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    Sans connaissances et expérience notre intelligence est faible et ne peut pratiquement pas servir. La mémoire c’est 70% de l’intelligence, et pour avoir une bonne mémoire, il faut la cultiver dès le plus jeune âge.
    Il y a plusieurs types de mémoire (voir les articles des 18 et 20 décembre 2011), qui sont administrées par l’ensemble cortex préfrontal + hippocampe avec comme intermédiaire des mémoires de travail à court terme :
        - les mémoires procédurales, qui sont relativement autonomes une fois acquises et qui sont gérées presque inconsciemment par le cervelet.
        - la mémoire épisodique qui enregistre tous les événements de façon chronologique; une partie de son contenu est détruite systématiquement et le reste constitue nos souvenirs mais qui sont transformés par l’oubli et les réminiscences.
        - la mémoire lexicale perceptive, qui associe des sensations à des mots et ainsi les définit en quelque sorte.
        - la mémoire sémantique qui contient toutes nos connaissances : elle est organisée en arborescences. Par exemple, les connaissances concernant l’homme, et celles concernant les animaux; parmi ceux ci de grandes catégories : mammifères, insectes, oiseaux…. Dans ceux ci différents types d’oiseau comme merle, mésange, canari… Et si vous pensez au canari, il y aura liaison avec la mémoire perceptive qui vous rappellera sa couleur jaune, son chant, et la mémoire épisodique qui vous donnera des images de souvenirs de canaris que vous avez vus, dont ceux de dessins animés comme Titi.

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    Les mémoires procédurales demandent un long apprentissage : apprendre à nager, à taper sur un  clavier, à faire du vélo, à jouer du piano…
    La mémoire épisodique fonctionne dès l’origine de la vie, mais selon l’apprentissage et la nature des émotions, nous enregistrerons plus ou moins de détails et nous les oublierons plus ou moins.
    La mémoire lexicale perceptive fonctionne automatiquement à partir de nos sens, mais elle s’appuie sur les mots et donc sur notre vocabulaire.
    Quant à la mémoire sémantique, elle est nulle à la naissance et se remplit peu à peu…. à condition de l’entraîner et de lui donner des informations.
   
    Il faut savoir quatre choses très importantes : quelles que soient les mémoires, mais surtout pour la mémoire sémantique, la capacité de mémorisation est basée sur trois points : l’attention, la compréhension et la répétition ainsi que sur la perception par plusieurs sens.
    Si nous ne faisons pas attention, nous ne saisissons pas les phénomènes, nous ne consolidons pas le fait enregistré et il n’est pas mémorisé à long terme.
    Si nous ne comprenons pas une notion complexe, nous ne nous rattacherons qu’à la perception de nos sens : ce sera un pont de repère moins solide; certains ont besoin d’un schéma explicatif ou classificatif logique pour retenir certaines notions.
    La mémorisation se renforce chaque fois que nous répétons le souvenir; la répétition et l’entraînement sont donc les moteurs de la mémorisation. Les exercices en application du cours sont faits pour comprendre et répéter sous plusieurs formes.
    Enfin on retiens mieux si on fait appel à plusieurs sens : voir, entendre ou répéter à haute voix, écrire.


