Jeudi 13 décembre 2007 à 18:52

Sexualité, Homosexualité

   


    J'avais écrit plusieurs articles sur l'homophobie, notamment celui du 17 novembre qui répondait à des mails que j'avais reçus et dont je critiquais les propos homophobes.
J'ai  pu lire un commentaire qui m'a beaucoup intéressé. Bien sûr il peut être lu par tous sur ce blog, mais vous ne retournez sans doute pas dans mes articles pour y lire les commentaires. Alors j'ai demandé l'autorisation de le reproduire ci après.

Commentaire de " Au Clair de Plume" :

[souffle coupé]
    Et on dit que les jeunes sont plus tolérants...au secours !
    Je ne suis ni homosexuelle, ni bisexuelle et pourtant je suis touchée au plus profond par toutes ces réflexions racistes (autant dire les choses telles qu'elles sont) que vous avez eu envers des personnes COMME vous. On est tous humains et je crois que personne n'a le droit de juger quelqu'un d'une telle manière. Comme le dit "lancien", ce n'est pas une maladie, et contrairement à ce que vous semblez le penser, ce n'est pas plus "un péché" et ils ne sont pas plus "assoiffés de sexe" que nous le sommes. N'avez-vous jamais imaginé que vos mots pouvaient blesser ? N'avez vous pas la moindre idée de ce que cela peut faire de se faire traiter ainsi ?
    Alors voilà, après les arabes, les noirs, les jaunes, les rouges, les nains, les handicapés, les femmes...voici venu le tour des homos ? Non mais franchement ! Pauvre celle qui est naine, handicapée, noire et homosexuelle !!!!
    Alors quoi ? On les bannit ? Pire, on les élimine ? Et vous ? Qu'est-ce qu'on fait de vous ? Répondez-moi ? Qui êtes vous pour juger ainsi des personnes qui ne vous ont rien fait ! Ont-ils dit que vos baisers d'hétéro les dégoutaient ? Et pourtant... Répondez moi ! Qu'est-ce qui est normal ? Où est la normalité !
    Tu te lèves le matin, tu te douches, tu prends ton p'tit dèj' et puis tu vas à l'école. Là-bas, ton ou ta petit(e) ami(e) t'attend sur les marches de ton lycée. Tu l'embrasses. Tu fais un calin à ton ou ta meilleur(e) ami(e). Tu vas en cours. Et puis tu rentres. Re-rituel. Tu crois que tu es heureux.
    Et voilà. Le lendemain, pareil et ainsi de suite toute la semaine. C'est parfait. Du moment que ton bonheur tu le trouves là. Du moment que tu as trouvé comment être heureux et avec qui tu l'étais. Vraiment.
    Et bien pour d'autres, ce bonheur là ne convient pas, ne convient "plus" peut-être. Tous les matins, ils se lèvent avec la crainte d'être "différent(e)s" et de s'apercevoir qu'il n'aime peut-être pas celui/celle qu'elle croit aimer...
    Dans le fond, ce n'est pas d'eux même qu'ils ont peur, mais de gens comme vous, qui jugent au premier regard ou même...sans regard aucun. Leur bonheur est à portée de mains. Dans ses* bras, à lui, ou elle. Et non. Impossible. Ils n'ont pas envie de se cacher pour vos beaux yeux. Ils ne veulent pas vivre leur bonheur à 50 %. L'accepteriez-vous ? Vous empêchent-ils de vivre le vôtre ? Et où est le péché ? Ils aiment MERDE ! Ils aiment peut-être plus que nous, et sûrement mieux aussi ! Ils aiment et on les juge pour cela. Sans savoir. Et sans chercher surtout.
    Et si votre enfant vous apprenait un jour qu'il était homosexuel ? Le bannirez-vous ? Franchement... Si ces hommes et ces femmes commettent un péché en aimant, alors je n'ose imaginez celui que vous commettez en les haissant...

