Mercredi 11 avril 2012 à 7:49

Enseignement, école, fac

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             Non je ne vais pas vous dire qu'il faut aller voter et faire votre devoir électoral; je vais parler à nouveau de l'école.

           
  Il y a une dizaine de jours j'entendais des parents d'élèves s'insurger parce que leurs pauvres petits chéris qui étaient dans le primaire, avaient le soir en rentrant, une demi-heure de travail, d'une part pour apprendre quelques lignes de leçon, préparer une dictée ou faire quatre ou cinq opérations, histoire de revoir ce qu'on avait expliqué le matin ou l'après midi.
            Ces mêmes parents se plaignaient que leurs autres chérubins au collège avaient une heure de travail chaque soir pour faite un ou deux exercices er-t apprendre leurs leçons.
            Les pauvres enfants surchargés et fatigués !!
            C'est bizarre, mes enfants en avaient le double et n'étaient pas fatigués, et moi autrefois, j'en avais le triple et non seulement j'étais dispo, mais cela m'intéressait !!
            A vrai dire je crois que ce sont surtout les parents qui sont fatigués et qui n'ont pas envie d'aider leurs enfants à faire ces travaux, surtout s'ils ont un peu perdu le fil depuis leurs propres études. C'est vrai qu'on est fatigué le soir, en rentrant du travail, mais il n'est pas question de faire le travail à la place des enfants, mais seulement de vérifier qu'ils l'ont fait et au besoin de leur donner une explication s'ils n'ont pas compris (ou écouté ?) la leçon du jour.
 
            Et les parents de demander la suppression des devoirs et leçons à la maison !!
 
            Je me demande s'ils se rendent compte des conséquences !
            Déjà leurs enfants ont plus tendance à aller jouer sur leur ordinateur ou tchatcher sur internet qu'à travailler et beaucoup d'entre eux ne réussissent pas pleinement dans leurs études, uniquement faute de travail. Sans doute réussiront ils leur bac, dont le niveau a bien diminué, mais celui des études supérieures a beaucoup moins baissé et demande toujours une quantité de travail certaine, à laquelle leur progéniture ne sera pas habituée et risque de trainer lamentablement sur les bancs de la fac ou de se faire virer d'une classe de prépa.
            Je me demande aussi s'ils évaluent les connaissances de leurs enfants.
            Il m'arrive d'aider des jeunes dans leurs études, surtout en maths et en physique, et je suis effaré du niveau rencontré.
 
            A l'entrée en sixième, certains savent certes lire, mais je me demande s'ils comprennent bien le sens du texte, de la rédaction, ou de l'énoncé du problème. La plupart du temps ils savent à peine leurs tables de multiplication. Quant aux règles de proportions multiples (la bonne vieille règle de trois), ils cherchent désespérément à se rappeler ce que c'est et comment on l'applique. Je sais bien que leur ministre ne sait pas répondre à la question simplette : "si dix objets coûtent 22 euros, combien coûtent 15 objets ?" Alors .....
 
            A l'entrée au lycée, certains, qui n'ont sans doute pas fait assez d'opérations simples (multiplication et division avec des nombres décimaux), puis ensuite n'ont plus utilisé que la calculette, ne savent plus faire ces opérations élémentaires. Et on prend la calculette pour des opérations évidentes qui se font de tête multiplication par exemple par 2 ou par 5.
            Quant aux fractions, il vaut mieux ne pas en parler !!
 
            Au lycée, beaucoup ont tout oublié de l'enseignement au collège, ils ne connaissent plus les règles de divisibilité, ne savent pas faire trois lignes de calcul sans se tromper de signe, ni essayer de trouver une méthode si l'énoncé ne vous la donne pas.
            Ils n'apprennent pas les leçons et s'étonnent, ne sachant pas le cours, de ne pas savoir faire les exercices. Ils n'apprennent pas par coeur les formules de maths ou de physique, sous prétexte qu'il est autorisé de les avoir dans sa calculette, mais du coup mettent 5 minutes à les trouver, et ont oublié comment on s'en sert.
            Et surtout quand une expression est une partie de ces formules, ce qui permet de la transformer, ils ne la reconnaissent pas et sèchent donc sur la conduite à tenir, même simple.
            Et ne sachant pas les notions physiques qui accompagnent formules de physico-chimie, ils ne savent comment orienter la recherche pour faire leur exercice.
           
            Il n'y a pas de miracle. On devrait faire aux parents un petit cours sur le cerveau de leurs enfants.
             L'instruction c'est essentiellement apprentissage et mémorisation.
 Bien sûr cela demande concentration et attention, ce qui est déjà difficile aujourd'hui.
Mais cela demande surtout répétition et entraînement donc travail.
            Il ne suffit pas d'avoir à peu près compris le processus de multiplication ou division pour savoir le faire. Il faut en avoir fait quelques centaines pour que cela devienne automatique, et que le cortex frontal n'ai plus à réfléchir et laisse le cervelet mener l'opération. Et du coup, à force de les appliquer, on a retenu la table de multiplication, et on a acquis des ordres de grandeur, des intuitions pour faire plus vite les divisions.
            Réduire des fractions au même dénominateur, résoudre des équations du premier et du second degré, c'est tout simple et très mécanique, mais il faut l'avoir fait une bonne dizaine de fois pour que cela devienne un réflexe.
            Et si on a pris l'habitude de réfléchir et de faire quelques schémas dans l'espace à 3 dimensions, on finit par voir un peu dans l'espace et les équations de plans et de droites ne vous paraissent plus des énigmes.
            De même la théorie des graphes (le peu qu'on en fait en terminale) et l'embryon de statistique, seraient plutôt amusantes par les exercices concrets, si on avait appris les formules et ce qu'elles signifient. Evidemment si on ne les sait pas, on n'ira pas bien loin.
            Tout ce que nous retenons, mémoire, données, processus, découle du renforcement des connexions de neurones entre eux, à travers leurs axones, synapses et dendrites. Et ces connexions sont au départ labiles et instables et c'est la répétition qui va les renforcer et les rendre durables.
            SI je me souviens encore de la plupart des formules que j'ai apprises au lycée ou en prépa, alors qu'elles ne m'ont guère servi depuis, c'est que l'apprentissage et la mémorisation a été faite par de très nombreux exercices.
            On n'avait que très peu le temps d'en faire en classe. S'exercer c'était le soir dans sa chambre, devant son bureau (ou il n'y avait ni micro-ordinateur, ni télé, ni téléphone portable !), qu'on pouvait le faire.
 
