Samedi 12 juillet 2008 à 8:40

Enseignement, école, fac

Lorsque j'ai retrouvé internet en Bretagne, de nombreux mails m'attendaneint dans ma boite aux lettres.
    Certains concernaient mes derniers articles sue la bac et l'enseignement.
    Je répondrai personnellement aux questions trop précises, mais je vais essayer de traiter les points généraux sur ce blog.

    On me demande en particulier de préciser ma pensée en ce qui concerne l'enseigneent professionnel, ce que j'entends par là et comment je souhaiterais qu'il soit apprécié.

    La question est vaste car on pourrait appeler “enseignement professionnel”  tout enseignement qui prépare à un métier. Dès lors cela engloberait aussi bien les écoles d'ingénieurs que les facs, les écoles de commerce, de sciences politiques ou littéraires ....de même que les IUT ou écoles préparant des BTS.
    Ce n'est pas ce que j'avais voulu dire dans mes précédents articles.
    Je pensais essentiellement aux formations de l'enseignement technique ou des formations professionnelles particulières, du niveau de l'enseignement secondaire, par opposition à l'enseignement général L, ES et S.
    Mais c'est exact que beaucoup d'entre elles aboutissent à un bac technique ou professionnel, (ou équivalent) et permettent aux bons élèves de ces classes de poursuivre dans une école ou un IUT préparant un BTS ou un DUT.

    Il y a beaucoup de formations de ces types dans l'Education Nationale, et je ne les connais pas toutes. La seule expérience que j'ai vraiment (parce que je connais des jeunes les ayant suivies), concerne la mécanique, l'électronique et la couture - stylisme -modèlisme.
    Les formations des lycées professionnels en mécanique ne sont pas très bonne car ils manquent de moyens au niveau des machines (manque de crédits). Par ailleurs le niveau des élèves est bas car ces métiers n'attirent pas les jeunes, qui les considèrent comme “déshonorants” et ne veulent pas “mettre les mains dans l'huile”. Du fait de ce mauvais niveau on ne peut leur enseigner suffisamment les techniques informatiques des machines à commande numérique.
    Surtout l'enseignement reste assez théorique, malgré,des “travaux d'atelier”. Il faudrait un enseignement “en alternance” avec des séances en entreprise, dans un véritable atelier de fabrication ou de montage.
    En électronique le niveau est un peu meilleur mais les mêmes critiques peuvent être faites.
    Dans les établissements que j'ai dirigés il y a une vingtaine d'années, il y avait une école qui recevait des jeunes à la sortie de la troisième et les formait à des métiers d'ouvriers mécaniciens ou électroniciens. Mais il y avait un concours à l'entrée, de bons outils, des professeurs sévères mais expérimentés et deux après midi par semaine en entreprise, sur le tas.
Nous avions 100% de réussite au bac pro et la moitié des élèves poursuivaient vers un BTS. Ceux qui restaient ouvriers étaient d'excellents professionnels et gagnaient le double d'un employé en “col blanc” devant son ordinateur.

    En couture -stylisme - modélisme, je connais deux lycées professionnels qui donnet une bonne formation de base, délivrent un BT (brevet technique) et la plupart des élèves poursuivent vers un BTS ou dans une école spécialisée.
    Le problème du secteur est qu'il n'y a pas de débouché toutes les industries correspondantes ayant délocalisé dans les pays à bas salaires.
    Débouchés les plus courus, les grands couturiers (très fermé) et les écoles qui forment à la création et la réalisation des costumes de scène (théâtre, opéras, cinéma ....
    Je connais quelques jeunes qui sont dans un lycée spécialisé en “arts plastiques”, mais je n'ai pas encore discuté avec elles de leurs études.

    Pour ceux ou celles qui me demandaient de comparer avec l'enseignement général, je retiendrai quatre idées :
    - contrairement à ce qu'on pourrait croire, on continue dans ces domaines à faire des mathématiques et du français, ainsi que de la gestion. Certaines notions de maths sont indispensables pour faire la programmation de machines d'usinage, et on se sert aussi de maths pratiques quand on fait un “patron” de couture, et quand on l'adapte à une personne. L'électro,ique et l'informatique sont aujourd'hui presque confondues puisque toute électronique un peu évoluée a un microprocesseur, et ce n'est donc pas si simple que cela.
    - je regrette donc énormément que l'on considère trop souvent ces filières comme des roues de secours pour ceux qui ne réussissent pas dans les classes générales et parfois même comme des “classes poubelles”.
    On en fait alors des ghettos, on ne peut y prodiguer l'enseignement du niveau voulu.
    Je pense qu'il ne faudrait y admettre que les élèves qui ne réussissent pas par goût dans les filières générales, mais qui ont cependant un certain niveau et surtout envie de travailler.
    - avant de se lancer dans l'une de ces voies, il faut avoir été voir des gens qui pratiquent le métier en question. Pour bien faire ces études il faut aimer le travail que l'on va faire. Si vraiment cela ne vous plaît pas, il faut rapidement changer de voie.
    - il faut aussi une certaine habileté manuelle et ne pas avoir peur de se servir de ses mains. Et en général beaucoup d'attention et de concentration. Une tâche manuelle requiert autant d'attention qu'un calcul mathématique !

