Vendredi 21 mai 2010 à 8:52

Amour et peines de coeur

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Une de mes très jeunes correspondantes me demande “Crois tu que l’amour éternel existe et pourrais-je trouver un jour un garçon qui m’aime toute ma vie.”
   
    En fait elle est elle même partagée entre le doute et l’espoir et a toute la fougue de la jeunesse.
    Alors voilà ce que je lui répondrai (j'ai d'ailleurs déjà fait des articles analogues sur ce sujet) :   


     Je crois que la plupart des jeunes de 13 à 15 ans confondent souvent l’amour avec une très grande amitié, avec une relation très intellectuelle et utopique, le rêve d’avoir un frère jumeau ou un “prince charmant”, qui compense l’éloignement inéluctable des parents; où alors, cédant à la mode, elles veulent pouvoir afficher un compagnon qui sera chargé de les accompagner dans leurs sorties, d’être leur chevalier servant et accessoirement de leur apporter quelques sensations, que leur évolution en femme leur fait désirer (un peu comme on veut, pour faire comme les autres, fumer quelques cigarettes.).

    Une grande évolution me semble se produire chez les filles de 16/17 ans (et pas chez les garçons) et elles rêvent davantage qu'eux, me semble t’il, d’une relation beaucoup plus durable de “couple”, sans d’ailleurs bien se rendre compte de ce que cela recouvre, si ce n’est qu’elle est moins intellectuelle et platonique, et qu’elles aimeraient, en général en vain, faire des projets avec le garçon qu’elles aiment.
    Je constate que l’amour d’un tel couple dure rarement plus de 18 mois et que c’est presque toujours le garçon qui rompt, le plus souvent pour retrouver sa liberté et échapper à une nouvelle “emprise familiale”, celle de sa petite amie, alors qu’il a bien du mal déjà à se libérer de celle de sa propre famille.

    Un nouveau cap va être franchi, si, grâce à l’aide financière des parents, les deux membres du couple ne se voient plus épisodiquement, mais peuvent vraiment “vivre ensemble sous le même toit”.
    Et là paradoxalement, je constate autour de moi que la plupart du temps le couple rompt au bout de quelques mois et en général avant deux ans : en fait chacun ne voyait l’autre que de façon discontinue, en essayant de mettre à profit ces instants agréables, et en ne voyant que le bon coté de l’autre et des situations (l’amour est aveugle dit on !).
    Mais lorsque l’on est obligé de vivre tous les jours avec quelqu’un, on ne voit plus uniquement le bon coté des choses. Il faut accepter toutes les situations, les joies et les peines, ne plus être égoïste et accepter l’autre tel qu’il est, avec ses qualités mais aussi ses défauts.
    Il faut assimiler le nouveau joug d’une nouvelle famille : celle du couple.
    A cela on ne résiste pas toujours, et cela autant fille que garçon.

    Une troisième difficulté attend le jeune couple, c’est le début de la vie professionnelle. Jusque là le couple a fait son “nid pour deux”, où il se sent en sécurité et qui est sa nouvelle famille.
    Et là tout à coup, un nouvel univers se présente pour chacun, qui va le capter plus ou moins.
    Si ce nouvel univers n’est pas attractif, le couple n’est pas trop perturbé, si ce n’est que les copains ou amis qu’on peut se faire dans son métier, vont entrer en concurrence avec les relations internes du couple.
    Mais si le travail devient intéressant, puis passionnant, il finit par devenir un concurrent du couple qui prend de l’énergie, du temps et de la passion. L’équipe à laquelle on appartient professionnellement peut devenir aussi une nouvelle famille.
    Si chacun des membres du couple ne s’intéresse pas très fortement à la vie professionnelle de l’autre, (et ce n’est pas facile à faire, car cela peut être un métier très différent et cela prend de la volonté, de l’énergie et du temps, ce qui nécessite un très gros effort), la vie du couple peut fortement en souffrir, et j’ai souvent vu des séparations en résulter.
    Certaines de ces séparations sont d’ailleurs dues à des liaisons qui se sont créées entre ceux et celles qui avaient des activités dans des équipes voisines au sein de l’entreprise.

