Jeudi 27 mai 2010 à 9:42

Vivre sa vie

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   Il m’arrive souvent de discuter avec des jeunes, le plus souvent adolescentes, qui ont des problèmes psychologiques et qui fréquentent sans succès depuis plusieurs années un ou plusieurs psys et cela me laisse toujours perplexe, car je ne comprends pas pourquoi on les soigne ainsi.
    Depuis la rentrée de septembre 2009, j’ai connus encore quelques problèmes de ce type et j’avais rencontré plusieurs fois des cas très voisins il y a quelques années, qui heureusement s’étaient assez bien terminés à force de discuter et d’essayer d’analyser les situations et les comportements..

    Ce sont de jeunes ados en opposition flagrante avec leurs parents ou parfois avec des amis. Evidemment je ne connais que leur point de vue et malheureusement, je n’ai pas la possibilité d’interviewer les autres intervenants.
    Les faits, ce sont des frittages permanents, assortis de colères mutuelles, parfois semble t’il, de distributions de punitions, claques, voire traitements plus énergiques et regrettables, dans des scènes dont on explique mal l’amplitude et la fréquence.
    L’autre point commun : les parents ont envoyé leur enfant chez un psy.
    Or presqu'aucune de ces jeunes n’a fait ni tentative de suicide, ni scarification, ni dépression nerveuse, et leurs écrits (qui ne sont pas sur cowblog) ne sont particulièrement ni tristes, ni révoltés. Quelques unes ont eu des réactions plus dépressives, mais mineures et elles ont vite repris le dessus.

    Les psys (qui officient dans des cliniques privées) ont diagnostiqué des “troubles du comportement”. En bon disciple de Freud et de Lacan, ils ont exploré toute l’enfance de leur patiente à la recherche de refoulement sexuels, et celle des parents, à la recherche de sévices subis de la part des grands parents et le pauvre Oedipe a dû se retourner dans sa tombe sans trouver le sommeil, tellement on parlait de lui, alors que le complexe d'Oedipe est aux yeux de la neurobiologie moserne, une simple aberration..
    Puis ils ont parfois pris  la jeune ado (mais pas les parents!), dans leur hôpital psychiâtrique, (lequel ne semble pas saturé et est fort cher), en la bourrant de médicaments calmants, somnifères, et anti-dépresseurs.
    L’état des jeunes ados s’est plutôt aggravé. Celui des parents aussi !
    Une de ces jeune ados, se sentant de plus en plus mal, a arrêté brutalement de prendre ces médicaments, ce qu’il n’aurait pas fallu faire, car elle risquait d’aggraver son état vers une dépression passagère, voire des manifestations de manque. Elle a eu la chance d’éviter ces manifestations et son état s’est amélioré.
    Les parents d'une autre ont eu l’intelligence de la confier à leur médecin généraliste, qui a diminué les doses dans les règles jusqu’à l’arrêt,  et le mieux s’est aussi rapidement fait sentir.

    Le terme de “trouble du comportement” me laisse rêveur, car c’est la “tarte à la crème”. Si je me laissais aller à piquer systématiquement des rognes à mon âge, je ferai c’est exact, un trouble du comportement. Mais que dire des jeunes qui brûlent des voitures ou qui rouent de coups une conductrice de bus ? : trouble collectif du comportement ?

    Il n’y a qu’en France où les psys sont ainsi inféodés à Freud et à la psychanalyse. Dans les pays anglo-saxons, si les psys de bas étage sans diplômes sont aussi freudiens, les psychiatres médecins se seraient plutôt référés à des théories autres, telles par exemple, que celles des types psychologiques de Jung et surtout à la neuropsychologie et au fonctionnement du cerveau. Ils utilisent plutôt la psychothérapie comportementale que la psychanalyse et évitent de bourrer leur patients de médicaments (sauf cas de maladies mentales qui nécessitent alors un traitement autre).
    La France est le pays qui consomme de loin le plus de médicaments psychotropes !!

