Mercredi 26 novembre 2014 à 8:00

Notre cerveau : émotions

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    Je vous parlais avant hier de la sensibilité et de la compréhension des émotions des autres, ce que, en jargon psy, on appelle l’empathie.
    Il est intéressant d’en connaître les réactions au niveau du cerveau.

    On s’attend évidemment à ce que le cortex frontal intervienne au niveau raisonnement et le cerveau émotionnel au plan des émotion. C’est vrai mais c’est plus compliqué, car les zones du cerveau central sont également concernées par nos émotions, et par le canal de l’hypothalamus et de l’hypophyse, le système nerveux sympathique et notre système endocrinien.
    Les zones qui prennent en charges différentes tâches ne sont pas les mêmes.(voir le schéma ci dessous).

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    La capacité à ressentir les émotions d’autrui dépend surtout du cerveau émotionnel.
    Nos centres amygdaliens nous aident à ressentir le stress, l’angoisse, voire la colère de notre interlocuteur. Le cortex cingulaire antérieur et l’insola sont le siège d’une part de l’attention et d’autre part de la motivation dans nos relations sociales. Le cortex préfrontal ventromédian participe aussi à cette action car il contrôle en partie nos sentiments, jouant le rôle de chef d’orchestre du cerveau dans ce domaine. Lorsque nous voyons les émotions de quelqu’un ces centres entrent en action pour nous faire éprouver des émotions analogues.

    La capacité à comprendre les émotions d’autrui dépend davantage du cortex préfrontal, mais des zones qui y régissent la réflexion, et des zones du cerveau temporal et de l’hippocampequi interviennent dans le rappel des souvenirs. En effet comprendre autrui exige que l’on fasse un effort de réflexion, de logique, puis que l’on compare pragmatiquemnt à notre propre expérience, afin de recréer des circonstances voisines et une compréhension de la réaction à cet environnement.

    La capacité à répondre aux émotions d’autrui, après les avoir analysées et comprises, mettent en jeu le cortex préfrontal, mais dans la partie qui imagine les solutions, leur contrôle et leurs conséquences. Mais le dialogue nécessaire avec autrui demande à nouveau l’intervention du cerveau émotionnel, essentiellement le cortex cingulaire et l’insula qui vont gérer nos rapports affectifs avec la personne.

    De plus le système de récompense intervient aussi, (aire tegmentale ventrale, noyau accumbens), qui sécrète de la dopamine, car il nous faut un certain moteur pour assumer la tâche de comprendre autrui, et donc une satisfaction de l’accomplir.

    Les centres de la parole interviennent évidemment aussi puisque la plupart du temps cette émotion se traduit par des mots ou des écrits, qui aident à la cerner et à la comprendre, mais non seulement ceux du cerveau gauche, mais aussi ceux du cerveau droit qui comprennent les intonations, très importantes à saisir en matière d’émotion.

    Enfin le cerveau émotionnel étant en relation avec l’hypothalamus, celui ci, lorsque nous sommes émus par autrui, et partageons ses émotions et ses problèmes, peut agir sur le système autonome sympathique, et par l’intermédiaire de l’hypophyse, sur notre système hormonal, notamment les glandes surrénales qui produisent le cortisol, hormone du stress.

    Le cortex cingulaire qui intervient dans nos rapports sociaux intervient notamment dans les problèmes d’appartenance à un groupe.On éprouve davantage d’empathie pour quelqu’un d’externe au groupe, pour un ami, que pour un ennemi.

    Enfin il est probable que les « neurones miroirs » ont également une activité dans ce domaine. Ce sont des neurones du cortex somatosensoriel et du cortex moteur, dans la zone pariétale, qui s’activent, non seulement quand nous faisons un mouvement (ou imaginons que nous le faisons) mais aussi lorsque nous voyons faire ce mouvement à autrui.
    Ils aident à la compréhension du sens de la parole et de celui des expressions du visage, qui transparaissent dans les émotions. Le système moteur du cerveau dans le cerveau n’est pas limité au contrôle des mouvements mais est aussi capable de lire, d’une certaine manière, les actions exécutées par autrui. Les neurones miroirs pourraient ainsi jouer un rôle fondamental dans tous les comportements sociaux des êtres humains.

    L’empathie humaine pour la souffrance d’autrui semble donc être ressentie à partir des circuits cérébraux nous informant de la douleur à notre propre corps et à notre propre esprit. En effet, lorsque nous avons de l’empathie pour quelqu’un, de nombreuses études d’imagerie cérébrale indiquent une activation de structures cérébrales qui s’active également lors que nous souffrons nous-mêmes. Mais alors, comment faisons-nous pour distinguer notre propre douleur de la douleur des autres ?
    D’abord, l’activation cérébrale d’une personne qui éprouve de l’empathie en observant une autre exprimer une émotion est d’intensité moindre que lorsque cette personne vit réellement cette émotion.
    Ensuite il n’y a pas totale identité en imagerie cérébrale, entre les neurones activés dans l’observation des émotions des autres, et lorsque ces émotions nous sont propres.
    Une partie de l’empathie repose sur l’imagination de ce que ressent autrui. Cette imagination a des limites et son contrôle permet aussi de limiter l’empathie, pour ne pas se laisser submerger par elle (par exemple les médecins et infirmières, devant la souffrance des malades).
    C’est le rôle du cortex préfrontal ventromédian de réguler ces actions de mimétisme.
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