Mardi 12 janvier 2010 à 9:05

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Certaines de mes correspondantes, ayant été reçues au bac en juin 2009 avec mention AB ou sans mention, et qui sont en fac maintenant, se lamentent sur la dificulté des cours et la quantité de travail à fournir pour arriver à suivre et elles voient arriver avec terreur les prochains partiels..
    Elles me demandent, “suis-je assez intelligente pour réussir à la fac ?”.

 
    J’aurais tendance à poser la question autrement, car si vous avez obtenu votre bac, vous n’êtes quand même pas “demeurée” et vous avez un “minimum d’intelligence”, même si on ne sait pas très bien, ni ce que cela veut dire, ni encore moins la quantifier. (je vais faire deux ou trois articles sur ce sujet)
    Par contre vous avez des aptitudes différentes dans divers domaines et donc vous n’aurez pas les mêmes facilités dans n’importe quels types d’études.
   
    Pour avoir observé nombre d’entre vous, ainsi que mes petits enfants et leurs camarades, je ne suis pas convaincu que votre résultat moyen au bac soit le résultat d’une intelligence moyenne.
    Il me semble qu’il y a d’abord une question de quantité de travail. Beaucoup d’entre vous me semblent sollicitées par de nombreuses activités autres que les études et je pense que l’effort pour obtenir de meilleurs résultats n’a pas été suffisant. Je trouve que de nos jours, la “culture de la flemme” se porte bien.
    Un certain nombre de mes correspondantes ont eu des mentions bien et très bien au bac, certes elles étaient intelligentes, mais il n’y a pas de miracle, elles travaillaient beaucoup.
    Je constate en particulier que le nombre d’exercices faits à la maison est actuellement tout à fait insuffisant et que, par conséquent, l’entraînement à faire des épreuves analogues à celles du bac (ou ce la fac) est faible et ne permet pas de faire face aux diverses questions qui peuvent être posées.
    Le travail de mémoire n’est  pas toujours fait convenablement. Un certain nombre de connaissances doivent être acquises même si elles correspondent à des classes antérieures à la première et la terminale, et certaines règles, certaines formules doivent être apprises par coeur, pour ne pas perdre inutilement du temps à les reconstituer. Il faut évidement aussi savoir s’en servir. (par exemple savoir reconnaître dans une formule la présence d’un carré d’un polynome simple; cela doit devenir un “réflexe” ! ).
    Je ne suis pas sûr non plus qu’on vous ait donné des méthodes précises pour faire votre travail.
    Autrefois on nous donnait des “trucs et astuces” pour résoudre certains problèmes de mathématiques ou de physique, mais surtout des méthodes pour lire et comprendre un énoncé, pour faire introduction, plan et conclusion d’une dissertation. (par exemple toujours analyser la signification en français de chacun des mots de l’énoncé de la dissertation et ensuite les assembler pour comprendre les diverses significations possibles du texte ; souvent cela permet d’élaborer un plan de ce que l’on va discuter).

    Aller en fac, voire en prépa, ne demande pas une intelligence supérieure.
Par contre il ne faut pas vous faire d’illusion : comme les études seront plus spécialisées, vous aurez beaucoup plus de connaissances à emmagasiner, à mémoriser, et une quantité de travail à fournir très supérieure à celle nécessaire aux classes de terminale.

    Si vous n’êtes pas décidée à fournir cet effort, ne comptez pas trop réussir.
    Et dans les classes de prépa qu’elles soient de lettres  ou de sciences, le travail demandé est encore plus important.   
   J’ai l’exemple d’une de mes correspondantes que je connais depuis 5 ans qui a été reçue en juillet dernier à l’X et à Normale Sup et je peux vous dire que pendant ses années de préparation, elle travaillait plus de 12 heures par jour et la plupart des week-ends. Je connais aussi la quantité de travail de celles qui sont en fac de médecine et je vous assure qu’elles n’ont pas le temps d’avoir beaucoup d’activités en dehors de leurs études, sauf aux grandes vacances (et encore il y a des stages!).

