Samedi 7 mars 2015 à 7:43

Ecologie, Changement climatique

Après beaucoup de digressions pour expliquer ce qu’étaient les jets-streams, les courants océaniques et l’oscillation du sud El Niño (ENSO), je reviens à l’article de de Jef Masters, sur les conséquences du changement climatique sur les courants des océans et en haute altitude, et leurs conséquences météorologiques, qui s’intitulait « Le jet stream polaire se dérègle t’il? ».

    Jef Master constate que, pendant l'hiver 2013-2014, le jet-stream polaire s'est aventuré bien plus loin vers le sud que d'habitude, glaçant l’est des États-Unis jusqu'à Atlanta, une ville subtropicale, tandis que les hautes pressions qu’il avait installées au dessus de ia Californie ont entraîné le plus chaud hiver depuis 1850.
    En Europe, après avoir fait connaître à l'Angleterre et au Pays de Galles leur hiver le plus pluvieux depuis 1766 au moins, le jet-stream a déclenché des tempêtes successives destructrices et entraîné des températures si élevées que des incendies de
forêt se sont produits spontanément en Norvège en janvier.
     Durant l' été 2010,la pire vague de chaleur jamais enregistrée en Russie a tué 55000 personnes et le déluge qui s'abattait sur le Pakistan y entraînait les pires inondations de l’histoire du pays. Dans l'Oklahoma l'été 2011 fut
le plus chaud jamais noté aux USA, et il fut suivi en 2012 par la pire sécheresse depuis les années 1930…

    Ces dérèglement sont dus, comme je le disais dans l’article d’hier à des oscillations du jet-stream polaire, qui fait remonter des hautes pressions vers le nord, engendrant chaleur et sécheresse, et descendre des basses pressions vers le sud, amenant froidure, tempêtes et pluies diluviennes.
    Alors on peut se demander : « Le jet-stream polaire est il devenu fou ? ».
   
    Y a t’il dans ce dérèglement climatique, l’influence du réchauffement causé par l’activité humaine moderne.
    Jef Masters voit deux grandes causes possibles de ce type.

    Le réchauffement du pôle beaucoup plus important que celui du reste de la planète.
Il entraîne une modification des pressions atmosphériques et la fonte des neiges et des glaces. Le phénomène s’accroit car le sol sous la glace et plus foncé et moins réfléchissant, et le rayonnement solaire est donc davantage absorbé et réchauffe davantage le sol, ce qui accroit la fonte des glaces l’été. Il est probable qu’en 2030, toute la banquise aura disparu durant l’été.
   
    Le schéma ci dessous montre une évolution parallèle de la fonte de la banquise et de la vitesse des vents en altitude. Le jet-stream polaire a nettement ralenti autour de 2012. Allant moins vite, il est plus sensible à des perturbations de pression et il ondule donc davantage.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/banquisevents.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/effetclimat.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/mecanismejetstream.jpg




















    Toutefois cette hypothèse n’est pas forcément prépondérante acr l’énergie totale correspondant à l’augmentation de chaleur au pôle est très inférieure à celle communiquée à l’atmosphère par l’ENSO.
   
http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/ElNino.jpg    La seconde hypothèse est donc que ce sont les fantaisies d’El Niño, qui ne s’est pas manifesté pendant près de 5 ans, qui peuvent avoir fortement influencé le parcours du jet-stream. Lors des évènements ENSO, les jet-streams s'intensifient, car l'élévation de la température du Pacifique central augmente la différence de pression entre l'équateur et les moyennes latitudes. En leur absence ils ralentissent.
    Mais un ENSO très fort a également un impact direct sur l’oscillation du jet-stream polaire, car pendant la phase chaude, l’augmentation importante des pressions va repousser au sud le courant-jet, qui plus loin, oscillera ensuite vers le nord.

    On ne sait pas pourquoi El Niño s’est endormi 5 ans, mais par contre on montre que son activité lorsqu’elle se produit, a été plus importante dans la période 1979-2009, que dans les périodes précédentes, notamment en 1982 et 1997, et il semble que ce soit dû au réchauffement climatique.
    Malheureusement nos connaissances sont encore trop incertaines pour pouvoir expliquer les phénomènes de couplage entre le réchauffement climatique, l’ENSO dont la périodicité est apparement aléatoire parce qu’on n’en connaît pas l’explication), et les oscillations du jet-stream polaire.
    La seule chose dont on est sûr, c’est que celles -ci entraînent chaleur et sécheresses, ou pluies et tempêtes, par la trop forte infiltration des hautes pressions vers le nord ou des basses pressions vers le sud.

    Ce qui est inquiétant dans ce dérèglement du jet-stream, c’est que ce n’est pas un phénomène linéaire, mais il semble avoir un certain seuil et donc on peut se demander si un certain cap n’a pas été franchi et si cette situation va perdurer, avec ses conséquences désastreuses.
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