Mardi 17 octobre 2006 à 15:35

Amour et peines de coeur

  

  Comme je l'ai dit dans mon précédent article, certain(e)s d'entre vous m'ont reproché de ne pas croire aux d'amours adolescentes, et de les juger éphémères.

 (Je signale au passage à ceux qui m'ont écrit, qu'amours, délices et orgues sont masculins au singulier et féminins au pluriel. Je sais, le français est compliqué, le SMS est plus simple !).

     Pas si facile que cela de vous prouver le contraire : j'ai bien deux exemples existant actuellement, mais ils seraient reconnus par certains de mes lecteurs. Alors je vais puiser dans mes souvenirs lointains, quand j'avais votre âge. (il y a 60 ans !!!)

     Au lycée, nous avions deux camarades, un garçon et une fille, qui avient deux ans de moins que la plupart dentre nous, et habitaient dans deux maisons voisines à deux kilomètres du lycée.
     Tous les jours nous les voyions venir et repartir ensemble, à pied, côte à côte, quelquefois la main dans la main. Ils s'asseyaient en classe, devant la même table, attentifs et studieux.
     Le soir ils allaient chez l'un ou chez l'autre, faire leurs devoirs et apprendre leurs leçons ensemble, puis chacun rentrait chez soi, recopier son brouillon.
 Les profs avaient trouvé étrange ce travail en commun (le travail en groupe n'avait alors pas la cote!), mais ils avaient fini par l'admettre. Le plus souvent, c'étaient les deux meilleurs élèves de la classe.
     Le jeudi ou le dimanche (à cette époque on travaillait mercredi et samedi toute la journée!), ils venaient souvent discuter avec nous ou surtout faire du sport au stade. Mais sans que rien ne les distingue des autres.

     On les voyait quelquefois, assis l'un près de l'autre, en train de lire un livre, ou d'écouter de la musique, la tête de la fille sur l'épaule du garçon, et lui la tenait par la taille.
     Mais nous ne les avons jamais vu s'embrasser autrement que sur les joues, et nous ne pouvions pas dire s'ils s'aimaient vraiment. La notion de “petit(e) ami(e) “ n'existait pas à cette époque, et on ne s'affichait pas auprès des copains.

     Un de nos copains avait bien essayé de faire un peu de gringue à la jeune ado, mais elle avait sorti de la doublure de sa robe, une fine aiguille de 15 cm de long; il n'avait pas insisté, et avait gardé ses mains dans ses poches.
     Une de nos copines avait tenté sa chance pour séduire le garçon, mais il lui avait gentiment et poliment dit qu'il “n'était pas intéressé” LooL

     Alors nous, comme d'ailleurs nos profs, nous les appellions les “jumeaux bambini”.

     Cela a duré trois ans.

     Et puis le troisième été, la jeune fille est morte en vacances, dans un accident.
     Mon camarade a été longtemps dans le cirage et un jour où j'essayais de le consoler, il m'a dit :
 “ nous pensions faire nos études d'ingénieurs ensemble, aller dans le même laboratoire faire de la recherche médicale; nous voulions construire une petite maison à la campagne, avoir trois enfants aux prénoms gaéliques, avoir un chien, un chat, élever des poules, des canards, des moutons et des chevaux, continuer à partager nos vies, jusqu'à ce qu'on soit très vieux, mais tout cela n'est plus maintenant qu'un beau rêve impossible.”
     
     Ce jour là, j'ai compris que même à notre âge d'ado, il pouvait exister autre chose que des amourettes.



Par babydol le Mercredi 18 octobre 2006 à 12:51
Que c'est beau ! Et comme c'est triste en même temps !
Merci de ton com sur mon blog qui m'a permis de découvrir le tien que je mets de suite dans mes favoris !!
bisous
Par jaime-les-fleurs le Jeudi 19 octobre 2006 à 21:19
Merci :) Mais ça va bien aujourd'hui. Juste un peu énervée par l'armée mais ça baigne.
C'est sympa c'que tu fais pour les jeunes.
Par laika le Samedi 21 octobre 2006 à 17:24
Mmmm... J'ai une amie qui est fiancé, elle est bien jeune, mon âge, et ses parents sont contre cette idée, pour eux c'est une amourette, qui ne durera pas, une trahison, bizarrement je vois les choses autrement, je me dis que quand tu as la chance de trouver ton bonheur quelque part peut importe si cela dur ou meur, le principal c'est de le vivre sans regret, et d'y croire un peu, suffisemment pour être heureux avec l'autre.

