Samedi 25 septembre 2010 à 8:34

Informatique, médias, internet

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    Certain(e)s correspondant(e)s trouvent que je devrait parler davantage du problème des retraites.   
    On en parle tellement que c’est difficile de dire autre chose que ce qui a déjà été entendu et c’est pour cela que je ne faisais pas d’article sur ce sujet.
    Alors je vais seulement essayer d’apporter mon point de vue ou de rafraichir la mémoire sur certains points dont on parle peu.


    Il est sûr qu’il y a un problème de financement des retraites qui a certes pour cause notamment l’augmentation de la longévité et donc de la durée des années de retraites à payer.
    Mais le gouvernement se garde bien de dire que l’autre cause principale est le chômage qui entraîne une diminution importante des cotisations.

    Une troisième cause est l’âge plus élevé d’entrée dans la vie active des jeunes, due partiellement au chômage, partiellement à l’augmentation de la durée des études et qui entraîne également une diminution des cotisations.
    Je pense que tout le monde (même les syndicats et l’opposition) est conscient de cela et qu’il faut effectivement une réforme du système : le problème n’est pas de ne pas faire de réforme, sous peine de ne plus pouvoir financer les retraites futures, mais de discuter pour essayer de mettre en oeuvre une solution la moins mauvaise pour tous.

    Il est certain que dans une telle réforme, il faudra pour tous faire quelques sacrifices, mais le problème est qu’ils soient à peu près équitables et qu’ils n’aggravent pas les injustices actuelles.
    Et la méthode serait la discussion et l’explication honnête et non la langue de bois et dresser les catégories les unes contre les autres.
    Il est assez normal que l’on remette en cause les 37, 5 annuités des fonctionnaires, mais c’est un sacrifice important et présenter à l’opinion publique cette règle comme un avantage inique est scandaleux.
    Je rappelle que les 37,5 annuités étaient la règle pour tous, y compris le secteur privé depuis 1983 et que c’est monsieur Balladur qui en 2004 a fait passer pour le secteur privé cette règle à 40 annuités (150 à 160 trimestres).
    On cherche aussi à créer la zizanie en parlant de la différence de calcul des retraites par rapport aux années de salaires, mais on se garde bien de montrer la différence des salaires entre privé et fonction publique, bien moins élevés à travail égal dans cette dernière..
    Je trouve de même honteux que l’on excite les gens en disant que les femmes ont une espérance de vie (et donc une durée de retraite) supérieure aux hommes, et qu’on passe sous silence qu’elles ont souvent été arrêtées pour maternité et que leur salaire est en général très inférieur à celui des hommes.

    Bourrer le crâne aux gens avec uniquement les arguments favorables à votre thèse est malhonnête intellectuellement.
    Le gouvernement et le MEDEF dans les années 80 prônaient la mise à la retraite anticipée à 55 ans pour résoudre les problèmes de chômage.
    Cela a résolu certains cas difficiles à l’époque.
    Je suis d’accord sur le fait que l’on examine le problème de l’augmentation de l’âge de la retraite, mais alors soyons cohérents, et cessons de mettre des cadres (voire des ouvriers) à la retraite à 55 voire 50 ans, alors que l’on constate que c’est une mesure de plus en plus fréquente.
    Il y a là une hypocrisie qui me déplaît énormément.

