Mercredi 31 janvier 2018 à 10:41

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/d12pcon4a.jpg

    Il m’arrive de discuter avec des correspondants ou des amis de la « conscience ».
    Mais, en français, ce mot est ambigu, car il a, soit un aspect moral, désignant le sentiment de responsabilité de nos actions vis à vis du Bien et du Mal, (ou de la conformité aux lois et règles), soit il désigne l’état de notre cerveau vis à vis du monde extérieur, qui reçoit des sensations, des perceptions et en est ou non « conscient », c’est à dire que nous nous rendons compte de ces stimuli de notre environnement, ou non et ils sont alors « inconscients ».
    Et le mot conscience est encore plus général, puisqu’il s’applique non seulement aux sensations, mais au fait que nous sommes conscient d’être vivant et d’être une personne bien définie, différente de nos voisins : c’est la « conscience du moi ».

    Nous vivons cela tous les jours et aussi dans des cas exceptionnels.
    Tous les jours je m’endors. Je ne suis plus conscient alors de ce qui se passe autour de moi, et même si je rêve, cela n’a aucun rapport avec ce que seraient mes perceptions réelles de l’environnement si j’étais éveillé. Et quand je me réveille, peu à peu, je reprends conscience de ce qui est autour de moi, de ce que j’entends, que je vois, que je touche, que je sens ou d’une saveur, et en même temps, je sais à nouveau inconsciemment que je vis et que moi, j’existe. « Je pense donc je suis » disait Descartes.
    J’ai un jour subi un examen de l’estomac et on m’a endormi quelques minutes. Lorsque l’anesthésiste a injecté le produit, je l’ai vu faire et tout à coup, je n’ai plus de souvenir. Par contre j’ai ensuite celui de m’être soudainement « réveillé » et d’avoir vu le médecin qui rangeait ses instruments, alors qu’on m’emmenait. Plus aucune sensation ou du moins, plus de conscience pendant ces quelques minutes d’anesthésie.
    Etant jeune , j’étais en vélo dans une rue étroite, et en bas d’une descente, à un croisement, je suis rentré dans la remorque d’un camion qui passait au carrefour. Le cadre de mon vélo a plié, amortissant le choc, mais j’ai défoncé une planche de la remorque avec ma tête et j’ai été trois heures dans le coma, avec heureusement aucune séquelle. Je ne me souviens que de la rue, pas du camion et rien jusqu’à ce que je me réveille, à l’hôpital, avec mes parents à mes cotés.
    Et il y a des accidentés de la route, dans le coma pendants des semaines, certains présentant in fine, un encéphalogramme plat, leur cerveau s’étant arrêté de fonctionner, signe de la mort, le coeur devant s’arrêter normalement, mais pouvant continuer à  battre s’il est assisté électriquement.
    Voilà des états de conscience différents, mais en quoi diffèrent ils.?

    Le processus général est le suivant : nos sens ont des récepteurs qui captent ce qui se passe à l’extérieur : pour notre vue, l’oeil, si la paupière n’est pas fermée, crée sur la rétine une image de ce qu’il voit, laquelle est transmise par le thalamus, aux centres d’interprétation du cerveau, à l’arrière de notre crâne. (voir mes articles des 4, 6 et 8 mars 2017). Ce traitement est inconscient.
    Nous n’avons conscience de ce que nous voyons que lorsque le thalamus transmet en retour au cortex préfrontal l’interprétation des informations visuelles faite par ces centres de traitement. Nous n’avons pas conscience des informations que notre cerveau possède si elles ne sont pas transmises au cortex préfrontal.
     La conscience exige donc que les organes des sens fonctionnent, que les centres d’interprétation fassent cette tâche, et que le cortex frontal en reçoive le résultat.
   
    Sauf dégradation physiologique, ou obstruction volontaire (fermeture des paupières, boules quies, ne pas toucher avec la main…), nos organes de sens fonctionnent en général.
    La transmission au thalamus peut être arrêtée (destruction du nerf optique par exemple).
    Le thalamus peut ensuite ne pas transmettre les informations au centre d’interprétation, qui ne font donc pas leur tâche habituelle. C’est ce qui se passe pendant le sommeil (voir mon article du 8 mars 2017). Et évidemment rien n’est transmis au cortex préfrontal.
    Enfin les sens et leurs centres d’interprétation peuvent fonctionner, mais l’information rester inconsciente car non transmise au cortex préfrontal.

    Mais ce n’est pas aussi simple que cela, car il n’y a pas que nos sens qui nous relient à l’extérieur. Il y a aussi les informations liées à notre corps, qui ne passent pas par le thalamus, mais par l’insula ou l’hypothalamus pour la douleur.
    Et nos émotions mettant notamment en jeu le cerveau émotionnel.

    De plus les phénomènes dus au sommeil, à l’anesthésie, au coma, sont différents, (ne parlons pas de l’hypnose que l’on connaît encore plus mal), et ils varient d’une personne à l’autre.
    En fait on manque d’outils pour pouvoir mesurer l’état du cerveau dans ces circonstances différente, pour mesurer « la conscience ».
    J’en reparlerai dans un prochain article.
Aucun commentaire n'a encore été ajouté !
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3278715

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast