Lundi 6 décembre 2010 à 8:15

Relations avec nos parents, famille

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    J’ai souvent parlé dans mes articles des relations avec les parents et de la nécessité de certaines règles en société car, sans interdits, la vie en société serait impossible. C'est pourquoi les enfants doivent acquérir cette notion, ainsi que la capacité de s'y conformer.
    J’ai aussi consacré plusieurs articles à "l’apprentissage” des enfants et les mécanismes cérébraux correspondants

    D'après une étude réalisée par David Forman et ses collègues de l'Université du Minnesota, tous les enfants n'auraient pas la même capacité d'apprentissage des interdits : la capacité d'un enfant de quatre ans à obéir à une interdiction dépendrait de sa capacité à imiter les gestes de ses parents à l'âge de deux ans.
    Cela paraît bizarre à priori, mais ce n’est pas en contradiction avec ce que disent les scientifiques sur l’apprentissage.
    Pour participer à l'expérience de D. Forman, des mères devaient réaliser des gestes simples devant leurs enfants de deux ans et les inciter à répéter ces gestes. Il s'agissait par exemple de ranger des jouets, d’habiller une poupée ou une peluche, ou de verser de l'eau dans un verre. Certains enfants reproduisaient le geste avec précision et même enthousiasme. D’autres étaient peu enclins à imiter.
    Deux ans plus tard, les mêmes enfants ont été placés devant des jouets posés sur une table, avec interdiction d'y toucher. Certains respectaient l'interdiction, d'autres la bravaient. Les enfants obéissants étaient ceux qui, deux ans plus tôt, s'étaient prêtés au jeu de l'imitation.
    Puis, les enfants étaient placés devant une boîte opaque. Ils devaient deviner quel animal y était caché. C'était impossible, à moins de tricher et d'ouvrir la boîte. En l'absence (voulue) de l'expérimentateur, certains enfants ont ouvert la boite pour regarder secrètement ce qu'elle contenait. Ces transgresseurs étaient les mauvais imitateurs de l'expérience réalisée deux ans plus tôt.
    Pourquoi désobéissent-ils davantage ? Une troisième expérience a révélé qu'ils sont moins sensibles à la culpabilité.Si on leur donne un objet précieux en leur recommandant de ne pas l'abîmer, et si l'objet se casse entre leurs mains, (on fait en sorte qu'il soit fragile), ils n'en éprouvent guère de remords. Au contraire, les bons imitateurs sont mortifiés par la dégradation de l'objet, même s'ils n'y sont pour rien.

    Quel est le lien entre l'imitation, le respect des interdits et le sentiment de culpabilité ?
    Aucune explication n'est à ce jour acquise. Quelques hypothèses sont avancées. Le comportement d'imitation se manifeste très tôt : dès l’âge de quelques mois, le nourrisson observe les mouvements du visage de sa mère et cherche à les reproduire.
    Une catégorie particulière de ses neurones, les neurones miroirs, copie l'activité cérébrale qui commande, chez la mère, le mouvement du visage et permet à l’enfant de les imiter.
    Plus tard, l'enfant utilisera ces neurones pour détecter les intentions d'autrui : si son père tend la main vers une étagère pour y saisir un pot de confiture, les neurones miroirs de son cortex prémoteur reproduisent l'activité correspondant à la préparation du geste de son père. Quand il verra son père reproduire ce geste, il saura qu'il s'apprête à prendre la confiture : il a connaissance de son intention. Il apprendra ensuite que cela peut être aussi un objet autre et moins intéressant pour lui même qu’un pot de confiture.!
    Un enfant bon imitateur est un enfant qui fait donc beaucoup fonctionner ses neurones miroirs,et qui a vraisemblablement des capacités supérieures d'identification des intentions d'autrui.
    Les psychologues considèrent que la connaissance de ses propres intentions se construit à partir de l'observation des intentions de l'autre.
    Un enfant placé en situation de choix entre le respect et la transgression d'un interdit forme une intention avant de passer à l'acte ou de s'abstenir.
    S'il a été éduqué pour repérer ses propres intentions et pour leur attribuer une valeur négative lorsqu'elles vont à l'encontre d'un interdit, il peut s'empêcher d'agir. S'il n'a pas subi cet entrainement, il sera moins sensible à ce qui se prépare en lui, et passera à l'acte.
    Le sentiment de culpabilité procède de cette même logique: l'enfant qui voit se briser entre ses mains l'objet qu'on lui confie craint que ce geste ne soit pris pour intentionnel.
    Un enfant peu sensible à ses propres intentions ne peut pas former le sentiment de culpabilité. Le sentiment de culpabilité suppose l'intentionnalité, fondée sur les neurones miroirs et l'imitation.
    On ignore si la capacité d'imitation précoce est innée ou si elle se forme peu à peu, au contact des parents. Si cette seconde hypothèse était avérée, le contact entre enfant et parents, les jeux et les activités communes, la qualité du temps passé ensemble visant à créer une complicité par l'imitation, seraient déterminants pour tenir le futur adulte à l'écart des conduites de transgression.

Nota : j'ai pu à nouveau importer une image, mais en utilisant un répertoire particulier de classement : le répertoire général "parent" ne fonctionne toujours pas; c'est tout de même un grand mieux; merci l'équipe de cow et notamment Darkmoon.
   
Par AUGREDUVENT le Lundi 20 décembre 2010 à 14:12
Beaucoup d'adultes se plaignent que les jeunes leur manquent de respect.
Je ne reviendrai pas sur ces nombreux exemples.
Par contre, je remarque des signes de respect :
*quand ils trouvent que quelqu'un a fait quelque chose de formidable, c'est le premier mot qu'ils disent : "RESPECT"
*quand, par fatigue ou par distraction, on lâche des mots qui blessent ("j'en ai marre de me bouger pour une bande de gogoles", "vos gueules !", "t'es idiot ou quoi?"), c'est ce qui ressort en premier : "de quel droit vous nous manquez de respect?"
*quand un autre insulte leur mère, c'est ce qui fait le plus mal, car ils ne supportent pas l'irrespect de leurs parents
*j'ai compris que souvent, quand un ado crie "va te faire foutre", il ne le dit pas à la personne qu'il a en face de lui, il le dit au monde entier ; il ne veut pas vous manquer de respect à vous en particulier, non, il veut hurler son mal-être, et... quand quelqu'un a mal, il faut l'aider et non le juger.
Marie
Par Brandon le Lundi 6 décembre 2021 à 0:45
 

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