Samedi 3 mai 2014 à 8:27

Ecologie, Changement climatique

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     Les problèmes de changement climatiques commencent à être reconnus, même si les gouvernements (USA, Chine et Inde notamment) ne font pas l’effort nécessaire.
    Par contre le problème de l’eau n’a pas encore suffisamment retenu l’attention.
http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetationarbres2/ressourceseneau.jpg    Même si, dans le monde entier, l’eau semble abondante, plus du tiers de la population mondiale vit dans des pays où l’eau n’est pas abondante ou même rare. Les ressources en eau douce ne sont pas toujours au bon endroit au bon moment et ne sont pas toujours bien gérées. Elles sont pourtant essentielle, d’une par pour la consommation en eau potable, mais aussi pour la nourriture car le principal utilisateur est l’agriculture.
     Comme le changement climatique modifie la nature et la gravité des événements météorologiques, l’incidence et l’amplitude des pénuries d’eau risquent d’augmenter.
    Le graphique ci contre publié par l’Unesco, donne une idée des ressources mondiales en eau.
    La plupart des pays considèrent l’eau comme une ressource presque gratuite.  L’eau d’irrigation est fournie à un prix qui est très inférieur à sa valeur réelle pour la société et les agriculteurs utilisent souvent des quantités d’eau excessives, ce qui peut entraîner un soutirage excessif des nappes aquifères. On constate aussi un certain gâchis de l’eau potable dans nos pays occidentaux notamment.

    Depuis le début du XXème siècle, face à l’accroissement des besoins alimentaires résultant de l’augmentation de la population mondiale et grâce au développement de nouvelles techniques et de nouvelles cultures (maïs, par exemple), la superficie des surfaces cultivées a beaucoup augmenté. et l’agriculture (élevage compris), utilise presque les trois quarts du volume d’eau consommé dans le monde : la consommation mondiale d’eau agricole a été multipliée par 6 entre 1900 et 1975.
    D’une part , pour accroître les rendements on pratique une irrigation massive. D’autre part,  le régime alimentaire de l’élevage entraîne la mobilisation de grandes quantités d’énergie et d’eau par ration produite. Enfin des régimes alimentaires plus riches dus à une orientation croissante du mode de vie, surtout dans les pays occidentaux.
    Les pays qui irriguent le plus sont ceux du sud-ouest asiatique, (plus de 60% des terres irriguées), et certains pays du pourtour méditerranéen, comme l’Italie ou la Grèce.
    Le graphique ci dessous montre la répartition des prélèvement d’eau pour diverses régions et par activité :

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    La consommation en France par l’agriculture pour l’irrigation, (par submersion, par aspersion ou au goutte à goutte), est de 43% de la consommation globale et de 500 à 4000 m3 d’eau par hectare, par an en moyenne.
    Le CNRS publie la quantité moyenne d’eau, exprimée en litres nécessaires à la production d’un kg de quelques produits, mais j'ai préféré le schéma ci dessous, plus complet, dont Maud m'a fourni la référence (voir com) :


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    Par ailleurs l’utilisation des engrais et pesticides par l’agriculture entraine la pollution de l’eau, qui complique les traitements de l’eau potable.
    Le service public « Eau-France » indiquait que sur la période 2007-2009, sur 204 stations de surveillance de la qualité des plans d’eau en France, au moins un pesticide est quantifié pour :
        - 92 % des points de mesure en cours d’eau 
        - près de 75% en plans d’eau 
        - 70 % en eaux souterraines :        
    et, sur la même période, l’atrazine (herbicide interdit d’utilisation en France depuis 2003) est présente sur : 
        - 45 % des points de surveillance de la qualité des cours d’eau 
        - 10 % des points de surveillance de la qualité des plans d’eau 
        - près de 38 % des points de surveillance de la qualité des eaux souterraines
    Les déjections animales sont aussi un facteur de pollution : sous l’effet du ruissellement de l’eau et de l’infiltration dans le sous-sol, elles enrichissent les cours d’eau et les nappes souterraines en dérivés azotés et constituent une source de pollution bactériologique. (la pollution en Bretagne de l’eau en nitrates en raison des épandages de lisiers de porc, est une source de problèmes bien connue).
   