.   Pourquoi les psys, dans les cas où il n’y a manifestement pas de maladie ne se contentent ils pas d’examiner rationnellement les faits et geste et même si on regarde ce que cache l’inconscient, de le faire avec raison et logique au lieu d’invoquer des théories fumeuses et périmées et une symbolique relevant d'une imagination débordante et sans aucun fondement scientifique?
    Qu’auraient ils vu : que les enfants et les parents avaient des personnalités opposées sauf sur un point : ils sont tous introvertis, timides et relativement “soupe-au lait”.
    Les enfants que j'ai connus sont souvent imaginatifs, donc utopiques et crédules, mais essaient d' imaginer leur avenir et de bâtir des plans; ils sont logiques dans leurs décisions, mais donc aussi raisonneurs et ne supportant pas l’injustice. Ils sont très sensibles et donc ont la tristesse et la larme facile. Enfin leur tempérament les pousse à dominer les événements par une anticipation sur les situations, mais évidemment avec un risque d’erreur et un certain stress en cas d’échec.
     Intelligents, ce sont des sujets qui ont tendance à ne pas se laisser faire et a tenir tête en discutant. C’est une “tare” quand on est enfant, disent souvent les parents excédés, (enfin moi, j’aime discuter avec elles!), cela pourra être une force lorsqu’ils seront adultes.
    Quant aux parents, la plupart sont au contraire très pragmatiques, mais peu enclins à imaginer les états d’âme de leurs enfants; ils décident d’après leurs goûts et leurs valeurs, mais pas forcément logiquement. et sont finalement assez influençables et versatiles, mais ont le souci du “facteur humain”.
    Peu sensibles et donc ne comprenant pas la sentimentalité émotive immédiate de leur enfant, ils ne manifestent extérieurement ni amour, ni encouragements.        
     Enfin s’adaptant aux événements plutôt que de chercher à les anticiper, (ce qui peut être aussi un avantage), ils jugent inutiles les efforts d’anticipation de leur progéniture et ont devant les raisonnements et velléités d’indépendance de leur enfant, une attitude très laxiste, jusqu’au moment où ils se sentent dépassés et réagissent avec une certaine violence.    
    Mais au fond d’eux mêmes enfants comme parents s’aiment et culpabilisent de cette situation de non communication et de conflit.

    En définitive, dans les cas que j'ai connus, parents et enfants avaient simplement des personnalités presques opposées, mais ne le savaient pas, et les psys ne s'en sont même pas rendu compte.
    Alors à mon sens, même s’il existe quelques refoulements freudiens dans l’inconscient des uns et des autres, (on ne les appelle pas d’ailleurs refoulement mais “blocages” ce qui est différent), la situation est surtout un dramatique manque de communication dans le présent, qui pourrait s’améliorer avec un peu d’amour et des efforts de part et d’autre dans le futur, pour discuter ensemble de tous les malentendus latents.
    Toute personnalité a ses avantages et ses inconvénients (comme être droitier ou gaucher), et il faut admettre l’autre tel qu’il est.
    

    Mais je me pose trois questions :
    - les jeunes ne sont ils pas finalement assez seuls malgré tous les moyens de communication modernes sur lesquels ils passent beaucoup de temps, et ne sont ils pas trop conditionnés par les médias et l'opinion des autres, tout en manquant de confiance en eux ?
    - les parents n’ont ils pas tendance aujourd’hui à se défausser de l’éducation de leurs enfants sur l’école, les associations sportives ou culturelles et aussi sur les psys?
    - les psys sont certainement indispensables en cas de maladie mentale ou d’une dépression grave. Mais n’ont ils pas tendance à exagérer beaucoup trop leur diagnostic et leur traitement, dans des cas bénins qui relèvent plutôt de l’incompatibilité d’humeur ou des petits stress de l’adolescence ?
    Evidemment il faut qu’ils gagnent leur vie !
    Enfin j’en connais quand même qui ne sont pas ainsi.
Par Plume le Jeudi 27 mai 2010 à 10:18
Personnellement j'ai vu toute une tripotée de psys, et je n'en retiens qu'une qui m'a réellement apporté quelque chose, et c'était à ma sortie de l'HP.
Je ne sais pas si c'était une erreur ou pas d'essayer de me faire voir un psy alors que j'étais peut-être tout simplement dans ma crise d'adolescence, ce que je sais en tout cas, c'est qu'avant ma TS, j'ai jamais eu l'impression d'être écoutée, comme si mon mal-être, parce que j'étais adolescente, n'avait aucune importance, ou en tout cas moins que celui d'un adulte.
C'est triste à dire, mais il aura fallu que j'essaie de mettre fin à mes jours pour qu'une psychologue adopte enfin une attitude différente avec moi et m'aide peu à peu à reprendre le contrôle de ma vie.
Par Flotte le Jeudi 27 mai 2010 à 11:44
Bonjour,
Je voudrais juste faire une remarque :
Quand vous parlez de psys, est-ce que vous différenciez bien psychologue et psychiatre ?
Par kaa le Jeudi 27 mai 2010 à 12:38
J'ai toujours eu tendance à considérer que le plus souvent, un psy ne résout rien du tout. Et force est de constater qu'on fait appel de plus en plus souvent à eux. A-t-on plus de problèmes qu'avant ou bien se crée-t-on ces problèmes ?
 

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