Jeudi 22 août 2013 à 8:33

Vivre sa vie

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/internetaddiction2.jpg

             J'ai lu une analyse faite par Christophe André, psychiatre de l'hôpital Saint Anne à Paris, d'un livre d'un canadien, Joël Bakan, professeur de droit à l'Université de Colombie Britannique, qui me paraît particulièrement intéressant et significatif de notre époque, et très bien documenté, intitulé " Nos enfants ne sont pas à vendre; comment les protéger du marketing".
            Je résume cette analyse :
 
            Ce livre montre comment les entreprises commercialisent des produits dangereux pour les enfants et interviennent auprès des médecins pour vendre préférentiellement certains médicaments (pas forcément les meilleurs), l'influence néfaste des ordinateurs, télévision, téléphones portables, devant lesquels les enfants passent aux USA, deux fois plus de temps qu'à l'école, et les méthodes utilisées par les sociétés créatrices de jeux vidéo, pour rende les jeunes accrocs à ces jeux. De même pour les réseaux sociaux.
            L'auteur décrit comment les réseaux sociaux et Google notamment, analysent en permanence tous les sites visités et pourquoi, afin de vendre cette information aux services de marketing, ce qui permet de faire rentrer suffisamment de ressources pour que l'accès à ces réseaux soit gratuit.
 
            Il dénonce la violence, voire l'immoralité de beaucoup de ces jeux pour adolescents, et le fait que les concepteurs se servent de données psychologiques pour rendre les joueurs plus dépendants, en "distribuant des récompenses et des punitions", si les joueurs jouent suffisamment ou pas assez, sous forme de gain de points, de changement de niveau ou au contraire de pénalités, ceci de façon intermittente et sans possibilité de savoir quand et pourquoi, pour que ce ne soit pas prévisible, ce qui évidemment incite à jouer davantage, car on attend toujours la récompense (comme les joueurs au casino).
            Evidemment, les firmes en cause, se gardent bien d'ébruiter leur méthodes vis à vis du public, qui, pour être plus vulnérable, doit ignorer ces méthodes.
            Il semblerait que les ingénieurs de la "Silicon Vallée", qui sont souvent à l'origine de ces logiciels, bannissent peu à peu les écrans des écoles de leurs propres enfants, car ils considèrent qu'ils ne sont pas indispensables à la pédagogie, et qu'ils sont plutôt nuisibles aux jeunes, instaurant des addictions, qui empêchent ensuite l'enfant de travailler suffisamment.
 
            L'auteur pense que les chercheurs en psychologie et notamment en psycho-marketing, ne devraient pas rester insensibles à ces phénomènes. Ce sont eux qui étudient comment influencer le choix des consommateurs, où doivent être placées les publicités, quels sont les arguments qui touchent le plus le cerveau et comment réagit la mémoire.
 
            L'auteur estime que les pouvoirs politiques devraient prendre les types de mesures : d'abord informer les citoyens sur ces dangers, sur ces méthodes et des façons de s'en protéger en partie. La seconde serait de réguler ces instances et leurs méthodes de fonctionnement, comme il serait nécessaire de réglementer le comportement des banques après la crise actuelle. Enfin les chercheurs en psychologie et en neurosciences devraient réfléchir à une éthique, quant à l'utilisation des résultats qu'ils obtiennent et des crédits qu'ils reçoivent en matière de recherches de marketing.
 
            Je pense qu'en France, nous commençons à ressentie les mêmes problèmes. Je fais souvent appel à Google pour des recherches documentaires et je reçois ensuite de nombreuses pubs en liaison avec mes recherches. Et pourtant je supprime tous les cookies, après chaque utilisation de mon navigateur, afin d'éliminer les logiciels espions.
            Je constate aussi que mes petits enfants, comme beaucoup de mes correspondants, passent tellement de temps entre les séries télévisées, facebook et autres, et leur téléphone portable, qu'ils ont perdu totalement l'habitude de travailler. Certes les jeunes intélligents obtiendront facilement le bac, même avec mention, mais quand ils se retrouveront dans le supérieur, notamment dans les classes de prépa de maths ou des écoles de commerce, ou en P1 de médecine, ils sont tellement débordées par la quantité de travail que la plupart abandonnent en chemin. Et même à la fac, moins contraignante, les résultats ne sont pas excellents, faute d'habitude de travailler et d'apprendre., de sérieux, d'attention et de persévérance.
            Je crois que je vais essayer de me procurer ce livre et de le faire lire à mes petits enfants.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/ulg200801jeux04addictiona.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/addiction-copie-1.png
Par Je-tue-il le Jeudi 22 août 2013 à 22:40
Je trouve ça tragique moi. Et malgré tout, je suis comme tout ces gens, assommé de pubs, et complètement incapable de travailler seul. Enfin, j'ai passé la dernière semaine sans internet, et je 'en suis pas porter plus mal. Je pense pas être accro, mais comme l'on dis, l'alcoolique n'aime pas l'alcool !!
Par Karl Claire le Jeudi 21 novembre 2019 à 17:36
Quel rapport incroyable, merci pour ce travail que vous faîtes !
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Par Pearltrees le Dimanche 30 mars 2014 à 22:59

helene_psycho
Discover a selection of related articles on Pearltrees...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3248681

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast