulaire courant soit dû à un manque de bon sens dans nos programmes éducatifs.

    La dernière trouvaille du ministre est de ne plus faire des cours que le matin et, comme aux USA ou en Allemagne, faire du sport l’après-midi.
    Mais il est curieux de voir que l’on se lance dans cette voie, juste au moment où ces deux pays, en ayant éprouvé les inconvénients, font machine arrière sur ce point !!
    Personnellement j’ai connu des enfants qui dormaient encore durant  la première heure de cours, d’autres qui avaient du mal à suivre en fin de matinée après trois heures de cours, certains qui étaient engourdis la première heure après le déjeuner et qui se sentaient très dispos et attentifs vers 16h.
    Et quand je vois le niveau moyen des connaissances des élèves qui baisse régulièrement, certes quelques heures de gym, c’est bon pour la santé, mais je me demande si “sports tous les après-midi”, est vraiment nécessaire ?

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Je reprendrai demain mes articles sur les préférences cérébrales.
Par Tid le Samedi 11 septembre 2010 à 14:50
T'inquiète, les fous-rire au théâtre, ils y sont toujours ! =D
Par maud96 le Samedi 11 septembre 2010 à 15:54
On a envie de crier à l'auteur peu pédagogue de ce manuel ce qui pourrait être une injure du Capitaine Haddock : "Espèce d'anacoluthe !"
Par alesia le Samedi 11 septembre 2010 à 16:29
Je connais tous les termes que vous citez pour les avoir étudiés au cours de mes études. Il me semble toutefois abusé de les apprendre en classe de CE... Ce sont des termes assez techniques qu'on devrait plutôt réserver à ceux qui se spécialisent dans l'étude des textes littéraires (à ce moment là, ils auront vraiment besoin de ce vocabulaire pour décrire les phénomènes textuels) !
Je trouve qu'on enseigne aujourd'hui le français d'une façon très barbare... Normal que les élèves n'aient plus envie de lire... On insiste sur la technicité au lieu de privilégier la découverte de la beauté de la langue... Et cette découverte n'a pas besoin de mots techniques pour être dite et ressentie !
Par Nessie-Cullen le Samedi 11 septembre 2010 à 17:25
Très intéressant ton article j'ai trouvé. Je suis pas forcément d'accord avec le système école le matin et sport l'après-midi, je trouve que notre école est très bien comme elle est dans les horaires en tout cas ! Le reste ... ce sont d'autres problèmes, et chacun a son point de vue dessus.
Par kaa le Dimanche 12 septembre 2010 à 16:00
C'est l'éternel problème de ces programmes écrits par les inspecteurs qui ne semblent jamais avoir vu un élève dans leur vie
Par little-slug le Jeudi 25 août 2011 à 21:09
C'est comme si on prenait les élèves de primaire pour des adultes qui connaissent déjà la moitié des mots du dictionnaire... Comment faire aimer la lecture et l'écriture à des enfants à qui l'on demande déjà un vocabulaire si savant. Pour ma part, didascalie, j'ai du l'apprendre dès la sixième et on me le rabâchait chaque année, et anacoluthe ne fait partie de mon vocabulaire que depuis l'année dernière...
 

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