   
Dans mes prochains articles, je vous parlerai de l’intelligence.
Par Tonin-de-jardin le Mardi 12 janvier 2010 à 10:04
pour t'appuyer avec un exemple personnel :
j'ai eu mon bac S avec mention AB (13,78/20) et ce, sans réellement bosser (j'exagèrerais en disant que j'ai ouvert mes cours le matin même du bac pour vérifier juste un truc, mais c'est presque ça). J'avais énormément de facilités, et du coup, vraiment inutile pour moi de bosser pour avoir de bonnes notes au lycée.

Ça va en frustrer plus d'un ce que je viens de dire.

La suite... je me suis planté en première année de fac (médecine justement) au bout de 3-4 mois, pas l'habitude de bosser dur et régulièrement et beaucoup de mal à tenir + de 3h à étudier mes cours. D'ailleurs je n'ai toujours pas cette habitude et je n'arrive pas vraiment à la prendre, pourtant en école d'ingénieur (par alternance en +), c'est primordial de fournir le + de travail personnel possible, et j'ai parfois des difficultés à bosser mes cours correctement et sur une longue durée.

bon je suis pas un gros glandeur non plus, mais c'est vrai que je me fait parfois, trop souvent à mon gout, rattraper par ma flemme. Donc en effet, un adepte de la "culture de la flemme" comme tu le dis, et qui n'arrive pas à s'en défaire, bah va avoir beaucoup de mal a réussir, surtout à la fac où il n'y a plus personne pour dire de bosser et tout ça.



tout ça pour dire, je suis tout à fait d'accord avec toi, réussir ou rater, c'est pas une histoire d'intelligence supérieure, si c'était réservé aux élites du cerveau, ça se saurait et ils domineraient le monde (jusque là pas besoin de démontrer quoi que ce soit pour qu'on voie que c'est pas les plus intelligents qui dominent le monde, mais ceci est un autre débat), mais une histoire d'efforts à fournir, et de réelle motivation pour réussir (pour relier à ton article : motivation = se décider à fournir cet effort).
Par azona le Mardi 12 janvier 2010 à 10:17
Il est vrai que le problème c'est la flemme d'étudier, cependant il y aussi le côté "utile" et "inutile" de la chose.
Comment dire, pour ma part, si on ne me disais pas concrètement le pourquoi du comment d'une formule en maths ou un exercice en physique, je décrochais car je n'en voyais pas l'utilité. Balancer des formules à tout va sans nous expliquer, je n'en vois pas l'intérêt et malheureusement peu de prof prennent le temps de nous démontrer l'utilité d'une formule.

Je sais que la culture générale ne se base pas que sur des trucs utiles, cependant je pense que les programmes sont mal fait dans le sens où on ne met pas l'accent sur les choses qui vont vraiment servir pour le "commun" des mortels de se qui est superflu.

J'avais une prof de physique qui stimulé notre attention en nous démontrant le plus souvent possible certaines choses et ça donne envie d'ouvrir un bouquin et de bosser.
Par DarkRiketz le Mardi 12 janvier 2010 à 10:42
Ce que je dirai risque de déplaire.
Mais on voit régulièrement les étudiants, surtout en première année, devenir des grosses feignasses. L'emploi du temps est considérablement moins lourd qu'au lycée, les étudiants sont une catégorie socio-professionnelle (faute d'un autre mot) très communautaire qui adore se regrouper régulièrement et faire la fête.

En plus, le fait qu'on passe pas beaucoup d'heures à la fac n'encourage que moyennement à passer autant de temps (une quinzaine d'heures d'après les profs) à bosser seul (à la bili ou chez soi).

Franchement, et je pars de ma première année d'anglais que j'ai pas réussie volontairement (les cours -en anglais- étaient d'une facilité désespérante et ne m'intéressaient pas) et de mes première et deuxième année d'histoire, et si effectivement, de plus grandes connaissances sont requises, avec des bons profs, la méthode est très bien faite, on nous prépare assez correctement aux partiels et le niveau est loin d'être surhumain.

Rien qu'au troisième semestre (celui qui vient de s'achever) en histoire romaine, le prof faisait faire des exposés en binômes sur certains thèmes : disons-le clairement, les étudiants faisaient le cours. Ce qui m'a paru hallucinant quant à notre 'niveau de compétence.' J'ai fait un de ces exposés avec un copain, on s'en est très bien sorti et on a assuré une très bonne moyenne à l'approche des partiels de janvier.