    Enfin je regrette profondément le discrédit qu'il y a dans l'esprit des jeunes (et souvent de leurs parents) sur les métiers manuels.
    Quand j'étais à l'Ecole Polytechnique, j'ai fait les deux étés deux stages d'ouvrier dans une acièrie (où on m'a appris à mener un pont roulant qui transportait de grosses pièces d'un poste de travail à l'autre) et dans une usine de tôle (où on m'a appris à conduire un train de laminage). J'ai énormémant appris tant en technique qu'en communication humaine.
    En école d'application d'ingénieur ensuite, on nous propopsait de suivre le soir des cours d'usinage sur machine et j'ai passé les CAP de fraiseur et de tourneur. C'était très intéressant. et par la suite, lorsque j'ai eu sous mes ordres des ateliers où des bureau d'études, je pouvais discuter avec les ouvriers, car je comprenais ce qu'ils m'expliquaient et ils appréciaient que je comprenne leur travail et que je m'y intéresse..
    Les ouvriers qui pratiquent ainsi des métiers manuels sont la plupart du temps d'excellents professionnels, et leur savoir faire est précieux et respectable.
    Et au plan humain, leur fréquentation est aussi intéressante que celle des ingénieurs ou des techniciens. Il faut simplement s'adapter à leur langage, mais c'est souvent là que l'on trouve le plus d'altruisme et de solidarité.

    Pour conclure cette série d'articles sur l'école, je regrette qu'on laisse passer trop facilement dans la classe supérieure et notamment du primaire au collège, des élèves qui ne travaillent pas et sont d'un niveau trop bas. Cela les dégoute de l'enseignement et nuit aux autres élèves. De même je regrette que l'on envoie dans l'enseignement technique des jeunes qui ne peuvent suivre l'enseignement général du fait de leur faible niveau.
    Il doit sûrement y avoir des solutions pour motiver ces jeunes et leur faire acquérir un niveau minimal.
    Je pense que les filières professionnelles préparent leurs élèves à faire un métier, que leur enseignement requiert un certain niveau, et sûrement autant de travail que dans la filière classique, mais travail moins théorique et plus manuel.
    Enfin je suis persuadé qu'il devrait comporter davantages de liens avec les entreprises de la profession préparée, pour être plus pratique et plus près des réalités.

Par kaa le Samedi 12 juillet 2008 à 12:18
Les consignes venant de "plus haut" sont : halte aux redoublements ...
C'est vrai qu'une année élève ça coûte cher et voilà un très bon moyen de réduire les dépenses de l'Etat et de justifier également une baisse du nombre de profs vu que le nombre d'élèves diminuera en conséquence ...
Ceci étant dit, il est vrai également que une majorité de redoublements ne servait pas à grand chose ... si on remettait un élève sur les rails pour un an, on s'apercevait souvent qu'il se retrouvait à nouveau en échex un ou deux ans après.
Peut-être serait-il également souhaitable de trouver d'autres solutions plus efficaces que le redoublement, et pas forcément des cours supplémentaires comme le soutien ou tout autre formule rajoutant des cours à des élèves ayant déjà une certaine allergie à l'école et se sentant ainsi pénalisés une fois de plus ...
Par maud96 le Lundi 14 juillet 2008 à 8:51
Bien d'accord... mais l'erreur d'aiguillage ne vient pas que de "l'Etat". Elle vient aussi beaucoup des parents et du préjugé consistant à croire que le travail "intellectuel" est plus "rentable" que le travail manuel. C'est cette opposition entre l'intellectuel et le manuel qui est à remodeler dans l'esprit des Français, d'autant que, tu le montres bien, elle n'a vraiment pas lieu d'être...
Par MiMiNe le Dimanche 27 juillet 2008 à 11:04
Il faudrait préparer les jeunes à savoir ce qu'ils veulent faire oui c'est sûr mais y'a plus de conseillères d'orientation ou alors elles savent rien... (la preuve ma formation n'existait pas). je ne compte pas écrire tous ce que je pense la dessus car j'écrirais un roman et je suis pas pour. Je suis juste assez remontée sur certaines choses si toutefois tu veux en parler et/ou de ma formation professionnelle dis le moi :)
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/2624050

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast