Mardi 31 octobre 2017 à 12:16

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud


      Je viens de lire un compte rendu de recherche d’un laboratoire de l’université de Californie à Los Angeles sur la formation de nos souvenirs dans notre mémoire, étude faite sur des souris.
      Les deux centres les plus importants, en ce qui concerne la mémoire, étant d'une part les centres amygdaliens qui interviennent dans les souvenirs émotionnels et surtout l'hippocampe, qui renforce à l'origine entre eux les connexions des neurones qui vont décrire un même souvenir et qui ensuite connait "l'adresse"de ces neurones pour les reconnecter tous ensemble lorsqu'on veut rappeler le souvenir;
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/Unknown1-copie-1.jpg
    Pour savoir ce qui se passe au niveau de neurones du cerveau humain, nous n’avons qu’un moyen l’IRM. Mais il nécessite d’une part de mettre la personne totalement immobilisée dans un tunnel entouré d’un énorme aimant, et d’autre part , les résultats ne donnent que l’activité d’un groupe très important de neurone et pas des neurones individuellement.
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/microscoperat.jpg    Sur des souris on peut implanter des électrodes dans le cerveau ou loger un certain appareillage dans le crâne.
    Le laboratoire de Los Angeles pouvait déceler, grâce à de fines électrodes les courants dans de petits groupes de neurones, mais il a surtout inventé un minuscule microscope qui permettait de voir les neurones activés dans un groupe de neurone.
    L’appareil était un micro-microscope, qui ne pesait que un peu plus de 2 grammes, implanté dans le crâne de la souris qui le portait comme un chapeau. La souris pouvait donc se déplacer par exemple dans un labyrinthe, avec quelques sujétions, car le microscope était relié à une fibre optique qui transmettait les images (cf photo ci contre).
    Pour voir les neurones qui s’activaient, on injectait à l’animal une molécule qui devenait fluorescente en présence de calcium. Comme le déclenchement de l’influx nerveux est provoqué par un afflux de calcium dans le neurone, on pouvait ainsi voir les neurones qui s’activaient dans le cerveau de la souris lors de la formation d’un souvenir.
    Les chercheurs ont ainsi étudié ce qui se passe dans l’hippocampe lors de la création de souvenirs épisodiques et ce qui se passe dans las centres amygdaliens lors de la formation de souvenirs émotionnels.

    Les résultats de cette étude sont très intéressants
    Tous les neurones ne participent pas de la même façon à la formation des souvenirs.
    Une protéine particulière, dénommée CREB, est indispensable à la formation des souvenirs à long terme : ce gène contrôle l’expression d’autres gènes nécessaires à la mémoire. Les chercheur ont mis au point une autre protéine qui diminuait de façon très importante la production de la protéine CREB. Ils ont montré qu’ainsi ils inhibaient chez les souris la formation de souvenirs.
    Au contraire en augmentant la production de protéine CREB par les neurones, ils ont montré que les neurones qui suractivaient la protéine CREB avaient quatre fois plus de chances de stocker des souvenirs que les neurones voisins.
    Pour expliquer cela, les chercheurs ont testé avec de fines électrodes implantées dans le cerveau des souris, les réponses des neurones et ils ont pu montrer que les synapses répondaient d’autant mieux à des potentiels faibles qu’elles produisaient plus de protéine CREB, ce qui favorise la liaison entre neurones d’un même souvenir.
    En rendant les neurones sensibles à une lumière bleue, qui les active, ils ont pu réactiver des souvenirs et montrer que c’étaient les neurones les plus riches en CREB qui les supportaient.
    Ils ont également montré que lorsque deux souvenirs sont supportés en partie par des neurones communs, l’activation d’un des souvenirs entraine le rappel de l’autre souvenir. Mais au bout d’un certain temps (quelques jours), les souvenirs ont moins de chances d’être supportés par des neurones communs.
    Tout se passe comme si le premier souvenir augmentait la production de CREB, existant les neurones et les rendant plus aptes à la mémorisation. Si un deuxième souvenir arrive dans un temps pas trop éloigné, les mêmes neurones sont plus aptes à le mémoriser puisqu’ils sont en surproduction de CREB. Par contre cette surproduction s’arrêtant au bout d’un certain temps, le deuxième souvenir, s’il est éloigné dans le temps, imprime alors un autre groupe de neurones.
    Les chercheurs ont inactivé au laser les neurones communs à deux souvenirs : le rappel de l’un par l’autre ne se faisait plus. Ils ont rétabli leur fonctionnement en dotant les neurones de récepteurs sensibles à certains neurotransmetteurs et en excitant ces neurones avec ces produits. Le rappel d’un souvenir par l’autre a été rétabli.
    Ils ont également fait les mêmes études chez des souris âgées dont la mémoire était moins bonne, et ils ont constaté que leurs neurones produisaient moins de protéines CREB.
    S’il en est de même pour l’homme, on peut espérer pouvoir mettre au point des médicaments qui, augmentant la production de CREB par les neurones de l’hippocampe, permettrait de lutter contre les pertes de mémoire des personnes âgées.

    Nota : les souvenirs utilisés chez les souris sont des souvenirs de cages successives, où un traitement particulier leur est administré (nourriture, son, choc électrique…) et dont elles se souviennent.
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