Alors dire que la fac est mille fois plus dure que le lycée, faut quand même pas déconner. Ca vient peut-être effectivement de l'étudiant, arrêtons de dire que les cours en fac sont mal faits ou les profs et leur enseignement inadaptés quant aux examens de fin de semestre.
Par kaa le Mardi 12 janvier 2010 à 11:38
Le problème ne se situe pas à mon avis en fac mais bien en amont.
Il suffit de demander aux professeurs de collège : le nombre de devoirs faits est de plus en plus faible, les leçons ne sont plus apprises. Et l'abandon des devoirs en primaire n'a, je pense, pas arrangé les choses.
de plus, que fait un écolier maintenant quand il rentre de l'école ? Il suffit de venir ici pour le voir : c'est l'ordinateur, c'est msn, ... et parfois les devoirs, vite faits pour dire qu'ils sont faits (quand ils le sont).
Par Elda le Mardi 12 janvier 2010 à 16:11
J'attends le prochain article...
Par Mademoiselle-Coquelicot le Mercredi 13 janvier 2010 à 0:48
Comment ça, il n'y a plus de devoirs à l'école primaire ? C'est vrai, ça ? Mais c'était sympa, la primaire ! En une demi-heure, tout était fait ! Les listes de mots irréguliers à apprendre par cœur, tout ça... C'est juste fondamental !

Je me sens tout à fait concernée par cet article. J'ai eu mon bac L avec mention B. Pourquoi ? Parce que j'ai cartonné aux épreuves anticipées. Sans bosser énormément, ni forcément très régulièrement, mais ayant des facilités, ça a fonctionné.

Et maintenant ? Maintenant je suis en fac de Lettres, en deuxième année de licence. Et sérieusement, ça me gonfle. Pourquoi ? Parce que plus le temps passe, moins j'arrive à me mettre à travailler. Les cours m'ennuient, il y a des choses que j'ai l'impression d'avoir entendu mille fois et j'ai l'impression que ça ne me mènera à rien. Et je suis loin d'être la seule. Je ne sais pas si c'est la filière, ou la fac en général, mais la très grande majorité des étudiants sont des glandeurs. Il y a pire que moi, évidemment, mais je pense que c'est une structure propice à la flemme. A la dernière minute. Et je ne saurai pas comment expliquer ça. Peut-être que c'est parce que les Lettres ne me correspondent pas, c'est vrai. Mais c'est comme si la plupart des gens s'enfonçaient peu à peu dans la démotivation...

On ne nous a jamais appris le travail personnel. Jusqu'ici, les cours suffisaient, et on a aucune envie de faire plus d'efforts qu'avant.

Nous sommes une génération de paresseux. Sans doute parce qu'il y a tellement "mieux" à faire qu'étudier : sortir, surfer sur le net, faire de la musique... Et que le travail scolaire reste une contrainte. Tant que personne ne nous force à travailler, on ne le fait pas.

Bref. :)