    Et l'amitié ! Parlons en un peu de l'amitié !
Comme je vous l'ai dit au début de ce magnifique monologue, je suis hétéro. J'ai été élevé dans une famille tolérante et pourtant, mes parents semblent hermétiques, tout comme vous, à l'homosexualité. Pas méchants. Mais comme vous, et contrairement à tous leurs principes d'éducation, ils jugent. Sans connaître, sans savoir. Alors voilà, j'ai grandi dans une famille comme celle-ci, avec des parents qui m'ont appris à donner avant de prendre. Donner avant de recevoir. Donner, partager, tolérer. Je crois que ce sont les mots clés. Malgré cela, j'ai aussi grandi en ayant ancré en moi un certain schéma familial. Le papa, la maman et les enfants. Comment ce pourrait-il être autrement ? Et puis il y a quelques temps, j'ai appris par un tiers que mon meilleur ami était bisexuel. Ma réaction ? Les pleurs. Je ne pourrais pas exactement vous dire pourquoi. Je ne saurais pas l'expliquer comme il faut. En fait, il me semble que je tolérais l'homosexualité tant que ça ne me touchait pas, moi...
   Ce jour là, pas mal de choses ce sont écroulées. Des murs de certitude. Et des montagnes de tendresse sûrement aussi. Lui en vouloir ? Jamais. Le regretter à ce moment là ? Peut-être, sûrement même. Je me battais contre moi-même tandis qu'il se battait contre le regard des autres. Et je n'étais pas là pour lui. Absente. Est-ce cela que d'être amis ?
Je ne compte pas les nuits, les jours passés à pleurer en me demandant ce qui avait pu faire de moi une personne tellement horrible et intolérante. Je ne me regardais plus dans les miroirs et j'évitais les vitrines des magasins. Cesser de l'aimer ? Jamais, pour rien au monde. En fait, il me semble que c'est ce jour là que je l'ai perdu. Je n'avais jamais compris le pourquoi, le comment. Je viens, un an après, de mettre le doigt dessus. Tout était de ma faute.
   
    J'ai beaucoup aimé ce témoignage, la sincérité de cette attitude. Mais l'important c'était de réagir comme tu l'as fait, de se rendre compte d'abord que tu risquais d'être intolérante et de continuer ensuite à aimer ton ami comme avant.

Par last-masquerade le Vendredi 14 décembre 2007 à 19:11
C'est vrai, je suis moi-même bisexuelle, mais je ne m'en cache plus. Contrairement à ce qu'on peut croire, il a été beaucoup plus difficile, voir impossible, de se faire accepter par les autres, alors que moi-même je ne me suis pas posé de question. Pourquoi l'amour serait-il un mal ?
Mais la tolérance se fait de mieux en mieux à ce niveau je trouve. Mais c'est peut-être parce que les Littéraires sont censés être plus ouverts que dans ma classe, je n'ai reçue aucune insulte, rien, et aimer les filles n'a pas paru choquant à mon entourage. Avec ma précédente petite amie, comme nous nous voyions souvent, mais que nous n'avions pas d'autres choix que d'être chez moi, j'avais du mal à passer outre le regard de ma mère. J'avais peur qu'elle se doute de quelque chose. J'ai beaucoup réfléchi, et finalement je lui ai dit, un jour que nous étions au restaurant. Elle a été très surprise. Elle ne pensait pas du tout ça, mais il faut dire que dans ma famille, il n'y a aucun dialogue. Au début, elle m'a dit qu'elle espérait que je changerait d'avis... ça m'a un peu troublée mais plutôt que de prendre ses mots à la lettre, j'ai préféré lui laisser le temps d'analyser la nouvelle. Mais rien n'a changé entre elle et moi. Cependant, il est clair que jamais mon père ou le reste de ma famille ne le saura. Ils sont tous très catholiques, même s'ils n'appliquent pas leur morale à la con [pardon de la vulgarité -__-], et je n'ai pas envie de rester attachée à eux. J'imagine leur tête si je leur disais. Je me fais déjà très mal voir pour avoir fait littéraire, m'êtrre rasé une partie des cheveux ou me les être fait teints...
Il ne faut pas non plus dire que tous les gens d'aujourd'hui sont sectaires au point de se fermer à la tolérance. Je pense que comme pour tout, il faut laisser le temps a la société de s'y faire. C'est comme la situation des femmes dans le monde du travail. [...]
Par last-masquerade le Vendredi 14 décembre 2007 à 19:12
[...] suite :)
On a considérablement progressé en quelques années alors qu'il a fallu des siècles et des siècles pour reconnaître ne serait qu'un semblant d'autorité à la femme ! Laissons au temps le soin de faire les choses.
 

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