Mercredi 2 janvier 2013 à 8:14

Zoologie, botanique, évolution

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             Le laboratoire de Psychologie cognitive de l'université d'Aix-Marseille vient de montrer que des singes peuvent faire la différence entre des suites de lettres sans signification et des mots qui en ont une.
            Certes il ne s'agissait pas de leur apprendre à écrire un roman, ni à concourir au Goncourt, mais simplement de classer des suites de lettres en deux catégories : mots connus et suite de lettres dans signification.
            Les singes de cette "classe littéraire" ont réussi leur examen. Ils étaient 3à, habitués à utiliser les claviers d'ordinateur.
            Les chercheurs avaient retenu des mots de 4 lettres du langage courant et créé des "non mots" assemblages de lettres sans signification. Certains correspondaient à des associations de lettres qui se rencontrent peu dans la langue courante, d'autres étaient plus proches des mots réels et la difficulté était donc plus grande.
            L'expérience a duré plusieurs mois, et a compris des centaines de présentations de 50 mots et 50 non-mots différents, dans un ordre aléatoire et le singe devait appuyer sur un cercle si c'était un mot et sur une croix si c'était un non mot. Il recevait une récompense si c'était un mot qu'il avait reconnu.
            Au début de l'expérience les scores étaient très faibles, mais en fin d'expérience le taux de réussite atteignait 80 %. et on considérait alors que le mot correspondant était "appris".
            Les babouins étaient plus doués et le nombre de mots appris a atteint de 81 à 308 selon les individus, mots qu'ils reconnaissaient grâce aux lettres correspondantes (donc l'orthographe), mais dont évidemment ils ne connaissaient pas la signification.
            Les erreurs étaient plus fréquentes avec les non-mots proches de mots réels (kang et bang par exemple), ce qui montre bien que la reconnaissance se faisait par l'apprentissage de la succession de lettres.
 
 
            A quoi cela sert il me direz vous ? A connaître les bases neuronales de la lecture.
            Deux thèses en effet s'affrontaient :
                        - Selon une thèse des es années 1980, la capacité à reconnaître des mots écrits dériverait de la parole. Pour un enfant, apprendre l'orthographe consisterait à associer les lettres écrites aux sons du langage pratiqué depuis plusieurs années. Cette théorie s'appuie notamment sur le fait que dans la grande majorité des langues, les symboles de l'écriture correspondent systématiquement aux sons.
                        - Selon une autre hypothèse datant de 2000, la lecture serait essentiellement un processus visuel indépendant de la parole.
            Il existerait une zone du cerveau dont la fonction spécifique serait de traiter la forme visuelle des mots écrits, et l'enfant apprendrait l'orthographe et la lecture des mots en repérant la régularité avec laquelle certains groupes de lettres se suivent ou ne se suivent pas dans les mots.
            Pour savoir si savoir si ces régularités suffisent à développer un sens de l'orthographe ou s'il faut connaître les sons associés aux lettres. Pour le savoir, et départager ainsi les deux hypothèses, il fallait mener une expérience avec des individus qui ne maîtrisent pas Ie langage humain, et les babouins étaient de bons candidats, car leur système visuel est très semblable au nôtre, leur cerveau est proche de celui de l'homme, et on peut facilement leur apprendre à se servir d'un clavier et d'un écran d'ordinateur.
            On peut même "faire parler" des chimpanzés (voir mon article du 21/3/2008).
 
            Quant aux centres de reconnaissance des mots et des lettres, il est situé dans le cerveau temporal gauche. Un premier centre reconnaît les lettres d'après leur forme, mais sait associer la lettre à diverses formes : minuscule, majuscule, italique, écriture à la main....
            Alors que habituellement les images et leur symétrique ne sont pas différenciées, ce centre sait le faire et distingue un b d'un d.
            Chez le jeune enfant c'est un centre qui sert à la reconnaissance des visages, et lors de l'apprentissage de la lecture, une partie de ce centre se transforme en reconnaissance des lettres.
            Un autre centre proche des centres de Wernicke, (reconnaissance de la parole), analyse la structure des lettres adjacentes et il va chercher dans le centre de Geschwind le mot correspondant, et se met en liaison avec tous les attendus présents en mémoire concernant ce mot : exemple "canari, c'est un oiseau, jaune, qui chante, certains s'appellent TITI etc....(voir mes articles du 8 août 2007 sur la nature de ces centres).
            L'expérience sur les babouins montre que probablement ces centres de reconnaissance des lettres et des mots peuvent fonctionner même si on n'a pas appris à parler, mais évidemment le sens des mots vous échappe, bien que l'on puisse concevoir un apprentissage où l'écrit serait appris avant la parole. C'est d'ailleurs ce qui arrive à certains autistes.

           Mais je crois que je vais remplacer le correcteur orthographique de Word, qui m'agace, par un babouin, ou mieux une babouine.!
Par Renovatio le Mercredi 2 janvier 2013 à 21:21
Je n'ai pas assez de place pour un chimpanzé à côté de mon Mac ^^
Honte aux humains qui ne savent pas aligner deux mots sans faire dix fautes d'orthographes !
Article très intéressant, qui nous montre que l'espèce humaine n'a qu'à bien se tenir lol
 

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