    Certes l’irrigation est nécessaire, d’une part à certaines périodes de l’année et surtout dans les pays où règne une certaine sècheresse (même dans le sud de l’Europe).
    Toutefois, l'irrigation n’a pas à consommer autant d'eau. Les gains en matière d’efficacité d’utilisation de l’eau sont déjà obtenus en Europe grâce à l'efficacité du transport (la proportion d'eau prélevée livrée au champ) et l'efficacité d'application au terrain (l'eau réellement utilisée par une culture en relation avec le volume total d'eau délivré à cette culture).
    Des modes d’arrosage goutte à goutte sont en particulier très économes.
    Une structure de tarification favorisant les utilisations efficaces ainsi que la suppression des subventions agricoles défavorables peut certainement apporter des réductions significatives de la quantité d'eau utilisée pour l’irrigation dans l’agriculture.
    Changer les pratiques agricoles peut également apporter une amélioration à moindre coût de la qualité de l'eau disponible pour d'autres utilisateurs d’eau, en diminuant les quantités de pesticides et engrais utilisés et leur nature.
    On peut aussi se demander si les animaux pourraient être nourri avec moins de maïs, très consommateur d’eau.
    La formation des agriculteurs serait également souhaitable.
    Il est possible de savoir quelle est la quantité d’eau nécessaire à uneplante donnée et donc de limiter l’eau délivrée pour ne pas dépasser cette quantité de façon importante.

    L’utilisation plus efficace de nos ressources en eau par l’agriculture ne représente qu’une des mesures à prendre pour réduire notre impact sur l’environnement, mais sans elle, nous ne pourrons pas élaborer une économie basée sur une utilisation efficace des ressources, ni construire un avenir durable.
    J’avais déjà parlé de l’eau dans un article du 14/6/2011, et essayé dans un  article du 17/4.2012, de montrer comment on pouvait rendre l’eau potable, après vous avoir décrit, le 16/4/2012 une visite des réservoirs de Paris à Montsouris.
    Mais sur ces questions d’eau potable, Maud, notre chevrette franco-canadienne est bien plus calée que moi, car c’est son métier.
   
Par maud96 le Samedi 3 mai 2014 à 9:35
Rectification : j'ESSAIE d'en faire mon métier (et en période de chômage, difficile !)
Le continent Australien est absent du 2ème schéma... ce qui ne m'étonne pas, car ce continent est en effet "de trop" pour les statistiques mondiales :))
Le 3ème schéma illustre les exigences en eau des seules cultures "industrielles", mais néglige l'herbe (eh oui, les vaches mangent de l'herbe !), les fruits et surtout les productions "alimentaires" à base d'animal (viandes...). Un autre schéma ici http://www.viande.info/elevage-viande-ressources-eau-pollution
me paraît plus parlant et surtout montre bien combien un beefsteak coûte cher en gaspillage d'eau...
La pénurie d'eau est un problème inquiétant, mais encore plus les pollutions de l'eau potable dont on découvre chaque jour plus les effets...
Mais évidemment, bravo pour cette synthèse...
Par lancien le Dimanche 4 mai 2014 à 10:07
Tu as raison et j'ai remplacé la figure. Mais ce n'est pas pour autant que je recommande d'être végétarien, cela aurait d'autres inconvénients pour la Secu. Mais c'est vrai que les pays occidentaux et notamment les américains, mangent trop de viande.
Par alyane le Dimanche 4 mai 2014 à 18:44
Ce problème prend beaucoup d'importance et des changements devront intervenir...
Par Nathan Burg le Dimanche 15 septembre 2019 à 19:11
Excellent rapport, merci beaucoup pour le boulot qui requiert du temps.
Par Louisa Molandre le Mercredi 25 septembre 2019 à 13:26
Excellent ecrit, merci pour le travail qui requiert de l’investissement !
 

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