Jeudi 7 janvier 2010 à 8:57

Relations avec nos parents, famille

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    Vous êtes souvent en révolte contre les règles auxquelles vous soumettent vos parents.
    Et pourtant, depuis une quarantaine d’années, la conception de l’autorité au sein de la famille a considérablement évolué.
    Vous trouveriez certainement que mes parents et grands-parents étaient très sévères avec moi et que je l’étais également vis à vis de mes enfants.
    Et pourtant cela ne me traumatisait vraiment pas de leur obéir !

    L’évolution des idées en mai 68 a provoqué un changement considérable de la famille, et a entraîné notamment une plus grande autonomie de chaque individu.
    Même si l’on a conscience que la société ne peut vivre sans règles ni contraintes, il est acquis aujourd’hui, que chaque règle doit être discutée, analysée, critiquée : l’éducation des enfants s’appuie toujours sur des références et des idéaux, mais les parents doivent définir leur modèle d’éducation et l’expliquer à leurs enfants.
    Les croyances religieuses et  les idéologies se sont effritées, les lendemains qui chantent ne sont plus d’actualité avec l’extension du chômage et de la pauvreté, et le respect des traditions s’est envolé; de plus les familles pluri-parentales, suite aux divorces, diluent encore la responsabilité des parents.
    Beaucoup de parents, soucieux du bonheur et de l’épanouissement de leurs enfants,  sont convaincus qu’ils exercent trop de contraintes sur eux et cette croyance introduit une confusion entre la tyrannie, qui empêche et interdit, et l’autorité, qui permet et autorise.
    La plupart des parents sont persuadés que les conflits vont à l’encontre du rapport affectif, et que l’amour ne peut se manifester que de façon positive. Cette conviction, alliée à une admiration sans borne pour les potentialités de leurs enfants, les conduit à se prosterner devant eux, comme s’il n’existait que des individus uniques et parfaits qui n’ont nul besoin d’être éduqués.
    Peut être cela rappelera t’il à certains d’entre vous qui sont au lycée, des lectures de Jean-Jacques Rousseau.! (Si on les fait encore !).

    La mode de la psychanalyse a également déresponsabilisé les parents lesquels refusent de “frustrer” leurs enfants par des interdits, les empêchant par là même, de se frotter à la réalité et de s’y habituer.
    Et s’ils sont tristes, on ne cherche pas à savoir pourquoi, on les confie plutôt à un psy !
    C’est une erreur car  les conflits ne mènent pas à la destruction des liens, mais au contraire, permettent de les construire.
    Nous oublions que si l’enfant est une personne, il n’est pas un adulte pour autant et quand il n’y a plus de règles, la famille rencontre des difficultés.
    
    Je pense donc que les “enfants gâtés tyrans” ne sont pas des ados en crise, mais un produit de notre société actuelle, peu éducative.
    A force d’avoir tout ce qu’ils veulent, ils en désirent toujours plus, voire ne savent plus quoi demander, et le moindre refus les traumatise.
    Louis Roussel (sociologue spécialiste de la famille),constate :
“L’abolition des contraintes était censée nous faire accéder à la liberté; elle nous condamne le plus souvent à l’irrésolution sur la façon de conduire notre vie privée, à l’angoisse terrible de se tromper de chemin “
    Et ceci est probablement une explication au phénomène surprenant de la souffrance de beaucoup d’adolescents, qui sont pourtant des privilégiés de la vie et qui sont obsédés par cette idée : trouver leur voie.

    Cela dit je ne voudrais pas généraliser. La plupart d’entre vous ne sont pas des enfants -tyrans et beaucoup arrivent, avec quelques efforts, à trouver leurs parents encore “supportables” IOI, et peu à peu aussi, à trouver leur voie.

    Par contre je suis également frappé que, à contrario, certains parents ont encore des méthodes d’éducation très rigides, encore plus sévères que celles que j’ai connues enfant, et qui parfois frisent la tyrannie.
    C’est d’autant plus regrettable, que, dans le monde trop permissif d’aujourd’hui, cette attitude apparaît encore plus anormale à leurs enfants, qui comparent leur famille à celle de leurs camarades et ont évidemment tendance à se croire victime et à idéaliser à tort, la famille des autres.

  
  Le manque d’autorité comme son excès, sont finalement aujourd’hui la cause de beaucoup des malaises des jeunes qui m’écrivent.
   
Par kaa le Jeudi 7 janvier 2010 à 9:47
Très bonne analyse que ne contredira surement pas le monde enseignant !
Par contre, je ne suis pas convaincu que tu te fasses que des amis parmi les ados dans tes deux derniers articles ...
Par 100choses le Jeudi 7 janvier 2010 à 10:27
Par mes activités professionnelles et bénévoles, j'ai été en contact avec pas mal d'enfants/ado. et j' ai ressenti ce que tu décris dans ton article. Ca fait du bien quelque part, car j'avais l'impression d'être "vieux-jeu" à 22 ans..
Par alyane le Jeudi 7 janvier 2010 à 17:18
Je suis en contact avec des enfants régulièrement, autant certains sont très corrects autant les autres sont "pourris gâtés". Certains groupes sont très sympas, mais d'autres je fais la police sans arrêt, les parents sont d'accords en plus.
J'avais un ado franco-suédois, qui était le roi à la maison, qui nous a fait "un sermon" sur la fessée, mais refusait en plus la discussion et les arguments ne tenaient pas, donc on a clos le débat.
 

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