Samedi 6 décembre 2008 à 8:29

Tristesse, désespoir

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    Dans mon précédent article je disais que de petites causes ajoutées les unes aux autres, pouvaient engendrer la même détresse qu’un malheur important, et qu’aider ainsi mes “chiens perdus sans collier” était plus difficile, car il fallait d'abord arriver à comprendre avec eux les causes de leur désespoir. ou de leur mal-être.
    Mais je disais aussi que l’attitude que l’on pouvait avoir, face à l’adversité, était un facteur important de ce processus.
    
    Les jeunes qui ont ainsi un mal-être important présentent presque toutes, deux caractéristiques : elles n’ont pas confiance en elles et se sentent relativement isolées. Cet isolement peut d’ailleurs ne pas être évident, car souvent elles s’efforcent de paraître joyeuses avec ceux qui les entourent, arrivent à donner le change et leur solitude est en fait morale, sentimentale et “interieure”.

    Face à cette situation je rencontre souvent plusieurs types de réactions néfastes.


    Certaines vont, de la même façon qu’autrefois on écrivait son “journal intime” sur un cahier, confier leurs malheurs à un blog.
Ecrire ainsi soulage en général leur douleur. Mais ce blog, contrairement aux cahiers d’autrefois, est lu par les amis, et donc, on enjolive, on en rajoute, on joue un peu à la romancière.
    Le blog devient plus triste que la réalité, les malheurs que l’on raconte sont de plus en plus poignants, et se prenant au jeu, on finit par y croire. Bref c’est la boule de neige; on rajoute de la tristesse irréelle, mais qui augmente sa tristesse réelle et on glisse ainsi peu à peu vers le désespoir.

    Ce que peut faire l’écriture, la littérature et l’audiovisuel en sont capables : la mode est actuellement aux chansons, aux histoires et aux films tristes, qui décrivent toutes les horreurs de notre planête, prônent la souffrance, le sang, la mort.
    Il est certain que quelqu’un qui est déjà dans la tristesse, se sent dans un monde familier, et privilégie d’autant plus ces publications qu’elles sont dans le vent.
    Seulement à force de ne consommer que ce type d’information, on se retrouve plongé dans un univers où il n’y a plus que de la tristesse et du désespoir et dans une prison dont on ne touve plus la porte.

    Lorsque l’on n’a plus confiance en soi, on n’aime pas se mesurer aux autres, car on craint d’être perdant. Donc il ne faut pas ressembler aux autres pour que la comparaison ne soit pas possible. Il faut donc cultiver l’originalité.
    On va donc essayer de se créer une image propre, indépendemment de sa propre personnalité (et quelquefois même en contradiction avec elle), pourvu qu’elle nous démarque des autres et cela par nos comportements, nos propos, notre habillement, nos goûts artistiques ou littéraires, ou parfois par une attitude provocatrice ou distante.
    Le problème, c’est qu’en faisant cela, on s’éloigne des autres, on s’attire leur hostilité et l’on se fait mettre encore un peu plus à l’écart.
    C’est un cercle vicieux puisqu’on augmente ainsi sa solitude.

    Des attitudes telles que celles que je viens de décrire ont pour conséquence de vous isoler des autres, de vous plonger dans un monde irréel, dans lequel vous avez l’illusion d’être maître de votre destinée, de faire ce que vous voulez et donc d’y trouver cette confiance en vous, qui vous manque dans le monde réel.
    Le problème c’est que ce monde n’est plus la réalité où nous vivons, et que donc nous n’avons plus alors les “pieds sur terre”.

    
    Et comme le disait une de mes jeunes amies philosophe :
“ on l’aime bien notre petite dépression, qu’est-ce qu’on ferait sans ? Et puis la vie c’est plein de doutes, de peurs, de moments de tristesse, de dangers. On est si bien finalement dans notre petit cocon protecteur. “
   
    Alors on est loin de la réalité et on se sent perdu. Comme le décrivait de façon à la fois poétique, réaliste et imagée une de mes correspondantes :
“ Je suis dans une prison de verre dont j’ai perdu la clé !”

