Jeudi 26 avril 2012 à 8:03

Biologie, santé.

             Je vous parlais hier de pollution, je vais vous résumer aujourd'hui les aspects "santé" dans les écoles.
           Les allergies chez l’enfant deviennent de plus en plus préoccupantes, et qu’elles soient alimentaires, cutanées ou respiratoires, constituent un véritable problème de santé publique, pouvant concerner jusqu'à 30% des enfants.
            En France, on compterait environ 25% d’allergiques et ils sont chaque année de plus en plus nombreux. Les personnes asthmatiques et les enfants en général sont considérés comme étant plus vulnérables à l’exposition aux polluants.
            De nombreuses données scientifiques montrent un lien entre la pollution due au trafic routier et les allergies. In vitro, les particules fines émises par les véhicules diesel, favorisent la synthèse d’immunoglobuline E (un des marqueur de l’allergie). In vivo, le dioxyde d'azote irrite les poumons, diminue les défenses de l’organisme contre les infections des voies respiratoires et a été mis en cause dans la survenue d’asthme et d'infections respiratoires.
            À l’échelle de la population, il semble évident qu’il existe une corrélation entre l’augmentation de la concentration de particules fines dans l’atmosphère et les allergies. Mais jusqu’à présent, les données disponibles sur les effets de la pollution atmosphérique urbaine étaient basées essentiellement sur les mesures de la pollution ambiante loin des sources, pollution minimale à laquelle nous sommes tous au moins exposés dans une ville, réalisées par les stations de monitorage de la qualité de l’air et dont on donne des résultats à la télévision.
            L'étude de l'INSERM apporte des données beaucoup plus précises, concernant les jeunes enfants.
            La pollution étant mesurée (voir l'article d'hier), des médecins ont examiné les enfants et réalisé un bilan de santé. L’examen clinique a consisté en plusieurs tests allergologiques cutanés permettant de déterminer les origines des allergies, puis les enfants ont été soumis au test de la course libre afin de déterminer l’apparition d’un asthme à l’effort.

            Selon l’analyse des plus de 7000 questionnaires qui visaient à connaître les antécédents d’allergies, près d’un jeune sur 4 a souffert ou souffre d’eczéma, un sur cinq de rhinite allergique et un sur dix souffre d’asthme. Pendant l’année ayant précédé l’enquête, 8,1% avaient eu des symptômes évocateurs d’asthme. Pendant la période de l’étude, 10,6% des enfants ont présenté un eczéma et 8,6% un asthme à l’effort quelle que soit leur exposition aux polluants.
            L’enquête montre un lien entre la pollution atmosphérique de proximité et l’asthme et les allergies. Les enfants qui vivent depuis au moins 8 ans dans des lieux où les niveaux de pollution atmosphérique liée au trafic automobile est à peine supérieures aux normes recommandées souffrent significativement presque 2 fois plus d'asthme allergique, 1,5 fois d'asthme à l'effort et 3 fois plus d’eczéma par rapport aux enfants qui vivent dans des zones où les concentrations sont inférieures. Une tendance identique est également observée pour le rhume des foins.

            Bien entendu les personnes déjà asthmatiques seront plus sensibles à la pollution qui, comme le tabagisme, favorise les manifestations préexistantes : une personne asthmatique déclenchera plus facilement une crise ou sera plus gênée lors d'un pic de pollution.
            La pollution par les petites particules et ses effets favorisera aussi l'intervention nocive des pollens et autres allergènes (acariens, poils d'animaux....).
 
            En ce qui concerne les aldéhydes, les manifestations sont celles causées par les produits irritant les muqueuses : congestion nasale, conjonctivites, irritation de la peau, dermatites, maux de tête, angines, voire même nausées et irritation de larynx
 
            Une étude européenne, SINPHONIE, est actuellement en cours dans 27 pays d'Europe dont la France sur les effets de la qualité de l'air dans les écoles sur la santé des écoliers.
            Pour les chercheurs, il conviendrait de réduire autant que possible les sources de pollution. L'obligation d'étiqueter les produits de décoration, bientôt étendue va dans ce sens.           
            L'obligation de contrôler la qualité de l'air dans les écoles élémentaires devra être effective avant 2015 et il sera sans doute nécessaire de diminuer les normes actuelles de l'OMS.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/images-copie-2.jpg
         Je profite de cet article sur l'étude ISAAC de l'INSERM de pollution de l'air des écoles pour dire quelques mots sur l'asthme, car on sous-estime en général son importance.
         Sur la planète, l'asthme touche environ 150 millions de personnes : trois millions et demi de Français, 5,1 millions d'Anglais, 17 millions d'Américains, 15 à 20 millions d'Indiens [1]...
            L'asthme, et ses symptômes plus ou moins marqués : sifflements dans la poitrine, essoufflements, toux nocturne ou matinale. Sans parler du phénomène tant redouté des patients : la crise - le bronchospasme, l'impossibilité à rejeter l'air inspiré. D'après l'OMS, les coûts (directs et indirects) de cette maladie dépassent, au niveau mondial, ceux de la tuberculose et du sida réunis.
         Il n'y a pas un asthme, mais des asthmes. Il existe une forme d'asthme non allergique, qualifiée également d'intrinsèque. L'asthme ne débute pas forcément dès l'enfance , mais peut apparaître à l'âge adulte; 90 % à 95 % des enfants asthmatiques sont prédisposés aux allergies (ils sont appelés atopiques)), mais seuls 25 % à 30 % des enfants atopiques sont asthmatiques. De même, l'asthme non allergique ne concerne quasiment que les adultes, mais n'y représente qu'une partie des cas, environ 10 à 30%, et cet asthme est souvent plus sévère que la version allergique, et a la particularité d'affecter essentiellement les femmes. Certains cas d'asthme professionnel, eux aussi, relèvent de mécanismes non allergiques.           
 
            La proportion d'asthmatiques a beaucoup augmenté en 30 ans.
            Il ne se déclenche en effet que chez des individus génétiquement prédisposés, mais trente ans est une période bien trop courte pour que la composition génétique des populations ait pu changer. Donc, c'est du côté de l'environnement qu'il faut chercher et c'est ce que montre l'étude de l''INSERM.
            La prévalence de l'asthme chez les enfants est extrêmement hétérogène selon les pays : de 4,1 % à 32,1 % chez les jeunes enfants et de 2,1 % à 32,2 % chez les adolescents; les plus fortes proportions : le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ainsi que certains pays d'Amérique du Sud; parmi les pays européens non anglophones, la prévalence de l'asthme décroît de l'ouest vers l'est et du nord vers le sud. Enfin, les chiffres de prévalence obtenus chez les adultes sont le plus souvent inférieurs à ceux relevés chez les enfants.
 
            Une étude originale est en cours dont l'origine avait été la constatation que le contact de la volaille et du bétail réduisait la prévalence de l'asthme.
            Cette étude examine l'influence d'endotoxines bactériennes sur les cellules immunitaires dites dendritiques qui, les premières, détectent les agents infectieux et libèrent des médiateurs qui, pense-t-on, atténuent les réactions favorables à l'asthme.
            La disparition des endotoxines bactériennes de notre environnement et de notre nourriture aseptisés aurait-elle favorisé et favoriserait-elle l'asthme et les allergies ?
            Finalement, entre l'évolution de notre mode de vie et la pollution que nous engendrons, on peut se demander si l'asthme n'est pas un mal de notre civilisation.
   
Par April assurance santé le Jeudi 26 avril 2012 à 8:05
J’ai relevé avec intérêt la qualité de cet article.
 

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