Jeudi 31 juillet 2014 à 8:13

Biologie, santé.

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    Une correspondante me demande ce que je pense de l’effet « placebo ». Un médicament qui ne soigne pas peut il avoir de l’effet.
    Je vais donc faire un article sur les effets « placebo » et « nocebo »


    Qu’est ce qu’un « placebo » ? : cela veut dire en latin « je plairai ».
    C’est un produit pharmacologiquement inactif, délivré lord d’un essai clinique.
    Pour tester un vrai médicament lors d'un essai, une partie des patients se voit administrer la vraie molécule active, une autre partie un placebo (simple mélange d'eau et de sucre par exemple).
    L'administration d'un placebo ne donne en théorie aucun résultat. Mais, dans la plupart des tests cliniques, médecins et chercheurs constatent un écart important entre l'effet nul attendu et l'effet thérapeutique réel. Des patients guérissent plus rapidement... bien qu'ils aient avalé ou se soient vus injecter une substance inerte !
    Environ 14 % des sujets sont sensibles à cet effet placebo de façon constante (sur un contexte particulier et 55% de façon intermittente (dans le même contexte). L'effet placebo a été observé à tous les âges de la vie. On ne note pas de différence sensible selon les sexes.
    Plus étonnant encore : on a observé l'effet placebo en médecine vétérinaire chez les animaux domestiques.
    L'efficacité du placebo dépend de la nature du patient et de sa maladie, ainsi que du rapport avec son médecin, ainsi que de la présentation du prétendu médicament.

    Il est évident que le placebo inactif ne peut tuer les microbes, pas plus que neutraliser un poison.
    Donc son effet ne peut être que psychique, soit que le psychisme soit en cause dans la maladie, soit que cet effet psychologique stimule la production par l’organisme du malade, de substances qui combatte la maladie.
    L’effet placebo est dont surtout effectif, pour les troubles psychiques et nerveux, pour lutter contre la douleur (sécrétion d’endorphines), troubles gastro-intestinaux, rhumes, allergie et asthme.
    Par contre l’effet placebo est très faible dans le cas de maladies microbienne, même s’il peut légèrement exciter les défenses immunitaires.
    Plusieurs facteurs font varier l'intensité de l’effet-placebo.
        - L’état d'esprit du malade joue un rôle important selon la nature de son attente, son degré de confiance voire de crédulité, son conformisme, sa volonté ou son espoir de guérir. Il semble par ailleurs qu’un gène prédispose à l’efficacité des placebos chez une personne : il régit la production de dopamine dans les centres de récompense.
            - Les relations du malade avec son médecin : l'effet placebo est d'autant plus prononcé que le praticien est engagé avec le malade, qu'il a bonne réputation, qu'il inspire confiance et se montre attentionné, et qu’il est optimiste.
            - La présentation du médicament, son coût et son mode d'administration (taille, forme, couleur, goût, fréquence d’administration, présentation et conditionnement…). Le vrai médicament et le faux doivent évidemment avoir la même présentation. L’effet placebo semble plus important avec des médicaments onéreux.
            - Le contexte de soins plus ou moins traumatisant (hôpital par exemple).
            - Et bien entendu l’information revue par le malade, tant des personnels soignants que de ses amis et connaissances, ou des rumeurs et croyances.

    Au plan cérébral, les études faites sur les placebo montrent que l’action se fait surtout, soit sur le système dopaminergique (circuit de récompense), soit sur le circuit de lutte contre la douleur avec libération d’endorphines. Il semble par ailleurs qu’un gène prédispose à l’efficacité des placebos chez une personne : il régit la production de dopamine dans les centres de récompense.
   
    Le placebo n'est pas efficace sur une seule prise,, mais, généralement, il a une action plus rapide que celle du médicament, et il peut aussi avoir des effets à long terme.
    Dans les expériences en cause, on ne mesure pas seulement le bien être du patient, mais de nombreux paramètres physiologiques.

    Chez l’animal l’effet est essentiellement fonction des relations animal maître et/ou vétérinaire.

    La communauté scientifique considère majoritairement que certaines médecines parallèles, comme l’homéopathie, relèvent principalement de l'effet placebo.

    A l’inverse du placebo, des substances inertes mais administrées dans un cadre médical peuvent aussi se révéler dangereuses : on parle alors d'un effet « nocebo ». (je déplairai).
    Les symptômes les plus souvent observés sont proches des effets secondaires des vrais médicaments : fatigue, somnolence, troubles gastro-intestinaux, mauxde tête, bouffées de chaleur, tremblements…
    Là encore, les effets étant psychiques, l'information dédramatisante au patient, l'accompagnement, l'empathie, la confiance vont diminuer cet effet nuisible. À l'inverse, l'inquiétude des soignants ou du malade et l'absence d'information augmentent les effets indésirables. Une personne très attentive aux effets négatifs d'un médicament, va donc risquer d'autant plus de percevoir de tels troubles.
    La peur de la douleur, suite à une mauvaise information, une rumeur ou des exagérations de proches, est souvent à l’origine d’un plus grand stress et d’une appréhension voire d’une douleur lors de l’acte médical (c’est souvent constaté en anesthésie).
    Ces effets psychologiques indésirables peuvent aussi se produire lors de la prise du vrai médicament et risquent d’en altérer l'efficacité thérapeutique ou d’entraîner l’arrêt du traitement par le malade.

   
Par Nuanda le Mercredi 6 août 2014 à 12:42
Pour les sceptiques (je pense à mon cher jack), en essais cliniques, pour tester des thérapeutiques vis-à-vis des ulcères duodénaux, on compte 30% de guérison sous placebo (et oui, un sur 3, c'est juste énooorme !!!).

D'où l'importance d'une bonne relation entre soignant et soigné, qui favorise l'effet placebo et renforce l'effet pharmacologique des médicaments prescrits :)


Dans l'autre sens, j'ai entendu parler d'un mec qui serait mort de froid, enfermé dans un frigo... éteint...
Par lancien le Jeudi 7 août 2014 à 8:09
Il est possible que le stress très important ait fait mourir ce pauvre homme enfermé dans la chambre frigo, mais ce n'est pas le froid, mais la peur. C'est effectivement une attitude vosine de l'autosuggestion.
 

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