Samedi 19 août 2017 à 9:38

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

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      Les journalistes ont tendance à donner aux neurones miroirs des aptitudes exagérées notamment en matière d’apprentissage, et ils disent souvent que les jeunes enfants apprennent les actes à faire en regardant et en imitant les gestes de leurs parents (ou des adultes qui les éduquent°. La réalité est beaucoup plus complexe que cela.
    J’ai lu un article très intéressant d’Alison Gopnik, professeur de psychologie à l’Université de Berkeley, spécialiste du développement psychique des enfants, et je vais essayer de vous résumer quelques extraits, qui montrent toutes les capacités de jeunes enfants de 18 mois à 3 ans en matière d’imitation et d’apprentissage.

    Les enfants imitent intelligemment ce qu’ils voient.
    Les chercheurs montraient à des enfants de 2 ans une petite voiture qu’ils faisaient rouler sur une table. Lorsqu’elle heurtait une boîte située à droite, une lumière clignotait sur un jouet en bout de table, et lorsqu’elle heurtait une boîte située à gauche, la lumière ne clignotait pas.
    Lorsque les enfants manipulaient ensuite la voiture, ils la faisaient uniquement cogner la voiture de droite : l’imitation ne concernait donc que les gestes « utiles », que l’enfant avait déduits de ce qu’il avait vu. 
    Ils analysent également les résultats des essais : une personne séparait les deux morceaux d’une boîte et de son couvercle, et faisait semblant d’avoir ses doigts qui glissaient et avait des difficultés à ouvrir la boîte. Les mêmes enfants qui observaient cette personne, prenaient fermement la boîte et le couvercle et l’ouvraient au premier essai.
    Ces enfants recherchaient l’efficacité vis à vis d’un but. S’ils regardaient d’une part une personne qui ouvrait volontairement une boîte en appuyant sur un bouton et une autre personne qui effleurait par hasard le bouton en faisant autre chose, ils imitaient la première personne, mais très peu la seconde.
    Chose plus étonnante, des bébés de 18 mois voient une personne qui, les bras et les mains enroulés avec une couverture, appuie sur le bouton avec sa tête pour ouvrir la boîte, alors qu’une autre personne fait la même chose alors qu’elle a les mains libres. Dans le premier cas, les bébés vont appuyer directement sur le bouton avec leurs mains pour ouvrir la boîte, ayant compris que la personne ne pouvait utiliser ses mains. Dans le second cas, estimant que la personne avait des mains valides et ne s’en servait pas, ils appuyaient sur le bouton avec leur front, comme la personne le faisait.
    Des enfants de 3 ans essayaient d’ouvrir deux tiroirs l’un facile à ouvrir, l’autre difficile. Une fois refermés, une personne venait alors appuyer sur un bouton pour les ouvrir. Les enfants qui avaient eu des difficultés à ouvrir leur tiroir appuyaient alors aussitôt sur le bouton, alors que ceux aux tiroirs à l’ouverture facile, se servaient peu du bouton, considérant que ce n’était pas essentiel.

    Les enfants accordent de l’importance à l’apprentissage par des humains : alors qu’ils imitaient la personne qui séparait à la main, la boîte de son couvercle, ils n’étaient pas enclins à imiter les gestes d’un robot qui faisait la même opération avec ses pinces.
    Mais ils ne font pas confiance à tous de la même façon.
    Deux personnes faisaient fonctionner un jouet, en faisant d’abord des essais inutiles et donc infructueux, puis trouvaient enfin le bon bouton pour faire démarrer le jouet. Mais la première personne déclarait au préalable à des enfants de trois ans qui l’observait, qu’elle ne connaissait pas ce jouet, ni comment il fonctionnait.
La seconde personne disait au contraire qu’elle connaissait bien ce jouet.
    Dans le premier cas, les enfants appuyaient immédiatement sur le bon bouton, estimant sans doute que les premiers essais étaient un tâtonnement infructueux dû à l’incompétence. Dans le second cas, les enfants répétaient tous les gestes de « l’expert », considérant que puisqu’il savait, toute la séquence de gestes était nécessaire.

    On constate ainsi que l’apprentissage par imitation, chez l’homme et même les très jeunes enfants, n’est pas simplement le fait des seuls neurones miroirs, mais un phénomène beaucoup plus complexe, dans lequel l’enseignement par un autre humain était privilégié, la compétence de la personne enseignante pouvait être prise en compte, ainsi que l’efficacité, l’utilité et la difficulté de la tâche à réaliser, ce qui nécessite derrière la simple observation, un raisonnement logique, même s’il est inconscient et la prise en compte des buts poursuivis par la personne que l’on imite.
    Les parents croient souvent que, pour enseigner des gestes aux enfants, il faut des exemples spécifiques et originaux. En fait il vaut mieux faire naturellement les gestes courants que l’enfant imitera, en recherchant lui même quel est le but poursuivi, et la séquence la plus efficace.
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