Lundi 23 juillet 2007 à 12:01

Eveil, sommeil, rêves


    Aujourd'hui, c'est un peu un cours de SVT que je vais vous faire !! LooL
    Alors courage : ce sont les vacances !

    Si vous avez lu les articles que j'ai déjà écrits sur le cerveau, vous vous rappelez que l'on distingue : (voir schéma ci dessous)
    - le cortex frontal qui réfléchit, organise, ordonne nos actions.
    - les centres du cortex qui interprêtent les senations et notamment à l'arrière du crâne, les centres primaires qui font une première analyse des signaux visuels et les transmettent à des centres secondaires d'interprétation visuelle, qui vont reconstituer les caractéristiques des images et des mouvements.
    - le cerveau émotionnel, avec notamment
        • les gyrus qui interviennent dans nos sentiments et nos émotions, dans nos relations sociales, pour maintenir conscience et attention.
        • les centres amygdaliens qui gèrent l'angoisse, la peur, la colère, l'agressivité.
        • l'hippocampe qui est le “professeur de la mémoire”
        • le thalamus qui centralise les données de perception et les transmet au cortex.
    - le cerveau central, et notamment l'hypothalamus et le tronc cérébral, qui contrôle de façon inconsciente et automatique les paramètres essentiels à de vie .



        Eveil et sommeil :

    On a pu mettre en évidence dans l'hypothalamus postérieur deux régions dont le rôle est essentiel pour maintenir la personne en était d'éveil : on les appelle “centre de l'éveil”
    A contario il existe dans l'hypothalamus antérieur un “centre du sommeil” qui contrôle l'asoupissement.
    Enfin la stimulation d'une zone du tronc cérébral, entraîne le réveil de la personne.
    Ces centres agissent en stimulant d'autres régions du cerveau qui gèrent les échanges sensoriels avec le cortex, nos émotions et la conscience et l'attention. Ils modulent leurs signaux grâce à des neurotransmetteurs chimiques particuliers au niveau des synapses des réseaux nerveux.
    En outre le tronc cérébral contient des neurones spécifiques de véritables “oscillateurs”, qui grâce à des phénomènes d'échanges ioniques particuliers, fournissent des trains d'impulsions nerveuses de fréquences précises et sont un peu comme des” horloges à quartz”, étalons de fréquence pour d'autres neurones, notamment ceux du thalamus.

        Le contrôle des sensations transmises au cortex :

    Le thalamus joue un rôle très particulier.
    Lorsque nous sommes éveillés, certains de ses neurones vibrent à une fréquence de 40 hertz
    40 fois par seconde, ils interrogent les centres qui interprêtent nos diverses sensations (notamment vue et ouie) et trient les informations reçues de nos sens dont ils transmettent les synthèses importantes au cortex.
    Pour effectuer le tri, le thalamus est en relation avec les centres amygdaliens et les gyrus qui gèrent attention et émotions. Il reçoit aussi des demandes du cortex sur des problèmes particuliers qui ont attiré l'attention (par exemple un objet, une personne que l'on a vue), et pour lesquels il demande de l'information.
    Lorsque nous sommes éveillés, il y a donc un grand nombre d'échanges avec un cortex très actif et les actions menées sont relativement rationnelles.

    Pendant le sommeil profond, ces mêmes neurones vibrent à une fréquence très réduite de 8 à 9 hertz (voire même 2 à 3 hz dans les phases de sommeil très profond et par ailleurs, nos sens ne transmettent pas d'informations aux centres primaires de traitement.
Le thalamus échange seulement à fréquence réduite des informations avec les centres secondaires d'interprétation. il ne transmet pratiquement rien au cortex.
    A titre d'information, le coma est analogue à un sommeil très profond, mais la fréquence des EEG descend alors vers 0,5 hz.

    Pendant le sommeil paradoxal, il en est tout autrement : les neurones du thalamus vibrent à une fréquence voisine des 40 hertz (autour de 38/39 Hz).
Les échanges avec les zones secondaires d'interprétation des sensations sont nombreuses, mais il s'agit seulement d'informations internes “artificielles”, puisque nos organes de sens sont inactifs.
    Par contre  les centres des gyrus limbiques qui gèrent attention et consciences sont très peu actifs. De même les échanges avec le cortex peu actif, sont peu nombreux et  ces diverses opérations n'ont plus le caractère rationnel qu'elles avaient lors de l'éveil.
    Les échanges avec les zones qui interviennent dans nos processus émotionnels restent importantes au niveau des gyrus et des centres amygdaliens. De même l'hippocampe qui agit sur la mémorisation reste relativement actif.

        Les conséquences pour les rêves.

    Durant le sommeil profond, nous rêvons, mais peu, puisque les échanges sont très ralentis et les informations qui circulent sont réduites.
    Et comme le cortex ne reçoit pas d'information, même si on nous réveille à cet instant, nous ne nous souvenons pas de ces rêves (ou très rarement).
       
    Le sommeil paradoxal est au contraire la période privilégiée des rêves.
    De très nombreuses informations de sensations notamment auditives et visuelles circulent, de même que des sentiments émotionnels.
    Les cortex frontal et préfrontal demeurent relativement  calmes durant le sommeil paradoxal et comme ces centres sont très impliqués dans  la pensée consciente et le jugement, leur faible activité pourrait  expliquer les rêves bizarres, illogiques ou au contenu souvent inapproprié du point de vue social.

    Le sommeil paradoxal représente environ 25% du temps de sommeil d'une personne jeune et 15% chez une personne âgée.
    Une telle durée représente un nombre de rêves extrèmement élevé et effectivement les mesures que l'on peut faire sur le cerveau montrent que c'est effectivement le cas.
    Cependant on ne se rappelle que quelques uns d'entre eux, voire aucun.
    Cela tient à ce que l'enregistrement dans  la mémoire exige un état de conscience et d'attention qui n'existe pas lors du sommeil paradoxal. En effet des  neurones (utilisdant comme neurotransmetteur la  noradrénaline et à la sérotonine) nécessaires  pour que l'information  nerveuse soit maintenue au-delà de quelques millisecondes  dans le cerveau cessent de fonctionner durant le sommeil.
    Nous ne sommes donc conscients de nos rêves que lorsque nous sommes en train de nous réveiller (ne serait ce que pour quelques instants), et que notre conscience est en train d'émerger pour revenir à un état normal d'éveil.
    Cela explique certaines circonstances bizarre assez fréquentes de cauchemars où nous rêvons que nous sommes dans une situation dangereuse, que nous savons quelle n'est pas réelle et que nous sommes en train de rêver, et que nous cherchons à nous réveiller mais que nous n'y arrivons pas.
    Puis nous nous réveillons alors : c'est notre conscience qui émerge dans un état d'éveil.
   
    Mon prochain article traitera d'un sujet plus terre à terre : “à quoi servent les rêves ?”

Par allforyou le Lundi 23 juillet 2007 à 23:44
Merci pour ce cours de SVT =)
Si seulement la SVT était aussi clair et traitant de sujets aussi interessant à l'école j'aurai sans doute aimé davantage.
Je repasse pour le prochain article...
Par ARMCHAIR.OF.SWELL le Mercredi 1er août 2007 à 14:01
Je vous ai envoyé un message sous le nom de cleo.
Par Angel.or-and.Demon le Lundi 10 septembre 2007 à 21:29
Des rêves bizarres et alambiqués? C'est souvent le cas...^^'
 

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