    Alors il faut en sortir un jour et ce n’est pas facile : je redonne la parole à ma jeune philosophe :

 “ ...Sauf que tout ça c’est du pipeau. Et un jour, faut bien s’en rendre compte. Ce jour-là, il faut se prendre en main et décider une bonne fois pour toutes que la souffrance, c’est fini. Alors il faut se faire confiance, et il faut s’insérer à nouveau dans la vie, faire du sport, sortir, voir ses amis, retrouver sa confiance en soi, se pardonner nos nos erreurs et, tel le phénix, renaître de nos cendres...”
Par Heart.Of.St0ne le Samedi 6 décembre 2008 à 9:00
pour s'en "sortir" il faudrait déjà savoir pourquoi le faire ...
Par Shadow-diary le Samedi 6 décembre 2008 à 9:44
Tout à fait d'accord avec Heart.
Pour répondre à votre commentaire, il ne faut pas toujours prendre mes articles à la lettre. Certains reflètent réellement ce que je pense, d'autres pas du tout. En l'occurence l'article auquel vous avez laissé un commentaire hier fait partie de cette deuxieme catégorie.
Cependant, il est vrai que je reste une éternelle mélancolique dans mes écrits. A vrai dire, j'ai toujours eu du mal à écrire quelque chose d'assez joyeux. Mon inspiration vient en grande partie des maux de tous les jours. Il ne faut pas non plus faire une généralité, tous les jeunes ne sont pas les mêmes.
Néanmoins, je vous remercie pour votre visite.
Très bonne continuation =)
Par lancien le Samedi 6 décembre 2008 à 9:59
Je voudrais répondre à toutes deux. C'est vrai que parfois on broie du noir, qu'on ne sait plus pourquoi on est là à faire souvent des choses qui ne vous plaisent pas. Mais justement il faut renouer avec l'espoir. Rien n'est jamais impossible, même s'en sortir du plus profond des abîmes. J'en donnerai des exemples dans mon prochain article.Tu me poses la question "pourquoi s'en sortir. Mais d'abord pour soi même; pour ne pas rester dans cette m... pour avoir aussi des instants de bonheur, pour connaître l'amour, pour avoir été capable de le faire, pour les parents, les amis, les copains, en un mot pour vivre une vie correcte à la place d'un calvaire.
Quand on est malade on a envie de guérir et d'être en bonne santé. Là ce doit être pareil. Et on y arrive, au besoin en se faisant aider !
Par Heart.Of.St0ne le Samedi 6 décembre 2008 à 10:19
c'est pas vraiment la vie en elle même qui fait que vlà on se sent pas bien (enfin j'devrais dire je.. ) c'est plutôt ce qu'on en fait .. j'ai des moments bien même très bien ça je peux pas l'nier une ptite amie des amis de la famille.. c'est juste une envie d'autre chose, qui n'a rien à voir avec eux hein .. je sais pas comment dire .. juste envie de vivre mais pas comme ça ..pas avec boulot et tout et tout .. faut juste sauter l'pas oser n'plus être timide .. pour par exemple s'inscrire dans une association ou quoi .. je le sais ... maintenant faut juste l'appliquer fin bref
je raconte ma vie m'enfin pardon :s
Par Maybe.Be le Samedi 6 décembre 2008 à 10:52
Ouaip... Il faut reprendre confiance en soi pour s'en sortir de cette tristesse... Mais c'est pas toujours [pas souvent même] évident... Fin voilà... Généralement c'est avec les autres [amis - famille ou quoi ] que l'on peut le faire. Alors je crois que ouaip... C'est des deux qu'il faut... De la volonté ça c'est sûr... Mais aussi la présence de personnes autour de soi... Ca peut paraitre égoïste... Mais c'est vrai que c'est encore ce qui aide le plus... Fin j'parle peut-être pour moi mais bon... Il faut y croire quoi... Mais je crois qu'une fois qu'on s'en est réellement sorti[e], on en sort que plus fort... Fin après j'sais pas... Ce n'est que mon avis mais v'là....
Par JazzyScoop le Samedi 6 décembre 2008 à 11:29
Je connaissais quelqu'un qui aimait tellement sa déprime qu'elle s'en inventait clairement des problèmes ou qu'elle s'arrangeait pour avoir des problèmes de manière à pouvoir se complaindre dans son malheur ! Enfin dans son cas à elle je pense surtout que c'était pour attirer la pitié des autres ce qui est dommage. Mais bon on ne refera pas les gens. En tout cas j'aime bien comment tu décris ce cercle vicieux décrit ici, d'un côté tout nous encourage à déprimer. Mais il suffit de prendre conscience que de toutes petites choses peuvent nous faire renaître et nous donner de l'espoir, c'est parfois ce qui nous empêche de sombrer. Et heureusement d'ailleurs sinon on vivrait dans un monde où tout le monde déprimerait ce serait loin d'être joyeux ! ^^ Il y a pourtant tant de belles choses qui valent la peine d'être vu d'un autre point de vue que celui du noir et du désespoir. Même si c'est dur à croire, ce monde est beau et vaut le coup d'être vu !
Par maud96 le Samedi 6 décembre 2008 à 12:20
La vraie souffrance, celle qui a des causes génétiques avérées et provoqué des passages répétés à l'hôpital pour modifications et ammodiations organiques par chirurgie, ou celle, plus psychologique qu'organique, qui a mené à scarifications, T.S. et psychothérapies "lourdes", cette souffrance-là, vraie et pas "simulée", parce qu'elle a été vécu comme incomprise, au sein d'une classe de lycée ou même en famille, se CACHE souvent.
Dans un blog qui veut CACHER ce MAL-ETRE, elle mène parfois à une sorte de surcompensation en termes soit d'articles à teneur très "objective", sur tel ou tel thème, soit d'expression artistique "forcenée" exhalant, si on gratte, la douleur derrière musiques, choix d'objets culturels, ou essais graphiques.
Il est des blogs qui laissent éclater la souffrance, d'autres font exprès de la gommer. Blogs pour OUBLIER... ou PUDEUR de la souffrance. En écrivant ceci, je pense à des blogs précis, présents sur Cow depuis 2 ans et plus...
Par lagrandemymy le Samedi 6 décembre 2008 à 12:39
"Le blog devient plus triste que la réalité, les malheurs que l’on raconte sont de plus en plus poignants, et se prenant au jeu, on finit par y croire. Bref c’est la boule de neige; on rajoute de la tristesse irréelle, mais qui augmente sa tristesse réelle et on glisse ainsi peu à peu vers le désespoir."

