Mercredi 25 avril 2012 à 8:50

Biologie, santé.

  La pollution est un sujet qui est beaucoup abordé par les médias, notamment à la télévision, souvent superficiellement parce que à la recherche du sensationnel. Mais il y a aussi, heureusement, des études sérieuses.
             Maud m'avait adressé une étude très intéressante et très sérieuse de l'INSERM, (Institut National de Santé et de Recherches Médicales), sur la pollution dans les écoles faite par un directeur de recherche, madame Isabelle Anessi-Maesano.
            Je ne vous résumerai pas cette étude car elle est trop technique et vous ne liriez plus la suite de mon article, mais je vais essayer de poser le problème et de vous donner quelques résultats.
            L'étude comporte des statistiques très rigoureuses, faites dans 401 classes de 108 écoles primaires de six grandes villes françaises et sur 6 590 enfants. C'est donc une véritable étude épidémiologique.

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            Les enfants sont en pleine croissance, leurs bronches sont plus petites, ils ont une activité plus intense, etsont donc plus sensibles aux effets de la pollution de l'air que les adultes.
            Dans les pays industrialisés, les enfants passent environ 80% de leur temps à l'intérieur, dont une grande partie à l'école.
            La pollution de l'air extérieur est certainement maléfique, mais celle de l'air intérieur l'est encore plus, pouvant entraîner chez les enfants des problèmes de santé à court et à long terme tels que la congestion nasale, rhinites, des irritations de la peau et des yeux, des réactions allergiques, de l'asthme, des maux de tête, de la fatigue, des vertiges ou encore des nausées.
            Les chercheurs ont analysé pendant une année scolaire, à l'aide de pompes et capteurs passifs, les concentrations de différents polluants atmosphériques : les particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètre, le dioxyde d'azote (NO2) et 3 aldéhydes (formaldéhyde, acétaldéhyde et acroléine), et accessoirement l'ozone (O3).
            Des données ont été également relevées dans certains domiciles concernant le chauffage et le tabagisme notamment, afin d'écarter des confusions causales.
            En parallèle, l'équipe de recherche a étudié les signes cliniques des enfants grâce aux données recueillies lors d'une visite médicale comportant aussi un test cutané aux 11 allergènes les plus communs (acariens, chat, pollens…) et un test d’exercice permettant de détecter l'asthme à l’effort. Ces données ont été complétées par un questionnaire rempli par les parents.
            Les résultats ont été traités statistiquement de façon multicritères afin d déterminer si possible les relations entre polluants et affections.
 
            D'abord, d'où viennent ces polluants ?
            Les particules fines et le dioxyde d'azote proviennent essentiellement de l'extérieur, dans une faible mesure de combustions diverses, mais essentiellement des gaz d'échappement automobile (notamment diesels pour les particules résultant d'impuretés et d'une combustion incomplète de produits lourds), et peuvent rentrer par transfert (en ouvrant les fenêtres) à l’intérieur des locaux, et sont présent à l'extérieur ; cour, préau.
            Les aldéhydes sont des polluants intérieurs issus de nombreuses sources: les produits de combustion (cigarette, bougies, encens, cheminée, cuisinières à gaz), de construction et de décoration (bois, parquets stratifiés, des colles de moquettes, les colles urée-formol, des papiers peints, mais également des vernis, des mousses isolantes), d'entretien (détergents vaisselle, désinfectants, lingettes) et de traitement agricoles (insecticides)… Ils sont considérés comme des produits irritants, notamment pour toutes les muqueuses.
            L'Organisation Mondiale de la Santé et l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire émettent dont des normes à ne pas dépasser. (Je vous les donne même si cela n'intéresse que peu d'entre vous, mais, sinon vous allez me les réclamer !!) :
Particules fines (< 2.5 μ) : 10µg/m3 ; 
Dioxyde d'Azote: 40µ/m3; Formaldéhydes : 10µg/m3.

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            Qu'a t'il été constaté au plan purement pollution :
            D'abord qu'un enfant sur 3 était soumis à une pollution supérieure aux normes, ce qui est une proportion énorme.
            Selon les relevés, les villes les plus polluées dans l'étude étaient Strasbourg et Bordeaux et la moins polluée, Reims.
 
            Pour les particules et l'oxyde d'azote, c'est la proximité des la circulation automobile.
            Aux Etats-Unis, en Californie, il est interdit de construire une école près des axes routiers. A Créteil, les deux écoles sont à droite et à gauche de la rocade, et quand l'A86 est bouchée, c'est l'excès de pollution ! A l'école, on ne peut pas toujours ouvrir les fenêtres pour des raisons de sécurité (étage) ou à cause de la circulation.
            De plus les récréations dans les cours se fait en atmosphère polluée.
            D'autres facteurs interviennent sur le niveau de pollution: absence ou défectuosité de la ventilation avec filtres, état du bâtiment, travaux...
            Les particules fines émises par les véhicules peuvent rester en suspension pendant des heures et même des jours. Au dessus de 10 μ, elles pénètrent peu dans les poumons arrêtées par les poils du nez, mais plus leur taille est réduite, plus elles pénètrent profondément dans les voies aériennes déclenchant asthme et allergies respiratoires. Les particules très fines de l'ordre du micron pénètrent jusque dans les bronches.

 
            Pour le formaldéhyde, on a relevé jusqu'à six fois la norme et même jusqu'à onze fois cette valeur à Reims. Dans ce dernier cas, la cause de la pollution était un meuble vernis qui venait d'être acheté, et il fallait trois mois environ pour le débarrasser de ses polluants volatiles.
            Aujourd'hui, tout le mobilier ou presque est en contreplaqué et émet du formaldéhyde, notamment. Le matériel scolaire est de plus en plus chimique, avec de plus en plus de solvants et de COV. Bref, les sources de pollution sont de plus en plus nombreuses dans les classes. Et le coût du chauffage ne cesse de croître, donc on ouvre moins les fenêtres pour économiser l'énergie, et dans les classes qui n'étaient pas ventilées, les enseignants ont tendance à vaporiser des désodorisants pour masquer les odeurs résultant de ce manque de ventilation, ce qui entraîne plus de pollution.
            Les fournitures utilisées par les enfants (feutres, colles, effaceurs...), contiennent souvent non seulement des aldéhydes, mais aussi des hydrocarbures chlorés.
 
            Une autre étude a été lancée en 2010. Celle de la pollution dans des écoles bâties sur d'anciens sites industriels. Elle sera menée sur 1200 sites, crèches, écoles, collèges et lycées, dans 70 départements.
            Lorsqu'un ancien garage, une usine chimique, une fonderie... ferment, ils ont peut-être laissé derrière eux quelques pollutions : des métaux lourds ou des solvants dans le sol ; des résidus d'hydrocarbures dans l'eau...
            Les diagnostics seront menés par des bureaux d'étude sous le contrôle du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). En cas d'identification de concentrations de polluants préoccupantes, des contrôles sur la qualité de l'air seront effectués et si nécessaire, des travaux pourront être entrepris afin d'éliminer tout risque sanitaire.
L'ensemble de l'opération devrait durer quatre ou cinq ans,
Par souscrire meilleure mutuelle le Mercredi 25 avril 2012 à 11:51
Très pertinent cet article, j'adhère à 200 %
 

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