Bonne année tout de même, Papynet, il y a bien longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles... Mes meilleurs vœux à toi et ta famille (sans oublier le dragon ^^) !
Par Mademoiselle-Coquelicot le Mercredi 13 janvier 2010 à 0:53
(En fait, je crois vraiment que pour réussir ses études, il faut être passionné, ou au moins très intéressé.)
Par invidia le Mercredi 13 janvier 2010 à 1:00
Je pense que le plus dur c'est vraiment de passer d'une méthode de travail parfois un peu trop relax au lycée (je sais que moi je ne bossais pas des masses, et j'ai eu mon bac avec mention AB) à un autre type de méthode à la fac (où là quand on est pas habituée à du par coeur et qu'on arrive en première année avec certaines matières qui nécessitent ce genre d'apprentissage - sans être clair là-dessus) ça fait un sacré changement.
Par alyane le Mercredi 13 janvier 2010 à 15:39
J'ai fait toutes mes études universitaires en travaillant en parallèle, j'ai régulièrement travaillé? j'ai eu de bons résultats, j'ai même cartonné dans quelques matières. EN fac je me suis éclatée, en maitrise et en Dea, je suivais les cours, le travail à rendre ne me posait pas de problème. Des dossiers suffisaient pour valider son semestre.
Par contre, j'ai poursuivi en doctorat encouragé par certaine personne, la quantité de travail est pire. J'ai en plus de mon travail, refais du latin en repartant de zéro et continuer mes recherches.
J'arrive à tout assumer. Le travail avance, j'ai une chance immense de connaitre les bonnes personnes, dont une disponible à toutes mes questions...
Question de maturité.
Par alesia le Mercredi 13 janvier 2010 à 19:53
j'aime étudier, mais je ne crois pas que je pourrais m'investir autant ds mes études. J'ai d'ailleurs refusé d'aller en prépa pour ça. Les études ne doivent pas être la priorité de nos vies, je trouve ! Même si c'est important.
Par alesia le Mercredi 13 janvier 2010 à 19:56
Je viens de lire le long commentaire de Mademoiselle Coquelicot, et bien que moi, j'aime bcp mes études, je suis d'accord avec elle : la fac ne pousse pas à travailler, et il est facile de se démotiver si justement on n'aime pas particulièrement ce que l'on fait. Avec aussi peu d'heures de cours et la possibilité de ne pas y aller, c'est parfois dur de se motiver.. Alors il est essentiel d'être dans la bonne filière !!
Par 22h47 le Samedi 16 janvier 2010 à 19:36
Sans parler de mon cas personnel qui est très banal, bon bac, bonne prépa avortée par des soucis de santé, et une fac qui me va bien, je suis de l'avis : Pour réussir il est beaucoup important de travailler beaucoup, assidument et d'être passionné que d'être " intelligent " :)
Par 22h47 le Samedi 16 janvier 2010 à 19:37
Je crois qu'il y a encore des devoirs en primaire.
Je donne des cours du soir à des petites en CP et CE2. Et j'y passe sans soucis 1H30 tous les soirs !
Par TrolKabu le Samedi 27 février 2010 à 2:11
Je vais rajouter une couche sur la fac, voire remuer la plaie autour du couteau.

Considérons d'abord que je n'y suis guère resté longtemps, à peine un petit semestre, et que je suis une feignasse de nature. Ca pourra atténuer le portrait que je vais dépeindre du peu que j'ai pu (dû ?)supporter.

Pour la petite histoire, je suis entré en retard à la fac d'informatique, avec une quinzaine de personnes venant de divers horizons : prépa, fac de médecine, pays étranger, glandeurs et autres paumés de mon espèce qui ne savaient vers quoi s'orienter et qui s'y sont donc pris un peu tard pour s'inscrire.
Nous avons donc commencé les cours avec trois semaines de retard, ce qui est rattrapable si l'on y met du sien. Du lot nous ne fûmes finalement que 5 à venir en cours régulièrement pour ne pas dire assidument. Passons sur ceux qui ont fait défection, ils n'avaient vraisemblablement pas une once de motivation. Et je dois dire qu'ils se sont évité un fiasco certain face à certains profs nous ayant été attribués :

En TD d'astronomie, un Yougoslave qui parlait français à peine mieux que je parle sa langue maternelle. Je ne vous explique donc pas la teneur des ces heures là.
En TD de maths-algèbre un asiatique qui savait parler français convenablement, mais comprenait nos questions aussi bien que le prof précédemment cité.
En cours magistral de maths, un allemand ou autrichien à l'accent à couper au hachoir (sa langue l'est déjà vous me direz). Difficile à suivre dès qu'on s'écarte des nombres posés sur un tableau.
En cours magistral d'informatique, un autiste, ou du moins un prof assez passionné pour être dans un autre monde durant ses cours (nous parlions d'ailleurs davantage théologie qu'informatique...)

De mémoire, ça fait quand même deux cours magistraux sur trois et un tiers des TD compromis, particulièrement les TD en vérité. Heureusement à côté il y avait des cours d'autres profs, sur internet, en bibliothèque ou bien carrément dans une autre salle si notre emploi du temps nous laissait l'opportunité de nous y insinuer. Ajoutons à cela les retards dans les TD qu'on nous attribuait (un mois pour le TD de maths_algèbre), puisque nous étions retardataires, on nous avait donné des horaires différents des étudiants réguliers. C'est certainement pour ça qu'on a eu des profs de TD particuliers, dans tous les sens du terme pour deux d'entre eux. Pour couronner le tout, lors des partiels, nous eûmes le plaisir de subir des questions que nous n'étions censés aborder que plus tard, notamment en informatique où la moitié du sujet abordait une question que nous effleurâmes à peine le cours précédent (en gros on avait l'idée mais pas les outils, ni le savoir-faire). Au final ça ne pèse pas lourd. Je n'ai pas eu les résultats de mes camarades, mais les miens n'ont pas été glorieux.

