Mardi 30 août 2011 à 8:43

Tristesse, désespoir

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    Vous ne soupçonnez pas le nombre de mes correspondant(e)s, surtout des ados, qui me disent qu’ils (ou elles) s’ennuient et qui se disent tristes, voire souffrir, sans savoir pourquoi et je dirai, presque sans raison, du moins majeure.
    Le dicton populaire exagère un peu quand il dit que “l’oisiveté est la mère de tous les vices”, mais c’est vrai que s’ennuyer n’est pas bon.


    D’abord puisqu’on ne fait pas grand chose, il ne vous arrive pas grand chose d’heureux. Le bonheur n’est pas un état, c’est quelque chose de dynamique qu’il faut aller chercher, une multitude de petites actions de tous les jours, qui apportent la satisfaction, la joie, la tendresse ...
    Alors comme on n’est pas assez occupé, on n’est pas heureux, et on pense bien sûr à ses petits ennuis, à ses petits soucis. Ceux ci occupent tout votre esprit, qui n’a pas autre chose à se mettre sous la dent. Ils se mettent à tourner en rond dans votre cerveau émotionnel, "relançant à chaque tour” les centres amigdaliens qui génèrent une crainte et une angoisse plus grande.
    Le cerveau intelligent, le cortex frontal, s’endort un peu dans son coin, il ne communique plus assez avec le cerveau émotionnel (le “maître” est absent et les souris dansent ! ).
    Alors les petits soucis de tous les jours, les petites contrariétés, les petits ennuis et échecs, qui ne sont que des taupinières, deviennent des montagnes à force d’être ressassés.
    Une amie qui est de mauvaise humeur, un garçon que vous trouvez mignon et qui ne vous remarque pas, une remarque un peu vive des parents ou d’un professeur, un devoir qui vous casse les pieds ou que vous ne savez pas faire, autant de sujets banals que vous transformez en catastrophe inéluctable et en la fatalité qui s’abat sur vous.
    Vous n’avez plus envie de rien faire, vos amis ne vous intéressent plus, vous vous sentez seul(e) et abandonné(e).
    L’angoisse et la tristesse s’installent.
    
    Chez les adolescents le phénomène est plus important,
car, du fait de la diminution très importante des neurones des centres “d’apprentissage et du plaisir”, et aussi de l’instruction qu’il reçoit, de l’environnement des copains et de l’écoute des médias, l’ado “renie” ses plaisirs d’enfant. Il ne s’intéresse plus à ses jeux et jouets (même les jeux électroniques qu’il aimait bien), aux lectures et occupations qu’il avait jusque là.
    Mais comme il n’a pas encore trouvé des occupations de “grand”, il ne sait plus quoi faire et il s’ennuie.
    Vos “centres d’apprentissage et du plaisir”, - (je les appellerai “l’éducateur”, comme j’ai appelé tout à l’heure le cortex “le maître”) - qui ont perdu 30% de leurs neurones dopaminergiques au sortir de l’enfance, ne peuvent plus remplir les mêmes fonctions et ils ne sont pas encore habitués à travailler “à effectifs réduits”. Coupés eux aussi en partie du cortex, ils ont du mal à repérer ce qui est bon et mauvais pour vous et ils peuvent vous faire faire des apprentissages déplorables.
    C’est ainsi qu’ils prennent l’habitude de vous voir triste et vous font croire que c’est bénéfique pour vous de cultiver cette tristesse, d’écrire des poèmes certes beaux mais qui glorifient la souffrance (ou le sang), d’échanger avec des copines des mails plaintifs, voire morbides.
    Cela trompe votre ennui et votre “éducateur” fait fausse route et vous conditionne à la tristesse et à la souffrance.
     Et vous vous mettez à aimer cette situation, à aimer votre mal.