    Après cette épreuve, le couple qui a alors des enfants, devient plus stable en général pour un certain temps, répartissant son activité entre les professions de chacun et le travail commun qu’est l’éducation des enfants.
    Mais l’épreuve suivante vient quand les enfants ont grandi, sont devenus ados et échappent peu à peu à la famille. L’amour des premières années du couple s’est transformé en tendresse, et certains couples ont du mal à résister aux remous que causent l’émancipation plus ou moins houleuse de leur progéniture.
    Dans certains cas malheureusement, ce sont les divergences du couple, qui rendent cette émancipation encore plus difficile, les enfants faisant les frais de cette mésentente. Chacune des deux personne a évolué en s'éloignant de l'évolution de l'autre : on diverge.
    La voix populaire appelle cela la crise de la quarantaine ! (même si cela vous arrive à 50 ans !)

    Après le couple qui a résisté, se retrouve dans une atmosphère moins tempétueuse, faite en général d’amitié et de “frittages raisonnables” en intensité car chacun connait bien les limites à ne pas dépasser.

    Encore que je viens de lire dans la presse le cas d’un homme de 84 ans qui vient de tuer sa femme du même âge, après une dispute ! Il a vraiment pris le temps de la réflexion !!
Même là l’amour n’est pas éternel ! lol
Par MiMiNe le Vendredi 21 mai 2010 à 8:59
je trouve qu'il y a de plus en plus de couples (entre 17 et 20 ans on va dire) qui durent (plus de 2/3 ans) penses tu que c'est un nouveau phénomène de société ?
Par pandorarts le Vendredi 21 mai 2010 à 9:12
Je pense tout simplement qu'aucun couple ne vivra sa vie de la même façon qu'un autre. Pour avoir été en relation avec différents hommes, j'ai pu le constater. Cependant, il y a quand même du vrai dans ce que tu dis, quand tu parles des sentiments et des ruptures. Cependant, même à 24 ans, je reste persuadée qu'une relation intellectuelle et fusionnelle puisse exister. Pouvoir partager la culture avec son conjoint m'est très important, sans ça, je vais m'éloigner de l'autre. Si mon partenaire réussit à être aussi un très bon ami avec qui je peux faire pleins de choses, c'est un bon point pour lui et pour faire en sorte que la relation dure.
Ma relation la plus longue fut ma dernière et c'était un collègue (dans un autre restaurant), alors ça rejoint ce que tu dis sur la vie professionnelle de chacun des membres du couple. Pour la prochaine, on verra ce que cela donne, mais il faut déjà que je me décide quant à choisir avec qui, même si ça vient souvent sans crier gare... ;)
Par Plume le Vendredi 21 mai 2010 à 12:06
Deux fois que mon commentaire bug T_T. Je vais faire un procès à cowblog. Ca m'apprendra à faire de longs commentaires qui racontent ma vie.

En bref, je pense que l'important dans une relation, c'est que chacun garde son identité propre. On peut être très complices et très proches (mon chéri et moi avons tendance à dire ou faire la même chose en même temps) sans être dans une relation fusionnelle.
Par monochrome.dream le Vendredi 21 mai 2010 à 16:16
Et l'amitié finale : résidu d'amour délavé, ou résultat d'une longue et riche construction à partir du sentiment amoureux ?

(Merci pour la "balancelle" ! Je me doutais que ça devait être un sens inusité du mot. Je te réponds quand je peux ;)
Par siyah-cicek le Samedi 22 mai 2010 à 10:55
On a le sentiment que l'amour, pour toi, est une chose bien définie et régie par des règles précises. Tu établis quelle est la vision que l'on en a à chaque âge et la manière dont il se renforce ou se fragilise. Je doute qu'il n'y ait qu'un modèle pour les histoires d'amour. Je ne crois pas non plus que le renforcement du couple passe nécessairement par une vie de famille et par des enfants (l'amour ne se limitant pas à une fonction reproductrice). Je connais un couple qui vit en concubinage depuis fort longtemps sans avoir jamais eu d'enfants, ils n'ont pas rompu pour autant.

Ta théorie veut également que "l'amour" se transforme dans le meilleur des cas en une sorte de cohabitation amicale où chacun supporte l'autre, sans plus. Bien qu'il me soit difficile de me représenter un amour éternel en ce qui me concerne, force m'est de constater qu'il semble exister dans ma famille, où j'en connais des exemples. Par exemple, un couple marié depuis 70 ans. Peu avant de mourir, il voulait encore qu'elle lui répète qu'elle l'aimait. Depuis qu'il est mort, elle veut en finir avec la vie. Roméo et Juliette ne sont pas toujours des petits jeunes...
 

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