Je doute grandement de ma motivation d'alors, mais j'étais certain de celle d'au moins deux de mes compères, l'un ayant quitté une prépa car surchargé d'un travail qu'il ne pouvait abattre, et l'autre ayant échoué pour la seconde fois, de peu, sa première année de médecine. Donc loin d'être idiots ni fainéants. Pourtant nous nous sommes tous accordés sur ces mêmes constats.

Pourquoi diable l'administration nous donna-t-elle une place dans un examen auquel nous ne fûmes pas préparés à cause de notre retard ? N'eût-il pas été plus logique de nous inscrire pour une session ultérieure, quitte à décaler nos semestres ? On notera aussi qu'à un jour près, une semaine et demi avant le début des cours, je suis passé d'étudiant régulier à étudiant retardataire, sachant que j'ai dû attendre une semaine pour pouvoir m'inscrire. Oui c'est sur rendez-vous. Sans ce délai d'une semaine, j'aurais fait parti du lot commun. Cela dit je suis plutôt résigné face à l'administration actuelle, française particulièrement, reine de la paperasse. Tout y manque cruellement de bon sens.

Je ne suis pas contre l'échange culturel au travers de profs, d'autant qu'ils sont certainement parmi les plus doués dans leur domaine dans leurs pays ou institutions respectifs, mais si c'est au prix d'un échec scolaire je me demande si ça vaut vraiment la peine. Un parler français correct me semble être le strict minimum pour pouvoir enseigner en fac. Je n'ose imaginer la difficulté de compréhension d'étudiants étrangers si les profs n'arrivent pas à parler correctement la langue du pays. C'est anti-pédagogique. Et si l'on me dit qu'on peut travailler de son côté, hors des cours, je réponds oui, mais qu'à ce compte là les cours et donc les profs ne sont pas indispensable. Or je ne vois pas comment on pourrait tout apprendre "seul". Que je sache, l'autodidactie ne porte ses fruits qu'avec l'appui d'une passion ou d'une motivation sans failles couplée d'un travail acharné, ou encore de facilités avérées dans un domaine précis.

Tout cela peut alimenter les sujets déjà abordés par les précédents commentaires. En premier lieu la démotivation des étudiants. Dans le même cas que moi (sans parler des contraites extérieures à la fac tels les trajets), je m'amuserais bien à voir combien jetteraient l'éponge au bout d'un mois ou deux, sans même attendre le partiel qui à coup sûr couperait la tête à une grande majorité (la mienne est tombée dans le panier et ce n'est peut-être pas plus mal). Des méthodes de travail qui n'ont jamais été anticipées, préparées. Et même plus globalement un enseignement radicalement différent ce qu'il est toutes les années précédant le bac. Question de mâturité aussi, je reconnais que ça joue beaucoup dans la motivation et les capacités.

En élargissant le champ de vision, c'est le manque de pédagogie que je reproche à tout l'enseignement. Tous mes profs de fac sont certainement loin de démériter en compétences, ils ne sont pas à leur place pour rien, mais question enseignement, ça laisse à désirer pour la majorité. Parmi la douzaine qu'on a pu suivre assez longtemps pour juger, j'en retiens deux d'assez pédagogues, deux profs de TD d'ailleurs, pour réhausser les couleurs de nos profs particuliers. De toute ma scolarité, à partir du collège et avec du recul et plus de mâturité, je pense pouvoir compter les profs pédagogues sur les doigts d'une seule main. Peut-être une main et quelques doigts en étant généreux. Et ce qui m'effraie le plus dans tout ça, c'est que je connais des profs (qui hélas n'ont pas été les miens) qui en pensent tout autant et s'effondrent de plus en plus en constatant le nivellement par le bas de l'enseignement.

En bref, à moins d'être passionné, doué, ou travailleur acharné, il vaut mieux compter sur la chance pour tomber sur des profs pédagogues et espérer ainsi sortir la tête de l'eau, voire être comme un poisson dans l'eau.
 

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