    Comme parallèlement vous avez besoin de développer votre autonomie, votre personnalité, vous trouvez des dérivatifs dans des situations, des habitudes où vous vous trouvez à l’aise, mais qui, en vous différenciant trop des autres, vous en éloignent et vous éloignent de la réalité.
    Souvent de plus, ces dérivatifs apportent beaucoup d’argent à ceux qui vendent des objets divers (CD, DVD, fringues, accessoires, bijoux...) et cela accroit votre conditionnement.
    Beaucoup de mes correspondantes se disent plus ou moins attirées par le gothisme (à divers titres, car il y a une mutitude de gothismes ou de façon de le prendre - je ne voudrais surtout vexer personne). C’est effectivement à la mode et cela rapporte beaucoup à certains marchands !
    Votre “éducateur” vous a fait croire que c’était pour vous un bienfait, et cela trompe vottre ennui. Vous vous sentez à l’aise dans ce monde original et donc vous avez l’impression d’y être libre, d’avoir une autonomie pour votre personnalité.
     Pour certaines, qui ne cultivent que très raisonnablement ce genre et le quitteront ensuite, je pense que c’est vrai et ce n’est pas grave, voire bénéfique.
    Pour d’autres qui s’attachent surtout à l’originalité des vêtements, des chansons, des lectures, cela n’a pas de conséquences graves, mais être trop original éloigne peu à peu de la majorité des gens qui ne comprennent pas bien, qui ont peur ou qui en rient, et le risque est, peu à peu, de se marginaliser et de se replier sur soi même.
    Il ne faut pas être moutonnier et il faut certainement avoir une originalité en harmonie avec sa personnalité. Mais il ne faut pas que cette originalité soit trop dérangeante pour les autres, afin d'éviter de se retrouver isolé(e) de son entourage
    Mais, pour celles pour lesquelles cela devient une habitude, une espèce de religion de la tristesse, là il y a danger, car votre “éducateur”  vous entraîne dans cet univers de tristesse, comme il pourrait vous entraîner vers la drogue : c’est un veritable conditionnement.
    Vous pouvez alors vous trouver enfermée dans un environnement de tristesse, dans un monde irréel, qui au départ vous plaît et vous apporte des satisfactions, mais où vous vous apercevez un jour, que c’est une "prison dont vous avez perdu la clé" !!        
    Je ne voudrais pas que mes correspondantes gothiques se sentent visées: ceci n’est qu’un exemple, mais fréquent et c’est à cause de sa fréquence que je l’ai choisi.
    J'aurais pu en trouver d'autres, mais je les ai moins rencontrés (et il y en avait aussi lorsque j'étais jeune, mais, à cette époque, il n'y avait ni médiatisation, ni société de consommation, et les incitations étaient moins fortes.)

     Y a t’il des remèdes à tout cela.?
     A votre niveau c’est de vous trouver des occupations : d’abord votre travail de classe. Des occupations tels le sport, le théâtre, la danse, (j’ai même une correspondante qui s’est lancée dans l’école du cirque : j’admire son courage!) Puis des créations, des réalisations, seul (e) ou de préférence en groupe : un blog, écrire des poèmes ou des nouvelles, mais pas uniquement tristes, et avec humour, faire de la doc sur internet, créer un site avec des copains, bricoler, apprendre la musique ou la cuisine etc...
     .

     Et il y a beaucoup à faire au niveau des parents.
    J’ai eu la chance d’avoir des parents (et notamment un grand-père), qui ont compris (et il n’y avait pourtant pas de psys ni de médias, à l’époque), que mes occupations d’enfant ne m’intéressaient plus et qui m’ont orienté vers d’autres activités, m’ont donné le goût des études et de la création, et ont développé mon imagination, de telle sorte que au bout de peu de temps, ils n’ont plus été obligés de me suggérer des actions, j’étais capable de les trouver moi-même tout seul.
Par Rebecca le Mardi 30 août 2011 à 19:38
Bel article. Je ne suis pas ado, j'ai 25 ans mais l'ennui je connais, et la tristesse aussi. Sans amis à la présence physique, mon quotidien n'a rien de palpitant. En dehors du travail je reste chez moi à ne rien faire, si ce n'est être sur le net ou à regarder des films. Je ne sors jamais, sauf pour des bricoles. Je ne sais pas pourquoi je vis...
Par maud96 le Mardi 30 août 2011 à 19:50
Je n'arrive pas à m'ennuyer : est-ce grave, docteur ? :)
Par MiMiNe le Vendredi 2 septembre 2011 à 13:59
J'essaye de m'occuper, à chaque fois je me dis "tiens, si je fessais ça blabla..." mais au final je fais souvent rien et je m'ennuie donc je déprime dans la même logique... Prff
 

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