    La mémoire passe par la lecture :  C’est le passeport des connaissances et de la compréhension. C’est aussi l’apprentissage de l’expression et donc de la communication.
    Et la personne qui lit (ce peut être sur internet et une tablette) et découvre des notions qu’elle comprend et apprend, a en général envie d’en découvrir d’autres : le savoir appelle le savoir.
    De plus notre communication avec autrui passe par les mots, l’orthographe, la grammaire et la syntaxe et seule la vue et la répétition des mots écrits nous apprends par la pratique ces notions, que nous n’assimilerons pas par de simples règles théoriques.
    Pour développer ses aptitudes de lecteur, la recette est simple et unique : il faut lire beaucoup !
    Le fait que notre culture est de plus en plus une culture d’images (télévision, internet), de communication orale (téléphone), ou très succincte et pauvre en idées et vocabulaire (SMS, réseaux sociaux), fait que notre mémoire ne se développe pas suffisamment.
    Or l’enseignement primaire ne consacre plus assez de temps à la lecture et aux dictées, et l’enseignement secondaire a recours de plus en plus à l’oral et à l’image, et la littérature a banni les morceaux choisis (et les interrogations correspondantes), qui obligeaient à lire des écrits très différents.
    Les parents pas plus que les professeurs n’imposent aux enfants de lire systématiquement un minimum de textes, et dans le primaire l’enseignement de l’usage de l’ordinateur est un simple jeu et dans le secondaire personne ne vous apprends à rechercher des connaissance et à lire des informations utiles, ni d’ailleurs à faire de bons exposés sur des logiciels genre Powerpoint.
    Autrefois tout élève avait un dictionnaire, et on le consultait plusieurs fois par jour. Résultat un adulte connaissait de l’ordre de 50 000 mots (je ne compte un verbe et sa conjugaison (ou un mot et son pluriel, que pour un mot). Aujourd’hui, la plupart des jeunes que je connais lisent très peu et leur vocabulaire ne dépasse guère 15 à 20 000 mots.
    Il est certain que jouer sur l’ordinateur est plus amusant que lire, et intimer l’ordre à l’enfant de lire tel document n’est probablement pas le bon moyen de capter son adhésion et son attention. Il faut arriver à l’intéresser à ce qu’il lit, soit par le contenu, soit par l’espoir d’un bon résultat à un contrôle et donc la confiance en soi et la fierté de la réussite.
    On peut capter la passion d’un enfant même tout jeune. Je me souviens quen j’étais en primaire, mon grand père me faisait feuilleter et lire des encyclopédies, dont un livre superbe sur « la terre » qui expliquait les océans les nuages, le cycle de l’eau, la foudre, la température, le vent, les roches, sous une forme très pratique et imagée, et si c’était parfois un peu difficile, il m’expliquait. J’ai ainsi appris une multitudes de notions (et de mots), sans avoir l’impression d’étudier, et je refeuilletais parfois le livre tout seul, avec plaisir.

    Enfin, n’en déplaise à beaucoup d’enseignants, le « par cœur » est un facteur nécessaire pour acquérir une bonne mémoire.
    Apprendre par cœur peut être la nécessité de retrouver rapidement une connaissance : la table de multiplication en est le meilleur exemple. Mais beaucoup de formules de mathématiques et de physiques doivent être comprises, mais apprises par cœur, car elles sont alors à disposition en un dixième de seconde alors qu’il faudrait des minutes pour les redémontrer. Par ailleurs pour repérer des éléments qui y font référence, il faut connaitre ces expressions et s’en être souvent servi (ce qui permet aussi de les apprendre).
    Quant au par cœur de textes, c’est le seul moyen avec la lecture de développer notre mémoire lexicale et notre vocabulaire.
    Mais cela a un effet bien plus important : cela développe tout simplement notre capacité à retenir. J’ai connu deux personnes (plus âgées que moi) qui avaient une mémoire vraiment extraordinaire. Elle la devaient au fait qu’étant des élèves turbulents, leurs professeur leur donnait comme punition des textes à apprendre par cœur et comme ils le faisaient de plus en plus facilement, les textes étaient de plus en plus longs !!

    Rappelons nous donc que notre mémoire est 70% de notre intelligence, que le par cœur est le moteur de la mémoire lexicale, alors que la lecture et la compréhension, ajoutés aux exercices et les expériences répétées sont la condition d’une bonne mémoire sémantique.
Par MissPa le Vendredi 7 novembre 2014 à 13:34
ahlala... pourquoi est-ce que je m'impose des heures supplémentaire en plus des mes révisions, en lisant ces posts? ^^ ah oui, parce que c'est intéressant.
J'ai aussi lu, à propos de la mémoire, que les supports comme Internet ou les répertoires électroniques de nos portables, nous rendaient "fainéants" et nous empêchait de retenir par nous mêmes les informations car on les savait à portée de main à tout moment... ce que j'ai pu vérifier avec ma grand-mère depuis longtemps: elle se plaint de sa mémoire mais elle connait des centaines de numéros de téléphone par coeur, alors que je n'en connais que trois.
Par Jean Champeaux le Vendredi 7 août 2020 à 5:57
Incroyable ecrit, merci pour ce travail que vous avez fait
 

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