Vendredi 12 avril 2013 à 8:15

Biologie, santé.

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            J’ai lu un article sur une étude étonnante publiée parla revue « Science Translational Medicine » faite par une équipe internationale dirigée par le biologiste Valter Longo de l’université de Californie du sud et par l’endocrinologue équatorien  Jaime Guevara-Aguirre et qui concerne 22 années d’étude d’une population vivant dans les Andes, en Equateur.
            Cette population a des origines Européennes : espagnols ou juifs espagnols et portugais qui se sont convertis au christianisme à la fin du XVème siècle, par peur de l’inquisition. Elle habite dans un village reculé, dans les montagnes Equatoriennes de la province de Loja, et est donc différente des indiens, qui constituent la population habituelle de la région.
            Parmi les gens de ce village, vivent des individus de petite taille, atteints d’une maladie génétique, le nanisme de type Laron.(voir ci dessus une photo de certaines de ces personnes, avec Jaime Guevara Aguirre, qui n'est pas un géant; certains de ces nains font moins de 1 mètre.)
            La maladie de Laron est une anomalie génétique causée par l’absence d’un gène qui empêche le corps d’utiliser l’hormone de croissance, ce qui est responsable du nanisme (Laron est le médecin qui a découvert cette maladie).
Dans le village, une centaine d’individus sont atteints, et 1600 autres personnes de la communauté ne présentent pas la mutation génétique et sont donc de taille normale.
         Le suivi de cette population a duré 22 ans ; et aucun cas de diabète n’est constaté parmi ceux touchés par le syndrome de Laron, et ni aucun cas de cancer, alors que, parmi les autres participants, 5 % ont développé un diabète et 17% un cancer. Pourtant tous sont soumis au même.
 
            Les chercheurs pensent donc que l’hormone de croissance pourrait avoir une responsabilité dans la survenue du diabète et des cancers.
 
            Réduire l’hormone de croissance pourrait-il être un traitement par exemple au sein des familles à forte fréquence de diabète et de cancers?
 
John Kopchick et Andrzej Bartke ont publié en 2000 et en 1996 des études montrant un allongement de la vie de 40% chez des souris adultes, si l’on réduisait le taux d’hormones de croissance, et ils ont également montré le lien entre réduction de l’hormone de croissance et réduction du risque tumoral.
En analysant le sang des personnes atteintes du syndrome de Laron, les scientifiques ont mis en évidence un double effet protecteur : l’ADN semblait protégé contre des oxydations et la destruction des cellules dont l’ADN était artificiellement oxydé étaient détruites très rapidement, ces deux actions pouvant réduire la probabilité de la survenue d’une tumeur.
De plus, ces personnes avaient, un niveau d’insuline très bas et une très faible résistance des cellules à l’insuline, ces phénomènes pouvant éviter la survenue d’un diabète
  L’équipe de Rafael de Cabo du National Institute on Aging, a mis en contact des cellules humaines avec le sérum de personnes atteinte du syndrome de Laron. Elle a constaté que le sérum changeait l’activité génétique des cellules et était capable également capable d’allonger la survie de levures et d’autres organismes.
Ces découvertes suggèrent donc que l’utilisation d’un inhibiteur des récepteurs de l’hormone de croissance pourrait être utile pour prévenir, chez des personnes adultes, la survenue de pathologies liées à l’âge telles que le diabète ou le cancer. Ce n’est pour l’instant qu’une intéressante hypothèse qui nécessitera encore beaucoup de recherches.
            Par contre il est dommage de constater que les habitants de ce village n’ont pas tiré de bénéfice de cette étude, notamment au plan sanitaire. Malgré leur immunisation contre le cancer et le diabète, ils ne meurent pas vieux, car consommant trop d’alcool.

Nota : il semble que dans le monde, il n'y ait pas plus de 350 personnes atteintes de la maladie de Laron.
Par coldtroll le Vendredi 12 avril 2013 à 17:10
c'est intéressant, mais leur maladie ne les dispose pas à d'autres affections ? en santé, c'est souvent un bien pour un mal (et réciproquement...)
Par Glucomètre le Jeudi 24 octobre 2013 à 22:58
C'est vrai que c'est une étude assez intéressante. Merci ;)
 

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