Mais c'est vrai que les ados, sont trop jeunes pour s'aimer, mais les adultes aussi. ^^ Même les plus sages d'entre eux, peu importe l'âge en fait, c'est la facon de voir, l'évolution de sa vie, la prise de conscience et l'amour que l'on a pour quelqu'un qui conditionne cette volonté d'être à lui, avec lui et de le soutenir en attendant au retour presque rien sinon les même sentiments.

La plupart des ados, pourtant en mal de vivre, recherche la dedans, seulement un échappatoire, ils se sentent mal aimé, ou ne s'aime pas, ca parait un bon refuge, les bras de quelqu'un même si c pour une heure.

Cet ami, il me fait pensé à moi gamine. J'étais pareille, pas avec les gars, mais avec mes "amies" je montais des plans titanesques, des plans d'architectes, des factures, des listes, pour ma vie future avec mes copines. Je créait une vie que je ne pouvais avoir, mais je ne le savais pas. Je ne pouvais pas savoir ce que j'allais de venir, et lui non plus ne pouvait pas savoir ce qui allait se passer. Mais cela ne signifie pas, que cela aurait durer.

Entre les rêves et la réalité, y a une différence, le seul avantage, et pardonne moi à l'avance de dire ce que je pense, mais avec la mort de celle qu'il aimait il n'a pas eu à affronter la réalité qui aurait pu venir. ou pas. Et comme on ne sait pas, j'espère qu'il s'est relevé de la tragédie en se disant j'étais heureux je peux le redevenir.
Par lancien le Dimanche 22 octobre 2006 à 9:24
Laika, j'aimerais t'écrire ailleurs que sur mon blog où tous peuvent lre pour répondre à tes questions et commentaires. As tu un blog où je puisse utiliser lui écrire. Le lien sur ce com ne fonctionne pas.
Par Le-Chat-De-Chester le Vendredi 27 octobre 2006 à 22:27
C'est vraiment triste...je n'arrive même plus à en retrouver mes mots...je pense que,de toute manière,même les adultes sont de grands enfants,qui se donnent le titred' "adulte" pour se sentir plus fort...tout le monde peut être capable d'aimer et de respecter,il faut juste penser à une seule chose,un seul verbe, aimer.....
Par jaime-les-fraises-tagada le Vendredi 3 novembre 2006 à 22:05
trop triste, mais telement beau à la fois!
Par live-in-a-dream le Lundi 11 décembre 2006 à 19:03
Quand je parlais de réalité qui rattrape le rêve ... c'est magnifique, pourquoi les histoires tristes sont-elles belles ?
Par Angel.or-and.Demon le Vendredi 15 juin 2007 à 19:49
C'est beau mais c'est triste quand même! (D'un autre côté mon oncle et ma tante se connaissent depui la troisième!)
Par auclairdeplume le Mardi 21 août 2007 à 23:05
Je lis ce texte 3 fois par jour depuis 3 jours. Sans pouvoir poster. Je ne sais pas pourquoi. Ou bien si peut-être. Je ne sais pas s'il y a quelque chose à dire surtout. Il me semble qu'ici les mots seraient bien peu de choses. Alors voilà, je posterais sans donner mon avis ni sans même évoqué un tout petit extrait de ce texte. Juste pour dire qu'il m'apaise, je crois. Et me torture, à la fois.
Par nakatsu le Lundi 19 janvier 2009 à 21:14
Quel histoire ! :(
J'en suis tout émue en me mettant à la place du garçon... Quel épreuve il a du surmonter. :x
Par exprime.toi le Mardi 24 février 2009 à 23:06
J'ai pas l'impression que tu parles d'un ami...
Par Madoou le Samedi 14 mars 2009 à 9:47
Toujours aussi touchant de lire cette histoire.
Par MiMiNe le Mardi 9 juin 2009 à 11:41
C'est triste quand même :(
Par Arisu le Mardi 9 juin 2009 à 16:34
Triste cette histoire oui.. Mais très belle aussi
Par Heart-In-Throat le Samedi 1er juin 2013 à 12:56
C'est terrible ! :(
 

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