Mardi 29 juin 2010 à 8:01

Le bonheur

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    Dans un de mes précédents articles, un commentaire de  Mel me rappelait une phrase de Rousseau sur le bonheur que j’ai trouvée très vraie :
 "Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère, et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux."
    Les philosophes ont parfois des vues encore plus nettes que les psychologues et je pense qu’ils ont raison de mettre plutôt l’espoir à la place du désir.
    Je me souviens de mon professeur de philosophie qui citait des philosophes, (mais ma mémoire ne se rappelle plus lesquels), et qui disait à peu près ceci :  "Si je ne saisis pas encore le sens de ma vie, le seul fait que je veuille me consacrer à sa recherche est en soi une raison de vivre”

    Les processus intellectuels représentent une autre façon importante de donner un sens à sa vie : des valeurs personnelles, une démarche spirituelle, une réflexion philosophique, l'appréciation et la pratique des arts, la recherche de connaissances scientifiques et techniques.

    J’ai souvent connu des personnes pour lesquelles, les règles de conduite qu’elles s’étaient fixées étaient essentielles. Respecter ces impératifs de leur surmoi était impératif et leurs actions avient, en même temps que leur but propre, cet objectif qui donnait un sens à leur vie.
    C’était un ensemble de valeurs morales, mais aussi relationnelles et altruistes, et en définitive une vision globale de la vie et de son environnement.

    J’ai connu aussi des personnes pour lesquelles leur religion (quelle qu’elle soit), était leur raison de vivre et qui pensaient que “la foi est la force de la vie”.
    C’était pour certaines un vrai besoin intellectuel, pour d’autres une consolation dans le malheur ou les difficultés avec l’espoir d’un avenir meilleur, pour d’autres la foi aveugle du charbonnier mais qui souvent, bien que peu réfléchie permet de déplacer des montagnes (je pense en particulier à la construction de toutes nos églises et nos cathédrales, qui sont si belles qu’on soit ou non croyant).

    L’art est également une source d'enrichissement de l'existence pour de nombreuses personnes.
    Certes j’aime la peinture et j’ai visité de nombreux musées dans le monde, j’écoute beaucoup de musique notament classique, mais je ne suis en matière d’art, ni “pratiquant , ni artiste.
    Je pense donc que pour en exprimer les bienfaits, je vais laisser la parole au sculteur bien connu Auguste Rodin.
    « L’art, c'est la contemplation. C'est le plaisir de l'esprit qui pénètre la nature et qui y devine l'esprit dont elle est elle-même animée. C'est la joie de l'intelligence qui voit clair dans l'univers et qui le recrée en l'illuminant de conscience. L’art, c'est la plus sublime mission de l'homme puisque c'est I’exercice de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre. »
    La valeur de l'artiste réside précisément, selon Rodin, dans ce qu'il aide l'humanité à s'élever au- dessus des strictes contingences matérielles et facilite l'accès à la contemplation et au sens de l'existence.
 Les œuvres d'art nous arrachent à l'esclavage de la vie pratique et nous ouvrent le monde enchanté de la contemplation et du rêve.
    Ecrire et lire, peindre, sculpter, faire ou écouter de la musique, faire de la photo ou du cinéma, procure des joies certaines et peut donner un certain sens à la vie.

    La réflexion philosophique et la réflexion scientifique, en apparence très différentes, sont en fait proches par nature, même si les sujets et les méthodes diffèrent.
    Pour les personnes qui ont une certaine expertise dans un domaine philosophique ou scientifique, le but est le même : comprendre la nature de ce qui les environne, un monde d’idées soit très abstrait, soit assez concret, rechercher ce que savaient nos anciens et nos prédécessurs dans le domaine qui les intéresse, comprendre et assimiler cette connaissance, puis essayer de la compléter et de la faire connaître à d'autres, mais en leur laissant leur libre arbitre, sans prosélytisme.
    C’est à la fois une démarche personnelle et collective, car la connaissance nous vient à 99% des autres.
    J’ai personnellement peu de connaissances en littérature et en philosophie, mais j’aime bien en discuter avec des personnes beaucoup plus “calées” qui m’apprennent ainsi des tas de choses et me font réfléchir.
    Et dans les domaines scientifiques où j’ai une certaine compétence, j’ai l’occasion de rencontrer des ingénieurs et des chercheurs, de lire beaucoup, et d’apprendre ainsi tous les jours sur les progrès de la science et les explications des phénomènes.
    Et j’essaie dans la mesure de mes moyens de retransmettre une partie de cette connaissance en organisant des conférences ou en écrivant des articles.
    Dire que c’est le sens de ma vie serait exagéré, mais cela m’apporte beaucoup de joies et je m’en passerais difficilement.
    Certain(e)s de mes correspondant(e)s savent que j’ai lu avec plaisir et intérêt leurs TPE, ou leurs mémoires scientifiques, philosophiques ou littéraires, et que j’ai aidé certaines à faire dissertations ou problèmes de maths et de physique.

    Mais je suis conscient que le plaisir de cette réflexion commune (même entre scientifique et littéraire) est dû en général à une éducation commune qui nous a donné malgré nos différences énormes d’âge, la même soif de connaître, le goût du travail personnel, la soif d’apprendre et l’intéret pour le savoir.
    J’ai aussi eu l’occasion de discuter avec des jeunes en échec scolaire auxquels on n’avait jamais appris ces habitudes ni fait découvrir ces joies.
    C’est vrai aussi pour ceux qui ne trouvent pas d’intérêt dans l’art ou de moteur dans les valeurs religieuses ou morales.

    Cultiver son esprit est une habitude que vous donnet parents et enseignants très jeune; c'est plus difficile ensuite de l'acquérir : on est devenu paresseux !
   
Que reste t’il alors à ces personnes pour trouver un sens à leur vie : l’action.
C’est ce que je développerai dans le prochain article.

Par alyane le Mardi 29 juin 2010 à 8:14
Quand je trouve un traité, je suis contente et quand je le comprends aussi. Pour ceux qui trouvent leur bonheur dans des recherches, ne comblent-ils pas un vide dans leur vie privé. ?
Je connais un cas!
Par monochrome.dream le Mardi 29 juin 2010 à 11:51
Je ne suis pas vraiment d'accord avec la phrase de Rousseau. Espérer, désirer, attendre autre chose que ce qui est, peut effectivement faire une impression agréable ; mais surtout, cela signale un manque dans la situation présente. J'ai cru longtemps pouvoir faire de l'espoir mon credo, avant de me rendre compte, notamment par des discussions et lectures, mais aussi en l'expérimentant, que sans cesse dédier le moment présent à un hypothétique futur, ce n'est pas le bonheur, c'est une fuite.
 

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