Samedi 23 juin 2012 à 7:54

Enseignement, école, fac


            Dernier sujet du bac qui m'aurait bien plu, car il est tellement imprécis et vague qu'on peut discuter sur bien des choses.
 
                                    "Peut-il exister des désirs naturels?"
 
http://lancien.cowblog.fr/images/Chiens/images.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/desirbd.jpg
















           
                    Alors au départ, un petit effort de vocabulaire !
 
            Le "désir" c'est une notion ambigüe.
            Au départ c'est le regret d'une absence, un manque, une absence (desiderare latin).
            C'est le fait de vouloir quelque chose, le besoin de satisfaire une envie.
            Cela peut concerner un besoin naturel, un bien matériel, mais aussi quelque chose d'abstrait : le désir du pouvoir par exemple.
            Ce peut être un simple souhait, voire un ordre : "je désire que vous fassiez telle chose" ou une volonté "j'ai le désir de...".
            Ce peut être une aspiration très intellectuelle : le désir de vérité, le désir de réaliser une oeuvre d'art, de jouer de la musique.....
            Ou bien des désirs psychologiques très généraux : le désirs de rapports sociaux et d'appartenance à un groupe
            Mais aussi un penchant, une inclination.
            Bien entendu il y a aussi la signification particulière d'ordre sexuel : l'attirance pour un être, le plus souvent du sexe opposé.
            Le désir est tantôt considéré positivement puisque l'on considère l'objet désiré comme source de plaisir ou de contentement, voire de bonheur et tantôt considéré négativement comme un manque, une source de souffrance, une forme d'insatisfaction.
            Bref le désir c'est la base de beaucoup de nos émotions.

            Que veut dire "naturel "?
            C'est assez discutable. On pourrait penser "conforme à la nature", c'est à dire à notre corps, à la physiologie. On a plutôt tendance à les appeler des "besoins" : respirer, manger, boire....
            Plus largement, ceux qui sont constitutifs de la nature humaine
            Peut être est ce plus facile de définir les désirs non naturels : tous ceux créés psychologiquement et socialement, par notre vie avec les autres et au milieu de tous les attributs de notre société : médias, modes, opinion des autres, jalousie, conduite moutonnière, fantasmes, voire anomalies comportementales (cleptomanie par exemple).
            Soyons aussi conscient que si les désirs peuvent être "naturels", leur réalisation dépend de notre environnement et n'est pas naturelle.
 
            Si j'avais eu à faire un devoir de philo, je crois que j'aurais fait d'abord un historique du bonheur et du désir : Epicure, les stoïciens, l'ataraxie, le "manque" chez Platon, le puritanisme de Pascal et des Jansénistes, la diabolisation des désirs par les religions et surtout les prêtres, "le désir veut conquérir" d'Hegel, la volonté de puissance de Nietzsche, la libido de Freud, et la société moderne de consommation, avec les médias et la publicité et puis les explications des neurobiologistes : les centres de récompense de notre cerveau et la dopamine. (voir mes articles à ce sujet). Et j'en oublie beaucoup parmi les innombrables théories qu'on nous ingurgitait en philo..
 
            Mais je pense qu'une approche du désir, autre que la philo, peut être montrée sur la pyramide de Maslow (voir mon article du 26 mai 2007).
http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/3419232.png
            A la base de la pyramide on trouve les  besoins de maintien de la vie (respiration, alimentation,  élimination, maintien de la température, repos et  sommeil, activité musculaire et neurologique, contact  corporel, vie sexuelle). Ce sont les "désirs naturels".
    Ces besoins sont fondamentaux. et prioritaires. Ils sont valables pour tout être humain, de la naissance à la mort.
    Les besoins physiologiques sont les besoins dont la  satisfaction est importante ou nécessaire pour la  survie et généralement, une personne cherche à  satisfaire ses besoins physiologiques avant tous les autres
    Un manque, une privation aura obligatoirement un impact sur les autres besoins, car la construction des étages supérieurs est alors impossible.
    À mesure qu'une personne croît et se  développe, elle est de plus en plus en mesure de  satisfaire ses besoins physiologiques; toutefois les enfants, les jeunes, les personnes  âgées, les pauvres, les malades et les  handicapés dépendent souvent des autres (au moins financièrement), pour  satisfaire leurs besoins physiologiques fondamentaux (ce qui leur pose problème).
            Le deuxième étage est constitué par les besoins  matériels et psychologiques de sécurité (protection  physique et psychologique, emploi, stabilité familiale  et professionnelle), de propriété (avoir des  choses et des lieux à soi) et de maîtrise de l'environnement (pouvoir  sur ce qui nous entoure).
            Le troisième étage est représenté  par les besoins sociaux : d'affectivité (être  accepté tel que l'on est, recevoir et donner amour et  tendresse, avoir des amis et un réseau de communication  satisfaisant), d'estime de la part des autres (être  reconnu comme ayant de la valeur) et d'appartenance (acceptation des autres avec leurs différences, appartenance à un groupe).
            Le quatrième étage est le besoin  d'estime de soi-même et de considération des autres: sentiment d'être utile  et d'avoir de la valeur, point de départ de l'acceptation de soi et du développement de  l'indépendance. Besoin de liberté et de responsabilité qui concrétise l'estime des autres et de soi.
    C'est un besoin de développement, mais aussi de conservation de son identité et de son autonomie. Les aspirations à la connaissance, à la formation, au développement de carrière en font partie.
            Au sommet de la pyramide, la  réalisation de soi (accroître ses connaissances, développer ses valeurs, résoudre des problèmes compliqués, innover,  créer de l'utile et du beau, avoir une vie  intérieure)
    On pourrait résumer cette attente par :  "deviens qui tu es ".
    Mais elle explique l'attachement des personnes aux valeurs religieuses, morales, à des tâches sociales ou humanitaires ....
 
            Si on voulait simplifier le vocabulaire, on pourrait dire que les besoins sont des manques naturels et les désirs des manques sociaux.
            Le besoin serait à la fois plus « nécessaire » et plus « naturel », alors que le désir relèverait du fantasme artificiel et superflu ; de sorte que les besoins seraient les mêmes pour tous les hommes, tandis que les désirs seraient différents pour chacun.           
            Mais à la limite, sans désirs nous serions des animaux. (encore que mon chien avait des désirs sociaux : sa laisse et son coussin pour dormir, le chocolat, les jeux de balles....)
Par alyane le Samedi 23 juin 2012 à 8:50
Le don de décortiquer des choses difficles en notions plus simples.
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3192414

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast