Samedi 4 novembre 2017 à 12:33

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

     Mon dernier article faisait état d’une étude sur la mémoire et les neurones qui stockaient nos souvenirs.
     Une autre étude m’a particulièrement intéressé.
   
     En effet la plupart des livres et articles sur le cerveau estimaient que nous avions acquis à la naissance tous les neurones, que ceux ci diminueraient en nombre et que la plasticité du cerveau était uniquement due à celle des connexions, c’est à dire des synapses et de la sensibilité à communiquer entre deux neurones.
    Depuis la fin du siècle dernier toutefois cela n’était plus tout à fait admis pour des rongeurs : rats et cochons d’Inde, utilisés dans les expérimentations animales.
    Il semble que cette affirmation ne soit plus tout à fait admise, pour deux régions du cerveau : les centres olfactifs et l’hippocampe qui est le « commutateur de la mémoire ».
    Certes le nombre de neurones qui se créent est très faible vis à vis des 300 milliards de neurones de notre système nerveux : quelques centaines de neurones par jour, à peine, dans l’hippocampe, mais leur rôle est important.
    Depuis quelques années les neurobiologistes essaient de comprendre à quoi servent ces neurones nouveaux nés.
    Ci dessous une photo sous IRM du "gyrus denté" de l'hippocampe, avec les neurones normaux en rouge et les nouveaux neurones en vert:

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/nouveauxneuroneshippocampe.jpg   













     Souvent nous nous rappelons un souvenir avec de nombreux détail, à partir d’un simple stimuli : un mot, un visage, un objet que l’on voit, un son, une odeur…
    Les psychologues citent toujours à ce sujet Proust et son récit dans « A la recherche du temps perdu » où le goût d’une madeleine et d’une tasse de thé lui font ressurgir tous les détails de la maison de sa tante et de la ville environnante de Combray.
    C’est le rôle de l’hippocampe, au moment ou le souvenir se met en place, d’orienter ses éléments vers divers groupes de neurones et d’en « retenir l’adresse » pour parler comme en informatique; lorsque un stimuli rappelle le souvenir, le neurone concerné est alors en relation avec deux centres particulier de l’hippocampe, le « gyrus denté » qui identifie le souvenir, et un autre centre appelé « CA3 », qui rappelle alors toutes les informations des autres neurones concernés par le souvenir.
    Mais il peut être difficile de se rappeler des souvenirs dont les entrées sensorielles se ressemblent. Si par exemple vous êtes dans un supermarché et laissez votre caddie en un point précis pour aller chercher des achats dans les étals voisins, vous vous remémorez l’endroit où vous avez mis votre caddie. Mais si vous allez un peu plus loin dans le magasin, pour d’autres achats, le lieu où vous mettez votre caddie est dans un environnement peu différent du précédent. Les deux souvenirs successifs se ressemblent beaucoup, et il ne faut rappeler en mémoire que le dernier.
    Les nouveaux neurones semblent favoriser la différenciation entre des souvenirs successifs qui se ressemblent.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/2.jpg    Les chercheurs ont agi sur les cellules souches de l’hippocampe de souris, qui produisent ces nouveaux neurones  (ils peuvent représenter jusqu’à 10% des neurones du gyrus denté). Ils ont soit presque supprimé, soit au contraire accéléré la production de nouveaux neurones, pour en voir les conséquences.
    Les souris privées de nouveaux neurones sont incapables de distinguer deux souvenirs différents qui se ressemblent, alors que celles dont on augmente le nombre de nouveaux neurones dans le gyrus denté les distinguent plus facilement.
    Il semblerait que les nouveaux neurones aient un pouvoir inhibiteur pour empêcher un stimuli d’entrée dans le gyrus denté d’activer les neurones des anciens souvenirs analogues et donc les sorties vers les rappels de ces souvenirs de se mélanger (schéma cas 1) ce qui se passe en l’absence de ces nouveaux neurones, (schéma cas 2).

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/neuroneshippocampe.jpg

    On ne peut pas sur l’homme faire des expériences sur le cerveau, mais on constate, sur des IRM, que des personnes, qui ont des difficultés à différencier des souvenirs voisins, présentent alors une suractivation du gyrus denté, ce qui semble confirmer l’anarchie de connexion entre les neurones de souvenirs voisins, due à un manque d’inhibition par les nouveaux neurones, tel qu’on l’a constaté chez la souris.
Par Maëva le Mardi 7 novembre 2017 à 22:27
Waw, je pense pas que tu te souviennes de moi, j'étais sur cowblog jusqu'en 2014 (et encore, en pointillé) avec un pseudo que je te dévoilerai dans un commentaire suivant pour que tu le supprimes ensuite et qu'il n'apparaisse pas publiquement ;)
Je suis retournée faire un p'tit tour sur cowblog et je suis carrément épatée de voir qu'il reste certains d'entre vous, ça me fait chaud au cœur !
Je tiens à t'adresser un grand merci pour quelque chose que tu as certainement oublié depuis. J'avais écrit un article sur mon mal-être (sans savoir que c'était une dépression) et tu m'avais envoyé un mail pour en discuter. A l'époque j'avais même pas été capable de te répondre, tant la souffrance me paralysait et m'empêchait de saisir les mains tendues.
Mais je n'ai jamais oublié ton geste.
Un grand merci à toi !
Par lancien le Jeudi 9 novembre 2017 à 16:29
Pour Maeva : ok, mais j'ai mis un (ou deux !! pas familier de booster blog) commentaires sur ton blog avec mon adresse jpmalardel@gmail.com, pour si tu préfères écrire. C'est plus discret. Amitiés Lancien
 

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