    Nos gouvernants et nos députés sont pour beaucoup inconscients et pas réalistes, coupés de la réalité. Certes leur travail n’est pas facile mais il n’est pas un travail pénible et ils ne savent pas ce que c’est.
    Quand j'étais élève ingénieur à l’Ecole Polytechnique, j’ai voulu savoir ce qu’était le travail d’un ouvrier et j’ai fait  un stage ouvrier de plus d'un mois dans une société métallurgique où les conditions de travail de l’époque (les années 50)  étaient assez mauvaises et la température du lieu de travail était le plus souvent voisine de 40 d°C.et le travail très pénible physiquement. Mon corps se rappelle ce que c'était et je me susi toujours rendu compte combien le travail d'ingénieur était physiquement facile.
    Je logeais dans une cité avec des ouvriers algériens dont j’ai apprécié la camaraderie et l’esprit de solidarité (à l’époque c’étaient des personnes de plus de 35 ans qui envoyaient tous les mois, une partie de leur paye pour faire vivre leur famille).
    J'ai vécu alors "coté syndicat" et cela m'a toujours aidé par la suite à mieux comprendre leurs revendications.
    C'est un autre sujet, mais je crois qu'un véritable stage ouvrier ou employé devrait être obligatoire dans les écoles d'ingénieurs, les écoles de commerce et l'ENA. Cela vous confronte à la vraie réalité du travail !
    Quand j’ai été beaucoup plus tard, responsable de gros établissements industriels, j’avais parmi les personnels, des ouvriers soudeurs qui soudaient des tôles épaisses qu’il fallait chauffer pour les assembler et malgré les protections mises en place, leur travail était pénible et usant. Ils avaient droit à la retraite à 55 ans et  ils le méritaient bien.
    Je connais des pompiers, des infirmières, des puéricultrices dont le travail physique est fatigant et usant et je ne les vois pas pouvoir faire encore ce travail à 65 ans !
    Par contre mon travail d’ingénieur n’a certes pas été exempt de soucis, mais pas usant physiquement et travailler jusqu’à 65 ans, dans la mesure où j’étais en bonne santé n’était pas pénible et encore maintenant j’ai beaucoup d’activités à 78 ans.
    Généraliser ainsi l’âge de la retraite ne me paraît pas réaliste.

    Mais le plus injuste me paraît être la fixation du nombre d’annuités à 41 ou 42 et pour ceux qui ne les auraient pas, l’obligation de travailler jusqu’à 67 ans.
    Injuste parce que ceux qui comme moi, ont eu la chance d’avoir un travail passionnant et non éprouvant physiquement et d'être en bonne santé peuvent travailler plus longtemps et  ont souvent largement atteint ou dépassé ce nombre d’annuités. Ceux qui vont être “punis” ce sont les chômeurs qui n’ont pas cotisés pendants leurs années de chômage, ceux qu’on remercie à 55 ans et surtout les femmes qui ont arrêté leur travail pour des raisons de maternité.
    On ne sait même pas actuellement si une personne qui a commencé à travailler à 18 ans et a ses 42 Annuités à 60 ans pourrait partie en retraite à cet âge.

    Si vous voulez résumer mon opinion, je suis convaincu qu’il faut faire une réforme des retraites, mais pas celle de MM. Sarkozy et Fillion. Q’il ne peut y avoir une règle identique pour tous, parce que le travail de tous n’est pas identique, qu’il faudra peut être augmenter les cotisations (salariés et entreprises, car il n'est pas normal que les salariés supportent seuls l'effort), mais que ceux qui devront faire le plus de sacrifices ne doivent pas être les plus défavorisés, comme cela risque d’être le cas avec la réforme actuelle.
   
Par maud96 le Samedi 25 septembre 2010 à 11:56
Un avis que je trouve très complet et surtout "équilibré". Travailler jusqu'à 67 ans me paraît totalement fou et injuste dans beaucoup de professions : il suffit de regarder autour de soi et dans sa famille.... Mais évidemment, plus les gens "fatigués" meurent vite, plus, cyniquement, on assure le problème des retraites de ceux à qui leur travail moins fatigant permet de vivre longtemps !
Par Nessie-Cullen le Samedi 25 septembre 2010 à 12:09
J'ai lu ton article, et je le trouve très intéressant. Je suis aussi d'accord en disant qu'il y a des problèmes à ce niveau, et je n'ai par contre pas participer aux manifestations à ce sujet.... Mais c'est parce que je pense qu'il y aurait des moyens plus efficaces que ça. Lesquels, je n'en sais rien ! En tout cas, l'avenir est un peu inquiétant !
 

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