Mardi 6 août 2013 à 8:02

Stress, dépression, médicaments

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            J'ai eu l'occasion de correspondre avec un certain nombre de jeunes qui souffraient de dépression.
            Elles m'ont souvent dit que leur entourage les considérait comme des "faibles, manquant de volonté". C'est effectivement un cliché très répandu, mais faux.
            Cela vient peut être qu'un certain nombre de personne stressées se croit en dépression alors qu'ils ne le sont pas et qu'évidemment, cela rend sceptique vis à vis de personnes qui le sont vraiment. On accuse les vrais déprimés de "faux semblant" et leur entourage est souvent persuadé qu'il suffirait qu'ils se prennent en charge, pour que tout rentre dans l'ordre.
            C'est vrai que la dépression est une maladie particulière.
            Dans la plupart des maladies, on peut déceler sa présence et même souvent "mesurer" son intensité. Il existe des tests bactériologiques, physiologiques (pression artérielle, température, rythme cardiaque, EEG et ECG...), ou biologiques (numération sanguine, taux de divers produits biochimiques (protéines, cholestérol, sucres, fer, alcalins et alcalino-terreux, hormones ....).
            La souffrance du déprimé est elle, invisible et il n'en existe pas de mesure objective.
            Le déprimé souffre malheureusement d'un mal auquel il ne peut pas grand chose, du moins seul, et avoir une attitude sceptique ou accusatrice, ne fait qu'aggraver son sentiment d'impuissance, éventuellement de culpabilité, et donc son mal.
            Le déprime a du mal à réagir, à prendre des décisions, à sortir de ses idées sombres et reste en partie inerte; il est donc normal qu'il donne l'impression de manquer de volonté.
 
            Quels sont les symptômes de la dépression ?
 
            D'abord une tristesse presque permanente, pathologique, une souffrance morale.
La vie psychique de la personne n'est plus normale, semble détériorée. C'est un désespoir, un dégoût de la vie, l'envie de rien, le face à face avec le vide, qui peut inciter à des pensées morbides.
            C'est aussi une perte des sensations, donc des réactions correspondantes et en particulier du plaisir que l'on avait à voir, à sentir, à faire., un désintéressement pour l'environnement.
            Ceci crée angoisse et donc souffrance morale.
            Le déprimé n'a plus confiance en lui, se dévalorise, ne voit plus que ses défauts et s'estime inutile, un poids pour son entourage. Il se sent coupable. Il se reproche véhémentement des broutilles, voire des fautes qu'il n'a pas commises.
 
            Souvent cet état, surtout au bout d'un certain temps de souffrances, se traduit par une grande fatigue, non seulement morale, mais aussi physique, un certain épuisement.
            Intellectuellement le déprimé ne peut se concentrer faire attention, a même souvent du mal à mémoriser; il se fatigue vite, par exemple en lisant ou en réfléchissant.
            Le fait qu'il ait des difficultés à décider et à agir, lui font ressentir un ralentissement de son activité, une sensation de manque de volonté et d'épuisement devant l'effort.
            La dépression perturbe les rythmes biologiques et notamment le sommeil et l'appétit. Insomnie et diminution (ou au contraire augmentation) de l'envie de manger, voire une alternance des deux, et l'amaigrissement ou l'augmentation de poids qui en résultent, augmentent encore le stress ressenti.
            Dans certains cas , on peut voire apparaître des troubles physiologiques : céphalées, difficultés à respirer, troubles digestifs, tremblements, sueurs ... qui évidemment amènent leur lot d'inquiétudes.
            Inquiet, la personne prend peur, a besoin d'être rassurée en permanence.
            En général cette souffrance fait s'isoler l'individu, qui a tendance, même s'il est extraverti, à ne plus vouloir voir autrui.
            Evidemment les conséquences sur le travail scolaire ou professionnel sont importantes et apportent leur contribution à l'angoisse du malade.
 
            On ne connaît pas les causes exactes des dépressions; les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux se mélangent.
            On peut en général en discutant longuement avec l'intéressé, finir par trouver certaines causes du type événements extérieurs qui ont contribué à cette évolution : problèmes multiples, chagrin d'amour, disputes familiales, traumatismes dus à une mort, une agression, un viol, un échec, une déception amoureuse, un harcèlement ...
            il y a en fait une perturbation complète du fonctionnement cérébral, un eperte du contrôle du cerveau. Il y adonc certainement des modifications importantes de l'action des neurotransmetteurs - la sérotonine notamment -, mais actuellement on sait mal la caractériser et encore moins la mesurer.
 
            Les médicaments psychotropes n'apportent pas la guérison. Ils sont un peu comme le plâtre lors d'une fracture osseuse. Ils ont l'avantage de calmer le malade et donc de lui donner la possibilité avec l'aide de son environnement, la possibilité de reprendre peu à peu le contrôle de son intellect.
            Il est en général bénéfique que le malade prenne conscience des causes à l'origine de sa dépression, mais je regrette que les psys qui le soignent, fassent ce type d'investigation sur un plan très théorique, à partir de thèses psychologiques, plus ou moins freudiennes, ou avec l'obsession de trouver des maladies mentales, genre bipolaire ou borderline, alors que le plus souvent une approche très pragmatique et logique des faits dans la vie de la personnes donnerait les éléments et permettraient de mieux cerner les problèmes et donc d'envisager des solutions en réagissant contre certains traumatismes ou causes de stress.

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Par coldtroll le Mardi 6 août 2013 à 14:36
tiens, un article qui parle de moi :S
Par uineniel le Dimanche 11 août 2013 à 16:51
Souffrir d'anxiété chronique, ça m'est difficile, mais je dois avouer que le pire a été la dépression. Je souhaite ne jamais au grand jamais y replonger, cette fois je n'y survivrais pas. Plus de dix ans dans l'état que décrit cet article, avec les mêmes symptômes. Je ne sais même pas comment je m'en suis sortie. La thérapie, les médocs, mes proches...mais je crois que l'anxiété chronique est en partie due à la peur de re-sombrer, en plus de l'incertitude de l'avenir.
 

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