Mardi 17 mai 2011 à 7:40

Notre cerveau : intelligence; langage

  Les psychologues et les neurobiologistes s’intéressent toujours beaucoup à la façon dont les hommes prennent leurs décisions.
    La plupart du temps les conclusions mettent en valeur la réflexion logique, qui compare les solutions possibles, leurs avantages et leurs risques et qui fait évidemment appel à l’expérience et donc à la mémoire.
    Je viens de lire le résumé d’une étude qui se différencie des autres car elle affirme le contraire !!


    Vous savez que dans le cerveau, l’hippocampe est le “professeur de la mémoire”, c’est à dire que c’est par ce centre que passent les informations à mémoriser et la recherche d’informations en provenance de la mémoire, que demande le cortex frontal qui réfléchit.
    À l'Université du Colorado, Michael Frank et ses collègues ont administré à des volontaires une substance qui inhibe le fonctionnement de l'hippocampe.
    Les personnes testées ont fait preuve d'une bien meilleure intuition dans des situations de prise de décision rapide, mais par contre, ont eu des pertes transitoires de mémoire...
    Quand on doit prendre une décision très rapide, sans avoir le temps de rassembler des données ou de faire des essais, on ne dispose que de quelques renseignements, et c’est  un vrai casse-tête pour les circuits logiques pour le cortex frontal qui réfléchit logiquement.
    Ce genre de situations ne l'est peut-être pas pour d'autres structures cérébrales que les neurobiologistes nomment centres neurocoputationnels profonds. Il s'agit d'un ensemble de noyaux cérébraux nommés ganglions de la base (le noyau caudé, le putamen, le pallidum et la substance noire). Reliés par des connexions complexes, ils sont sensibles aux données fragmentaires.
    Pour ceux qui veulent plus de détails, vous trouverez ci dessous des schémas de leur implantation dans le cerveau :
        - le striatum composé du noyau caudé et du putamen,   
        - le pallidum, appelé aussi globus pallidus,
        - le noyau sous-thalamique,
        - la substance noire ou locus niger,

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/ganglionsbase.jpg
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/noyaubasecoupe.jpg
   















    Ces centres participent aussi à la commande de nos mouvements et notamment des mouvements oculaires liés à la vision.
Reliés par des connexions complexes, ils sont sensibles aux données fragmentaires.
    Mais nous avons le plus souvent tendance à utiliser le couple cortex frontal / hippocampe, habitué à manipuler explicitement les concepts et à garder des informations en mémoire pour mieux les traiter selon des schémas logiques.

       
    C'est pourquoi l'équipe de chercheurs américains a mis cet hippocampe hors service pendant quelques minutes à l'aide du midazolam, une benzodiazépine connue pour son action ciblée sur cette zone du cerveau. (Comme presque toutes les benzodiazépines, le midazolam est un anxiolytique, sédatif et myorelaxant, mais il a des propriétés anti-convulsivantes, amnésiantes et hypnotiques et est utilisé en anesthésie, en réanimation et dans le cas d’épilepsie).
    Comme l'hippocampe est un relais important de la mémoire, les volontaires ont connu des pertes de mémoire pendant la durée de l'expérience, se montrant notamment moins capables de mémoriser les nouveaux visages qu'on leur présentait. Mais cela ne les a pas empêchés de prendre de bonnes décisions.

   
Cela dit, il n’est pas question de doper son pouvoir de décision avec des benzodiazépines, dont l’usage est loin d'être anodin et doit être précisément dosé.. Outre une certaine forme d'amnésie, le midazolam peut entraîner un état d'excitation, une détresse respiratoire, une tachycardie et une hypotension artérielle.
   
Mais ces études révèlent l'existence de deux systèmes cérébraux concurrents  pour prendre des décisions : le circuit classique cortex frontal / hippocampe et un autre où interviennent les ganglions de la base. Avec le second, l'intuition l'emporte sur l'analyse rigoureuse de toutes les données.
Par alyane le Mardi 17 mai 2011 à 8:41
Bientôt, on pourra expliquer l'intuition.
Par with-the-light-out le Mardi 17 mai 2011 à 8:52
Tu viens de me perturber dans la préparation de ma soutenance ! Je reviens ce soir quand j'aurais le temps d'aller vérifier mes cours sur le cortex frontal, tu me mets des doutes :)

( oui c'était un commentaire pour rien )
Par maud96 le Mardi 17 mai 2011 à 18:57
De savoir que c'est grâce à la "substance noire" de mon cerveau que je risque de "tomber" amoureuse, me rend aussi triste que de savoir que dans le ciel, les étoiles sont concurrencées par des "trous noirs" qui les aspirent et les font disparaître. Notre monde est décidément plein de choses étranges :)
Par poochaiktop le Lundi 13 mai 2013 à 10:43
Slt! Je suis dans un labo et je fais des recherches sur la prise de décision et je suis tombée sur ton article. Est-ce que tu pourrais me donner la référence de cet article stp?
Merci
Par lancien le Mardi 21 mai 2013 à 18:38
Malheureusement tu ne m'a laissé aucune adresse pour te répondre et tu n'as pas de blog répondant à ton pseudo. L'article était "When Memory Fails, Intuition Reigns:Midazolam Enhances Implicit Inference in Humans" de Michael Frank; on le trouve sur internet et si tu me donnes une daresse je peux t'en envoyer une copie pdf
 

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