Vendredi 11 mars 2011 à 8:17

Inné et acquis

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    Une étude d’un chercheur de l’université de Binghampton en Grande-Bretagne , J Garcia, est récemment paru dans Plos ONE, sur le lien entre un gène codant un récepteur de la dopamine dans le cerveau et l’infidélité ou la fidélité conjugale.
    J’avoue avoir été surpris par le titre et je suis donc allé lire l’article.
   
    Je vous ai souvent parlé des centres d’apprentissage et de récompense du cerveau, dont les neurones utilisent la dopamine comme neurotransmetteur.
    Chaque fois que nous accomplissons une action qui nous semble bénéfique ou nous donne du plaisir, des récepteurs de dopamine nous donnent une impression de satisfaction.
    Or ces récepteurs sont sous l’influence d’un gêne dont il existe deux formes différentes allèles (qui occupent le même emplacement dans l’ADN, mais diffèrent par quelques nucléotypes - les séquences de bases puriques), l'une longue et l'autre courte.

    Les chercheurs ont recueilli des données en questionnant 63 hommes et 118 femmes sur leur vie sexuelle, ainsi que des échantillons de leur ADN.
    Ils ont établi que les détenteurs de la variante longue du gène sont deux fois plus nombreux à avoir eu des expériences sexuelles courtese (relation d'une nuit] que les porteurs de la variante courte.
    Cela voudrait il dire qu'il existe des tempéraments fidèles et d'autres infidèles et que nous sommes programmés pour la fidélité conjugale ou pour la tromperie ?
    Il y aurait donc des constituants biologiques du penchant fidèle ou infidèle et ces gènes constitueraient une prédisposition à partir de laquelle peuvent s'exercer le choix de l'individu et l'influence de la société.

    En fait le comportement sexuel humain est très variable à l'intérieur et entre les populations et on peut donc chercher à vérifier l’influence de cette différence génétique par rapport aux dispositions légales ou morales réprimant ou tolérant l'infidélité dont les sociétés se dotent et qui peubent aussi jouer le rôle d'un filtre de sélection génétique.
    On peut faire l’hypothèse que, dans les sociétés qui tolèrent l'infidélité, la variante longue du gène se propage plus facilement, car ses porteurs trouvent des partenaires et se reproduisent ; et que, dans les sociétés réprimant l'infidélité, c'est la variante courte qui est  au contraire sélectionnée et devrait être plus répandue.
    C'est ce qui est observé, d'une part, chez les Indiens Yanomamô d'Amérique du Sud qui tolèrent la promiscuité sexuelle et où s'observe une majorité de variantes longues et, d'autre part, chez les Kung d'Afrique du Sud où la tromperie est découragée, et où la variante courte est majoritaire.

    Où est la cause, et où est l'effet ?
    La donnée biologique génétique rétroagit probablement sur les lois sociales, si bien que les influences réciproques entre gènes et société ne peuvent plus vraiment être séparées.
    La morale est donc sauve, puisqu’elle garde une certaine influence et ne cherchez donc pas, vis à vis de votre partenaire, une excuse génétique à vos éventuelles turpitudes lol
Par coldtroll le Vendredi 11 mars 2011 à 10:10
c'est bien connu : ce sont les mecs qui ont la plus longue (variante ^^) qui intéressent le plus les femmes ^^
est-ce que c'est un gène qui "code" le tempérament de la personne, ou est-ce que le tempérament de la personne s'exprime dans le gène ?
la limite entre l'inné et l'acquis est toujours floue quand on associe l'étude des gènes et l'expression du caractère de chacun. une expérience intéressante serait de prendre un jeune kung et de le faire adopter par des yanomamô, afin de voir si le gène est capable de muter spontanéement pour s'adaper à des moeurs différentes ou pas.
si ce n'est pas le cas, ça fera un kung au coeur souvent brisé, mais bon ^^ cela signifierait aussi que notre libre-arbitre est bien plus réduit que nous n'aimons le croire, puis que notre comportement serait lié à l'immobilité de nos gènes, et il ne serait plus question que de déterminisme..
Par monochrome.dream le Vendredi 11 mars 2011 à 10:22
La démarche est intéressante mais il faudrait placer les résultats de cette étude dans un complexe d'influences et de choix complet... Car à les isoler, on risque de les voir prendre pour plus que ce qu'ils sont, çàd des résultats scientifiques, justement. Des modélisations encore inhabitées. Comment lie-t-on ce que tu écris là, à la volonté, au désir et aux sensations qui les induisent ? On a d'un côté le vécu, un vécu que la science laisse souvent tomber (ou qu'elle tente d'intégrer dans des expériences taxées de quasi "mystiques", comme l'a fait Peoc'h par exemple, avec ses expériences sur les poussins privés de mère ; il prétend qu'il cherchait un lien entre états de la conscience et matière et qu'il en soupçonne un, effectif. La question est passionnante, mais ça fait très 17ème...), on a donc d'un côté un vécu, quelque chose qui ne se réduit justement pas à des configurations de la matière, et de l'autre, un fourmillement de données empiriques. Pour ma part, je trouve la biologie intéressante qui s'intéresse à ces dernières, mais pas seule. Seule, une science (n'importe laquelle) me semble caricaturale.
Si l'on revient sur la question de l'infidélité, cette conclusion sur les gènes est étonnante, bien qu'elle ne nous change guère de ce à quoi nous a habitués la science : la découverte de déterminismes dans des régions de la vie où l'on ignorait qu'il y en eut. Mais il faut la replacer dans son contexte, pas seulement social ni mécanique mais personnel, aussi. Et lorsqu'on le fait, la question du déterminisme se brouille, devient comme une région isolée du vécu total. Qu'est-ce que la décision ferme de la fidélité à tout prix a à voir avec un gène, par exemple ? Qu'induirait, à terme, ce gène ? Un désir plus impérieux ? Un plaisir plus profond ? Un mal-être insoluble dans les situations de stabilité amoureuse ? Et quand bien même cela serait, sommes-nous uniquement des victimes irréfléchies de nos désirs ? N'y a-t-il pas plusieurs façons de répondre à ce qui pousse en fond de corps ? Est-ce que la flamme de l'envie brûle de la même manière que celle d'un feu de bois, est-ce qu'elle implique donc un réflexe qui ne soit pas un geste mais une démarche entière, une action menée d'un bout à l'autre par un sujet pantin ? Et si oui, comment le gène en vient-il à s'insérer ainsi dans la sphère du vécu ?
Je trouve ces questions dérangeantes, en tout cas. A savoir : comment l'intentionnalité prend-elle place sous ces imbrications de systèmes de lois. Lorsque nous sommes contraints à quelque chose, la contrainte reste de toute façon un sentiment du négatif, de l'impossible, de l'impensable ; mais que fait-on de la zone praticable qui nous reste ? Il faut bien s'y orienter, et de manière consciente. Selon quels plans, alors ?
Quant à la morale, je ne sais pas si elle a encore un poids quelconque à notre époque. Son petit côté binaire, sans compromis et arbitraire, me semble dépassé. A sa place, aujourd'hui, on a les normes sociales : des modèles, des formes à imiter, des moules où se couler.

