Jeudi 23 juillet 2009 à 15:04

Notre personnalité

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    Les psychologues et les médecins avaient depuis longtemps remarqué que certains phénomènes échappent à la conscience .
    Freud a introduit une conception nouvelle de l'inconscient, car il y place à la fois un certain nombre de données, d'informations, de désirs tenus hors de la conscience, mais aussi l'ensemble des processus mentaux qui empêchent certaines données d'arriver à la conscience et permettent à d’autres données d'y accéder, processus comme le refoulement, les  pulsions, le désir et le plaisir de les satisfaire, mais aussi la possibilité d’y résister par conformité à des règles.
    Ainsi, Freud considère l'inconscient comme à l’origine de la plupart des phénomènes conscients de notre vie.

    Freud a organisé notre psychisme conscient et inconcient en trois entités, organisation qui est encore très utilisée en psychologie.

    Le “Ça” : présent dès la naissance, inaccessible à la conscience, réunit l’ensemble de nos instincts “d’animal”, nos tendances à des pulsions agressives ou sexuelles, de recherche de plaisir et de la satisfaction immédiate, c’est une conséquence de nos désirs refouléset de nos pulsions.
C’est quelque chose d’individuel, alors que CG Jung, à la même époque, préférait faire référence à un inconscient collectif, résultat de l'évolution au sein de notre civilisation dont les éléments étaient ce qu’il appelait des “archétypes” et n'avait pas de rapport avec le refoulement.
   
    Le “Moi” : en grande partie conscient, il cherche à rendre la vie sociale possible en acceptant les règle de la société, et en évitant les tensions trop fortes du monde extérieur, et en mettant en jeu des mécanismes de défense pour éviter les souffrances : refoulement, régression, rationalisation, etc. .
    Il ressemble à la “Persona”  que décrit CG Jung (cf. mes articles dans la catégorie “notre personnalité” du 3 janvier 2007)


    Le “Surmoi” : au cours de son enfance et de son adolescence, nous recevons de l’éducation de nos parents, de la société et de notre instruction,de nombreuses règles morales et de savoir-vivre à respecter.
    Dans notre adolescence et en devenant adulte, nous discutons et nous refusons ou nous acceptons ces règles morales ou sociétales en mettant en oeuvre le refoulement qui interdit certaines actions contraires à ces règles.
    Le Surmoi est en définitive l’ensemble des règles acceptées qu’il essaie d’imposer au “Moi”  et si celui-ci ne les respecte pas, il le punit en provoquant le remords et la culpabilité. C’st un “directeur de conscience”, un policier.   

    Les neurobiologistes ne mettent pas en cause cette organisation de notre psychisme, mais ils ont une conception un peu différente et beaucoup plus large de l’inconscient, liée à la mémoire, et surtout ils n’admettent pas la notion de refoulement, mais parlent de “blocage”. Pour eux le "ça" a un caractère biologique et génétique et donc à la fois individuel et collectif, lié à l'évolution.
    Ce sera le sujet de mon prochain article.


    Il en résulte aussi que les théories de Freud sur l’interprétation des rêves et le développement du psychisme des enfants, ne sont plus admises en neurobiologie. J’en parlerai dans les articles suivants.




Par Paskale le Jeudi 23 juillet 2009 à 16:04
Aucun désir n’est donc coupable alors... La faute incomberait au refoulement !
Par jazz le Jeudi 23 juillet 2009 à 17:37
un coucou en passant, Jean-Pierre
en espérant que tu vas bien
surement en terres celtico-Breizh en ce moment
un peu de bonne musiques celtiques en mon blog à découvrir sur les deux articles poster récemmnent "brian mc combe" puis sur davy spillane
bien amicalement et A+ de Emmanuel
Par mithys le Jeudi 23 juillet 2009 à 19:36
Dans une optique holistique,l'approche neurobiologique ne devrait-elle pas être élargie et tenir compte des observations psycho-neuro-physio-génético-éducatives ? Par exemple à propos du phénomène religieux : elles me paraissent en effet susceptibles de compléter et d'influencer son approche traditionnelle ( philosophique, métaphysique, anthropologique, ...).

