Jeudi 6 février 2014 à 8:08

Inné et acquit

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    Un article que j’ai lu récemment dans la presse, m’inquiète.
    Il s’agit d’un jeune prodige chinois Zhao Bowen, qui a arrêté ses études avant la fac, à 17 ans, mais il avait été en stage dans un laboratoire qui séquençait les gênes du concombre.
    Il a été alors embauché par l’institut de biotechnologie à ShenZhen, près de HongKong, qui est le plus grand laboratoire de biotechnologie du monde.
    Il appris sur le tas son métier, mais aussi dans les livres et au contact des chercheurs.
    Zhao Bowen, qui a maintenant 21 ans est " Directeur du centre de génomique cognitive" - un labo doté d'un budget de plusieurs millions de dollars, dont la mission est de séquencer le génome de petits prodiges dans son genre, afin de trouver les racines génétiques du génie.
    Il avait commencé cette étude avec une bourse de l’Etat de 620 000 € en étudiant les génomes d’élèves de son ancien lycée.
    Maintenant à la tête d'une équipe de plusieurs centaines de jeunes chercheurs, il étudie les génomes de jumeaux, d’enfants adoptés, d’enfants de parents riches et pauvres, mais à une condition : qu’ils aient plus de 160 de QI. Il a testé plus de 2500 jeunes génies chinois.
    Personne d'autre ne dispose d'un tel échantillon, et personne n'a jamais fait un tel travail. Zhao Bowen déclare que « Il nous reste à comparer ces génomes hors du commun avec un groupe témoin de personnes choisies au hasard. Nous sommes sûrs qu'avec assez de matière nous trouverons au moins une partie des gènes qui agissent sur le QI » et d’après lui, 50% du QI serait dû à la génétique, le reste à l’instruction.

    Wang Jian, le patron du BGI, est convaincu que cette recherche débouchera rapidement sur un test génétique. Il permettra aux couples qui ont recours à la fécondation in vitro de sélectionner les embryons les plus " intelligents " ! Sur le long terme, le niveau de QI de la population générale s'en trouverait amélioré.
    Le génome, plaide-t-il avec conviction, est bien plus qu'un dépôt de traits hérités. C'est un système opérationnel qui contrôle le fonctionnement de nos cellules, de notre cerveau et de tout notre organisme. "Comprendre le génie n'est qu'un point de départ. Le but, c'est d'arriver à comprendre notre fonctionnement "normal", à trouver notre "code-source". Nous pourrons alors mieux comprendre des dysfonctionnements comme l'autisme ou la schizophrénie."

    En Chine, où les débats éthiques sont rares, ces propos ne déclenchent aucune polémique, comme le montre cette phrase de Bowen « Aujourd'hui, nous avons un outil formidable qui peut faire faire un bond à nos connaissances. Et il faudrait ne pas s'en servir ? »
    Bien sûr de telles études peuvent avoir des retombées importantes en matière de médecine et de psychiatrie.
    Mais que l’on parle d’abord de sélection d’embryons me gpene beaucoup. Je pense aux nazis de la dernière guerre et aux génocides qu’ils ont partiqués au nom de la sélection des « ariens ». Effectivement cela pourrait aboutir à ne réserver les études supérieures qu’aux enfants qui ont de « bons gènes », et à sélectionner dans les premières semaines les foetus pour n’en garder que les « intelligents ».

    Cela dit, je ne suis pas sûr que ce jeune prodige aboutisse à des résultats exploitables, parce que trouver les variants génétiques de l'intelligence revient à chercher une aiguille dans une botte de foin !.
    Si vous avez lu mes articles du sur l’ADN des 4,5,et 6 juillet 2010, vous vous rappelez qu’il a une structure en hélice, les barreaux de l’hélice sont composés par es « bases puriques », qui ne sont qu’au nombre de 4 ( A, C, G, T),et c’est la succession de ces bases qui constitue notre génome, responsable de notre hérédité.
    Mais dans ces séquences seules quelques séquences sont « utiles » les autres constituant l’ADN dormant, dont le rôle en épigénétique est certain mais est très mal connu (il sert à empêcher ou favoriser l’expression des gênes actifs). Un gêne contient quelques dizaines de milliers de bases. Et dans le génome humain, il y a de l’ordre de 3 milliards de bases.
    Comme le rappelle le neurologue de l'Inserm Alexis Brice, directeur de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière :
« on compte une variation toutes les 100 à 300 paires de bases en moyenne. Le génome humain en possédant un peu plus de 3 milliards, cela donne entre 10 et 30 millions de variations d'un homme à un autre, dont la plupart sont sans effet biologique…. Quant à celles qui ne sont pas neutres, elles ont chacune, prise isolément, un effet minime : c'est l'accumulation de tous ces effets infimes qui, in fine, fait la différence. Il n'en sera que plus difficile d'isoler tous les gènes impliqués de près ou de loin dans les facultés intellectuelles, parmi les quelque 25.000 que compte le génome humain ».
Par alyane le Jeudi 6 février 2014 à 10:33
Il me semble que j'ai déjà lu cet article.
Par maud96 le Jeudi 6 février 2014 à 22:43
Inquétant en effet : la préparation d'un eugénisme à grande échelle ?
Par MissPa le Vendredi 7 février 2014 à 16:58
Ca me rappelle de manière inquiétante le scénario de "Bienvenue à Gattaca". Je n'ai pas vu ce film mais on m'en a beaucoup parlé et j'ai bien envie de le regarder... Ca parle justement d'un monde où les gens issus d'embryons "sélectionnés" occupent les hautes places de la société tandis que les autres, y compris leurs frères ou sœurs, s'occupent des taches ingrates et ce quelles que soient leurs capacités.
 

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