Je pense qu'il faut nuancer ton propos quand maud dit "Il est des blogs qui laissent éclater la souffrance", justement, laisser éclater la souffrance, l'enjoliver même, de manière littéraire, peut être une manière de la relativiser, de l'analyser et de se dire qu'il y a toujours quelque chose après. C'est mon cas je pense donc que ce que je dis ne peut pas être totalement faux ^^
Par imparfaiite le Samedi 6 décembre 2008 à 14:34
Je suis tout à fait d'accord avec ce que vous avez dis.
J'ai été comme cela, à m'isoler dans ma tristesse mon malheur, souffrir mais y prendre goût, je n'écrivais pas sur un blog mais sur un tas de feuilles de classeur. Le malheur est beaucoup plus facile à gérer, à retenir et dans un monde où on nous matraque de "Tout va mal", cela l'est d'autant plus.
Il est tellement facile, par un blog, de continuer à s'isoler dans une solitude, dans un désespoir à travers un article que 'lon a écrit. Un article que l'on aura enjolivé mais qui après coup, deviendra vérité générale.
Il y a aussi des moments où on écrit que l'on est mal; pour avoir le regard des autres.
Je pense que la maturité m'a éloigné tout cela.
Tout cela n'est qu'une histoire de rapport à la réalité. Il fut apprendre à entrevoir puis vivre avec la réalité des choses. Mais avec toute la réalité c'est à dire la malheur mais aussi et surtout avec le bonheur. Renouer avec l'espoir, avec la vie. Alors maintenant, je suis peut être trop optimiste au quotidien. Mais tout cela se régulera avec la maturité, je pense.

Merci beaucoup pour vos commentaires, c'est vraiment gentil de votre part !
Par littlestarintheskin le Dimanche 7 décembre 2008 à 10:39
s'en sortir, il y a le dire et il y a le faire. Quand nous sommes perdues, quand rien n'eclaire nos vies, quand tout s'enchainent alors perfois l'nevie nous prend de ne pas nous en sortir, de se laisser aller comme la vie va, comme la vie vient...
 

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