Ainsi, comment interpréter neurologiquement le fait sociologique selon lequel la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers ? D’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l'exemple et la confiance envers les parents, ensuite par l’influence d'un milieu éducatif croyant, excluant toute alternative humaniste non aliénante. L'éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y étant totale.
Les neurosciences tendent, me semble-t-il, à confirmer cette imprégnation :

- Richard DAWKINS estime que la soumission est génétique : déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l'homme n'aurait jamais pu survivre si l'évolution n'avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … ).

- Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l'Université catholique de Louvain, a constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme) qu'en l'absence d'éducation religieuse, la foi n'apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l'âge adulte en dépend ( et donc l'aptitude à imaginer un "Père" protecteur, substitutif et anthropomorphique (cf Freud !), fût-il "authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre" ...).

- Des neurophysiologistes ont constaté que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, mais que les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker des souvenirs inconscients. Donc aussi les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. L'IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l'esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s'en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect, du moins dès qu'il est question de religion. Ce qui expliquerait l’imperméabilité des croyants à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l'impossibilité de remettre leur foi en question, sans doute pour ne pas se déstabiliser (cf le pasteur évangéliste Philippe HUBINON, à la RTBF : « S’il n’y a pas eu « Création », tout le reste s’écroule … ! » …

- La liberté de conscience et de religion, et en particulier celle de croire ou de ne pas croire serait plus effectives que symboliques si, après avoir inclus le principe de la laïcité dans la Constitution belge, l’on s’orientait enfin vers un système éducatif pluraliste proposant à tous une information minimale, progressive, objective et non prosélyte sur les différentes options religieuses ET sur les options laïques actuellement occultées. L’école compenserait ainsi l’influence familiale, certes légitime mais unilatérale et donc communautariste.

N'est-il pas logique et légitime dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l'éducation religieuse, bien qu'a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale ? Henri LABORIT a écrit : « Je suis effrayé par les automatismes qu'il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d'un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d'adulte, une chance exceptionnelle pour s'en détacher, s'il y parvient jamais.(...) Vous n'êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu'on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c'est une illusion, la liberté !".

Loin de vouloir simplifier ou réduire la complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des facteurs psycho-neuro-physio-génético-éducatifs, n'est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, …) par une approche neuroscientifique ? Bien qu'encore très partielle, elle vise en effet à mieux comprendre l'origine et la fréquente persistance de la foi et donc à permettre à chacun de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses ?

Certes les neurosciences ne démontrent pas l’inexistence de "Dieu" (aucune inexistence n’est démontrable), mais elles tendent à démontrer son existence imaginaire et donc illusoire.
Le droit de croire n’en restera pas moins légitime et respectable, a fortiori si cette option a été choisie plutôt qu’imposée.

Votre commentaire m'intéresserait vivement.
Je vous en remercie déjà.
Cordialement,

Michel THYS à Waterloo michelthys@base.be http://michel.thys.over-blog.org
Par Diary-Adventures le Jeudi 23 juillet 2009 à 21:08
Au moins c'est bien j'ai l'impression de revoir mon programme du second semestre ! Ah les joies de la psycho ! ^^ Pour généraliser, on dit souvent que le Moi correspond un peu à la balance entre le Ça et le Surmoi, l'équilibre qui nous permet de vivre partiellement normalement dans la vie de tous les jours. Freud a certes été... Démenti et contredit, mais néanmoins il a quand même posé certaines bases et à fait admettre l'existence de certaines choses extérieures à des maladies physiques. Et à l'époque c'était plutôt risqué de prétendre de telles choses. Mais j'avoue que certaines résolutions de cas sont un peu tirées par les cheveux comme par exemple le cas de l'homme aux loups ou celui de l'homme aux rats, idéal pour expliquer la contradiction amour/haine auquel chaque individu est soumis et confronté.
 

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