            Et là je ne vous ai parlé que de sciences, mais en lettres c'est pire, car il faut beaucoup plus réfléchir, c'est moins automatique, moins logique, moins systématique. L'apprentissage est plus difficile et plus long.
 
            Supprimer devoir et leçons à la maison, c'est à mon avis faire des nuls, incapables de suivre ensuite un enseignement supérieur, des personnes qui auront tout oublié de ce qu'elles ont appris en classe, et qui auront omis de développer leur intelligence.
            Mais évidemment cela reposerait les parents qui pourraient mettre leur enfant devant le micro ou la télé, et là, ils savent se débrouiller seuls !!

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Par alyane le Mercredi 11 avril 2012 à 8:03
Quand j'entends les élèves se plaindre de leurs devoirs, je rigole surout au collège. Je sureille le niveau de français, quelquefois ca va et quelquefois c'est effroyable. Parait-il en fac, ils ne connaissent à peine la grammaire... Des exceptions existent?
Par coldtroll le Mercredi 11 avril 2012 à 12:45
tu as bien raison.
c'est fou ce que le rapport à l'enseignement a changé en... quoi ? 40 ans ?
les collégiens qui savent à peine lire et écrire (comme le grand de ma copine qui fait trois fautes à chaque mot) mais qui, cherchons l'erreur, ramènent systématiquement des notes comme 16/20 en français
faut savoir aussi que les maîtres et maîtresses de primaire qui donnent des devoirs aux enfants sont HORS LA LOI et ce depuis bien longtemps...
mais on préfère réformer l'enseignement pour que tout le monde puisse comprendre. même les cancres, même ceux qui n'ont pas envie de bosser, faisant du même coup de gamins intelligents de véritables ignares.
Par Origine le Jeudi 12 avril 2012 à 15:01
On peut voir ça comme ça, c'est vrai. Mais j'ajouterais 2-3 choses que j'ai remarquées quand j'étais en plein dans cette problématique...
Normalement, quelques exercices chez soi le soir ce n'est pas grand chose. Mais quand on a vécu toute une journée dans l'excitation générale, entre les histoires d'ados parfois très mouvementées, les représailles des profs au bord de la dépression parce que poussés à bout, et une méthode éducative qui ne peut plus suivre le mouvement, ça devient vite une montagne. La fatigue morale de la journée s'ajoute à la physique qui s'ajoute à la fatigue cérébrale pour celui qui a tenté de travailler malgré tout dans un vacarme assourdissant. Alors là où on pourrait trouver du repos mental en s'adonnant à un quelconque loisir, et bien non, il faut reprendre tous les cours, et bien souvent, plus que quelques simples exercices, faire une tonne de devoirs longs et compliqués parce que le prof se sera "vengé" de tant de "bordel" (il faut le dire) sur ses élèves. Voilà.
Je ne pense pas que la faute vienne des mômes, ou des adultes, je pense juste que beaucoup de choses ont changées très rapidement ces dernières années, et que continuer "comme avant" sur plusieurs plans ne peut pas fonctionner. L'ancien, tu parles d'ordinateurs, de télés etc... ce qui ne concernait pas les enfants à l'époque, et donc sans ça, je suppose qu'ils avaient d'autres activités, centres d'intérêts, et une motivation différente pour apprendre. La soif de découvrir autre chose. Maintenant que ça existe, et qu'"on" a donné tout ça aux enfants, ça change beaucoup de choses. Bref, c'est un vaste sujet mais je voulais simplement dire que, d'après mon vécu, ce n'est pas si facile que ça. Même celui qui veut travailler rencontrera de nombreux problèmes dans un système qui semble s'écrouler sur lui-même. Et ça me rend triste de voir tous ces jeunes fatigués et à qui l'on refourgue des médicaments pour calmer leur désordre intérieur, qu'ils ne parviennent pas à apprivoiser et que les adultes ne parviennent pas à apaiser. Une dernière chose, je suis totalement d'accord sur le fait qu'il faut cultiver la réflexion, mais je dirais plutôt la richesse intérieure, car quand j'en vois qui s'en sortent les doigts dans le nez en classes prépa mais qui à part ça sont incapables de réfléchir sur eux-mêmes ou d'avoir un semblant de personnalité... et d'autres qui galèrent en classe mais qui ont une créativité et un amour à toute épreuve, je sais où va mon intérêt !
Par Ebeth le Dimanche 15 avril 2012 à 15:41
Assez d'accord sur l'ensemble, après rien n'est noir ou blanc... Je suis plutôt du genre à penser que si je ne peux rien y changer alors je ne vais pas me fatiguer à m'énerver sur ce sujet. Ce que je pourrais faire c'est en effet faire en sorte que mes enfants ne soient pas comme ça..
Par Jean Champeaux le Vendredi 7 août 2020 à 12:19
Merci pour cet edito, je pense avoir incroyablement appris.
 

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