Samedi 24 janvier 2015 à 8:08

Actualité

     Ma grand mère, quand j’étais jeune, me disait « avant de parler, tourne sept fois ta langue dans ta bouche, cela t’évitera de dire des âneries ! »
    Les journalistes, bien qu’ayant des diplômes à au moins bac + 5, devraient suivre ce conseil au lieu de chercher le sensationnel et de dire n’importe quoi. Certains semblent ne plus ni réfléchir ni avoir du bon sens, cette logique instinctive qui nous évite de croire à n’importe quoi, et qu’avaient nos grands parents, même s’ils étaient bien moins instruits.
    J’avais appris autrefois, qu’une corrélation entre deux phénomènes ne voulait pas dire que l’un était la cause de l’autre.
    Notre prof de maths de terminale avait pris les courbes des dépenses de chaufafge et de la mortalité des vieillards en fonction des jours d’hiver, et les courbes se ressemblaient. On avait alors fait un calcul du coefficient de corrélation entre les deux variables aléatoires et elle était forte : 0,7. Alors le prof nous avait dit « si plus on dépense de chauffage, plus les vieux meurent, donc pour qu’ils ne meurent pas, il ne faut pas les chauffer !». Bien sûr cela avait choqué notre bon sens.
    Effectivement cela résultait que l’on supposait alors une relation de cause à effet absurde. Les deux phénomènes avaient sans doute des causes communes, le froid de l’hiver par exemple.
    Mais les journalistes semblent ignorer ce principe.

    La société Celtipharm, qui analyse en temps réel en région parisienne, les ventes de 4800 pharmacies  dites représentatives a constaté une augmentation ces derniers 15 jours, de 18,2 % des ventes de boîtes d'anxiolytiques ou somnifères.
    Et tous les journaux de renchérir : Les ventes d'anxiolytiques et de somnifères ont augmenté de 18,2% depuis les attaques à Charlie Hebdo.

 Le « Figaro santé » se pose la question : « Les Français, qui se sont levés en masse après les attentats, sont-ils à ce point affectés qu'ils ont besoin de béquilles chimiques pour passer le cap? », et sa psychiatre attitrée de commenter et d’expliquer ce phénomène. Quant au Point, il écrit « Les Français ne sont pas seulement en proie à une hystérie collective qui les pousse à acheter en masse, et dès les premières heures du jour, le "numéro des survivants" de Charlie Hebdo. Depuis les attentats de Paris, Montrouge et Vincennes, ils souffriraient massivement de troubles du sommeil et de réactions d’anxiété ». Et bien sûr la télé a relayé l’information.
    Peut être qu’avant de se précipiter pour raconter n’importe quoi, auraient ils pu regarder les consommations des autres années , à la même époque, et également examiner les consommations sur de plus longues périodes.
    En fait la ruée vers les pharmacie que l’on nous annonçait, n’a pas eu lieu.
    L'Ordre des pharmaciens, qui a examiné ces chiffres, indique que l'augmentation de 2015 est comparable à l'augmentation de 2014, et qu’il s'agit d'un phénomène cyclique, qu'on peut observer chaque année à la même période -en janvier-, lorsque les ventes augmentent après la période des fêtes, pendant lesquelles on va moins chez les médecins et pharmaciens et, de plus cette année, les médecins étaient en grève.
    Suite à ce démenti, David Syr, directeur des études à Celtipharm, a reconnu hier, au journal télévisé, que le lien de causalité entre les attentats et l'augmentation des ventes d'anxiolytique était effectivement faux,

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/consoanxiolytiques.jpg

    On reproche actuellement beaucoup aux jeunes de croire n’importe quoi, mais à qui la faute ? Mais on leur raconte n’importe quoi  et ni les parents, ni les instituteurs, ni les professeurs ne leur apprennent plus le bon sens, la logique et l’esprit critique : ce n’est plus au programme !
    Ma grand mère me disait aussi autrefois « quand tu veux dire ou écrire pour donner un  avis, commence par te demander ce que tu veux dire, à qui tu veux le dire, comment tu vas le faire, ce que vont vraiment comprendre ceux à qui tu t’adresses, et quelles vont être leurs réactions ». Si elle était encore vivante, et bien que ses études se soient arrêtées au brevet élémentaire, (mais à l’époque c’était suffisant pour passer le concours d’instit, et ils étaient au moins aussi performants qu’aujourd’hui !), on devrait l’envoyer faire des cours dans les écoles de journalisme.
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