Bref, voilà un peu ce que m'a inspiré ton article. Il y avait longtemps que je ne t'avais plus laissé de vrai commentaire. J'espère que tu ne prendras pas ma rafale de questions et de doutes pour une réaction dirigée contre toi, car tu ferais erreur.
Merci pour tes articles, toujours stimulants ;)
Par yumenosekai le Vendredi 11 mars 2011 à 16:50
J'ai du mal avec l'infidélité, même beaucoup de mal. Je pense que toute les études du monde ne changerons rien à mon avis.
Quand on aime une personne, on ne devrait ressentir ni l'envie, ni le besoin de la tromper. Le problème de l'infidélité, c'est le sexe. Le sexe rends les gens mauvais. Les gens, juste pour ça, sont capable de détruit une vie de famille, ou une vie tout court. J'avoue que je ne comprends pas. Mais, je suis un cas un peu à part, je suis asexuel. J'ai pu remarquer d'ailleurs que tout les asexuel que je connais, pensent comme moi. Avec le recule peut être, on voit que les personnes sexuellement active axe leur vie quasiment que sur ça. "Si au lit ça va pas, un couple ne peut pas tenir". Ce genre de phrase, je la comprends vraiment pas. Elle me donne des sueurs froide.
Faire des études sur ça, je n'y voit pas vraiment d'utilité.
A mon sens, le sexe devrait être un genre de bonus et non pas une condition sine-qua-non pour avoir une bonne vie de couple.
Mais moi je dis ça, je dis rien.
Je ne vois vraiment pas l'intérêt de tromper quelqu'un. L'infidélité, c'est un moyen de prendre un peu de plaisir avec quelqu'un en détruisant la vie d'une autre.
Par maud96 le Vendredi 11 mars 2011 à 19:22
L'infidélité et les habitus qu'elle entraîne est déjà en soi une drogue qui fournit semble-t-il excitation et plaisir avec tous les effets "rétroactifs"qui suivent. Je pense que le nombre d'expériences sexuelles avec partenaires différents n'est qu'une des variables à prendre en compte. Je rejoins tout à fait le questionnement de Monochrome.Dream sur l'aspect partiel de tels protocoles de recherche.
Par lancien le Samedi 12 mars 2011 à 18:51
Cela ne m'ennuie pas qu'on critique le contenu des articles et que l'on se pose des questions. Au contraire, ils sont faits pour cela.
Souvent je publie une étude qui m'a interpellé, non pas comme une vérité, mais parce que justement ses résultats sont curieux et qu'on peut se poser des questions sur leur portée (voire leur véracité);
Beaucoup des publications d'études ne relatent que des expériences partielles et donc les résultats, limités à l'études paraissent effectivement assez contestables, mais c'est souvent un départ pour la réflexion..
Par with-the-light-out le Lundi 14 mars 2011 à 23:37
Le commentaire de Yumenosekai me laisse pensive .. Parce que j'ai son point de vue, sur le sexe comme un bonus, une activité, au delà de la conception du couple, secondaire, voire tertiaire (au même titre qu'un bon resto ou autre chose .. ) Mais j'ai du prendre la solution inverse .. je nage doucement dans une plus ou moins vie de "poly-amour" .. ma fidélité est (ou pas) à plusieurs personnes, avec qui j'entretiens des relations de couples, sexuées ou non. Bref c'est mon cul, et mon coeur et c'est loin d'être le sujet.. J'allais avant de lire les commentaires, demander ce qu'il en était pour ce genre de relation ..
Bien que je reste perplexe sur ces notions de "déterminisme" .. Et rejoins monochrome et la chevrette dans leur questionnement.
 

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