Jeudi 23 octobre 2014 à 7:30

Enseignement, école, fac

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures4/cestquoicesnotes.jpg

   J'ai vu récemment avec étonnement, à la télévision, des parents d’élèves et des professeurs discuter très vertement, en venir presque aux mains sur un sujet brûlant : faut il noter les élèves, notamment à l’école primaire et au collège.
    Certains exigeant des notes, d’autres les refusant catégoriquement.

    un point m’a cependant frappé : les enfants de ceux qui refusaient les notes avaient plutôt de mauvaises notes, et les enfants de ceux qui les exigeaient plutôt de bonnes notes !!!
    Cela m’a rappelé quand j’étais jeune ingénieur, les polémiques en entreprise sur le Taylorisme et les mesures de productivité sur une chaine de travail et les primes associées.
    En fait ces problèmes de notation et de mesure du travail, ont pour origine les théories  d’un psychologue américain béhavioriste, Clark Leonard Hull vers 1930.
    Il se basait sur le fait que les rat de laboratoire ne voulaient bien faire des progrès dans l’apprentissage des trajets de leur labyrinthe, que dans la mesure où ils avaient faim et où on leur donnait une récompense en nourriture. Il en avait conclu que le comportement au travail et la motivation dépendaient au départ d’un besoin, qui devait être accru par le « renforcement ». Le renforcement pouvait être positif (la récompense) ou négatif (la punition).  Mais l’absence de récompense peut être une punition, dans la mesure où le besoin existe.
    Les primes de rendement au travail et les méthodes de Taylor, et les notes à l’école découlent de cette théorie.

    Mais les psychologues ont fait depuis d’autres expériences sur des élèves et des étudiants. Toutefois il ne s’agissait pas de cancres, mais d’élèves qui réussissaient plus ou moins bien.
    Ils ont comparé les progrès de groupes pour lesquels il n’y avait ni sanctions ni récompenses, d’autres pour lesquels il y avait surtout des sanctions, d’autres pour lesquels il y avait surtout des récompenses, et enfin des groupes avant récompenses et sanctions tirées au sort, sans lien avec le travail
    Ce dernier cas développait un sentiment d’injustice, même chez les récompensés.
    Pour les autres groupes, les progrès étaient peu important, sauf pour ceux qui étaient récompensés, qu’ils travaillent bien ou mal, mais évidemment davantage s’ils travaillaient bien.
    La conclusion était donc que les renforcements négatifs sont inefficaces, que seuls les renforcements positifs le sont, et qu’il doivent correspondre à une certaine justice et à des règles précises.
    Une autre leçon est celle du sport.
    Si vous voulez faire des progrès, par exemple en athlétisme, il faut connaitre votre niveau de performances pour essayer de les améliorer : il faut savoir en combien de secondes vous courrez le 100 mètre, ou combien vous sautez en hauteur…
    Ce sont en quelque sorte des notes.

    Evidemment, quand on est face à un élève qui ne fait rien et qui en plus trouble la classe, on a envie de le sanctionner.
    C’est normal de le faire s’il empêche les autres de travailler ou se dissipe.
    Mais cela ne sert pas à grand chose de sanctionner son mauvais travail par de mauvaises notes; cela ne fait qu’aggraver son échec et son sentiment d’impuissance.
    Donc la « notation sanction » n’est pas une mesure efficace pour motiver les élèves.
    Par contre la « notation évaluation permet de situer son niveau et de l’améliorer.
    Comment voulez vous améliorer votre orthographe, si vous ne savez pas les fautes que vous faites, ou mieux réussir en mathématiques si vous ne voyez pas vos erreurs de raisonnement ou d’absence de connaissances.
    Cela ne sert à rien de dire à un élève qu’il est un cancre, il faut lui montrer comment s’améliorer.
    Les notes sont des chiffres; elles n’y sont pour rien.
    Ce sont les comportements des parents et des professeurs qu’il faut chenger : il faut encourager au lieu de décourager les élèves. Les notes restent les mêmes, ce sont les conclusions que l’on en tire qu’il faut modifier dans le sens des encouragements et des moyens pour s’en sortir.
    Quant à remplacer de 0 à 20 par ABCDE, c’est une vaste hypocrisie, une fumisterie. Je ne comprends même pas comment des gens intelligents ont pu croire que cela changerait quoique ce soit !!

    Autre tabou, le classement. C'est vrai qu'il ne sert guère qu'à exciter les parents, en bien ou en mal. Mais forcément l'ordre des notes est un classement. Alors on part en guerre contre une volonté de compétition comme aux USA.
    Il ne faut pas exagérer. Qu'il y ait une compétition dans les classes de préparation des grandes écoles, ou pour les professions médicales, c'est vrai, mais c'est dû au fait qu'il y a un concours pour y entrer. Mais il n'y a d'esprit de compétition au collège, au lycée ou à la fac, que pour ceux qui s'en font une obsession, et les détracteurs de cet esprit sont en général ceux qui n'ont pas envie de travailler.
   Malheureusement ils seront déçus plus tard, car dans la vie, et notamment les entreprises, comme les places sont limitées et que la pyramide a le sommet vers le haut, il y aura immanquablement compétition.
Aucun commentaire n'a encore été ajouté !
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3269479

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast