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    J’ai lu sur le dernier numéro de la revue « Pour la science », un article sur l’influence de l’usage d’Internet et plus particulièrement de Google sur notre mémoire.
    Mais j’ai déjà fait allusion dans plusieurs articles au fait que nous confions nos données aux moyens modernes tels qu’ordinateur, tablette, téléphone et que nous n’avions plus besoin de mémoriser de nombreuses données (notamment adresses et numéros de téléphone), mis que d’une part nous étions démunis en cas de panne de nos appareils et que, surtout, nous n’exercions plus assez notre mémoire.
    L’article s’intéresse plutôt aux données courantes ou techniques, qui nous servent dans la vie, et pour lesquelles, internet a bouleversé nos habitudes.

    Jusqu’à 1980, l’ordinateur n’existant pas chez les particuliers (j’ai été parmi les premiers à avoir en 1980 un microordinateur Apple2), et les données étaient stockées soit sur du papier (mais c’est laborieux à trouver, même avec des fiches bien classées) et dans la mémoire humaine, le cerveau étant, de ce point de vue, un outil remarquable, mais à condition de l’exercer cela.
    Malgré tout, le savoir est trop volumineux et l’habitude, pour ne pas surcharger les mémoires et mieux utiliser les moyens disponibles, était d’utiliser les divers cerveau du groupe. On se répartissait les métiers et les données à retenir, et chacun faisait appel à celui qui avait données et compétences adéquates. Mais on essayait de conserver dans son propre cerveau les données les plus importantes, qui nous servaient le plus souvent.
    L’arrivée d’internet a complètement bouleversé la situation.

    En fait l’ordinateur a peu à peu remplacé les partenaires avec lesquels nous partagions des données. Nous pouvons trouver sur Google de nombreux renseignements et nous n’avons donc plus besoin d’autres personnes pour nous aider à les retenir et les restituer si besoin est.
    Mais nous avons aussi confié aux divers logiciels de l’ordinateur ou du téléphone, nos données personnelles (à part quelques unes qu’il vaut mieux garder à l’abri, comme les codes d’accès à certains sites bancaires ou autres), et nous ne les retenons plus. Je connais encore les numéros de téléphone de mes enfants carie les utilise souvent, mais je ne connais plus les autres numéros, alors qu’il y a 30 ans, j’en connaissais environ 200,qui me servaient dans ma vie personnelle et mon travail.
    Bien plus nous ne faisons plus k’effort pour les retenir. Des chercheurs ont fait une expérience de mémorisation de données apparaissant sur un écran, avec deux groupes de personnes; on avait dit au premier groupe que les données ne seraient pas mémorisées par l’ordinateur et au second qu’elles le seraient. Le second groupe s’est avéré beaucoup moins performant. La peur de perdre des données fait faire plus d’effort pour les mémoriser,  quand on ne peut pas compter sur la machine.
    Et recourir à internet est devenu un réflexe quand on ne sait pas ou on ne retrouve plus une notion, voire un mot. J’ai quatre dictionnaire chez moi et trois en Bretagne, et même si certains sont vieux, j’y avais recours plusieurs fois par jour il y a 30 ans. Maintenant, même si je ne fais qu’un mot croisé, ou si je veux vérifier l’orthographe d’un mou ou la conjugaison d’un verbe, je vais devant mon mac, et le dictionnaire ne me sert plus que rarement. Et chez mes derniers petits enfants, c’est pire : ils ne savent plus se servir d’un dictionnaire et mettent trois fois plus de temps que moi pour y trouver un mot.
    Nous allons peu à peuples loin dans ce chemin, faisant confiance à l’ordinateur pour nous rappeler certaines données de notre vie, les données « épisodique » et nous avons notre banque de donnée de photos numériques, voire notre journal intime, si ce n’est sur le net, au moins sur le disque dur.

    Ce changement a certains avantages : il est certain qu’internet emmagasine bien plus de données qu’un groupe de personnes, qu’on y a facilement accès, que l’ordinateur ou le smartphone sont toujours disponibles (ou presque),  et que les données sont mises à jour (ou datées) et qu’elles ne s’évanouissent pas dans l’oubli. Les souvenirs stockés sur la machine ne se transformeront pas, alors qu’à chaque réminiscence dans notre cerveau, nous réenregistrons un souvenir un peu différent de celui précédemment stocké.
    Donc sur le plan efficacité on peut s’attendre à un bilan plutôt positif.

    Certaines des conséquences sont inattendues. Des chercheurs ont fait répondre deux groupes de personnes, de formation scientifique, à des questions diverses difficiles, le premier groupe disposant d’internet et le second n’en disposant pas. Puis ils ont soumis les personnes à un questionnaire sur l’opinion qu’ils avaient d’eux mêmes.
    Le premier groupe avait mieux répondu aux questions scientifiques posées,ce qui est normal avec l’aide de Google et leur estime d’eux mêmes était très au dessus de celle des personnes du second groupe, alors que leurs réponse n’étaient que des copier-coller des données internet, alors que le second groupe avait dû faire preuve de réflexion et d’effort de mémoire. Le premier groupe était fier d’un travail pourtant peu valorisant et ne demandant que peu de qualités.

    Cette influence de l’informatique est pernicieuse, car elle aboutit à une espèce de fusion virtuelle entre le cerveau des utilisateurs d’internet et Google, et finalement ces utilisateurs finissent par être persuadés d’en savoir plus que tout homme d’il y a 20 ans, alors qu’ils ont en fait de moins en moins de connaissances. C’est en quelque sorte la conclusion de l’article, comme une mise en garde.

    J’ai toutefois un avis un peu différent sur le sujet.
    J’ai toujours fait appel à des données extérieures, mais « papier », qui étaient des revues scientifiques et des données d’articles et de documentation trouvées en bibliothèque.
    Aujourd’hui je lis toujours un certain nombre de revues scientifiques, mais j’ai accès, sans me déplacer, à bien plus d’articles d’universités dans les domaines qui m’intéressent.  Par contre je fais énormément appel à internet pour d’une part vérifier des données diverses si je ne me les rappelle plus, et d’autre part pour stocker les adresses des articles consultés.
    C’est donc vrai que je fais moins appel à ma mémoire et surtout je ne susi plus obligé de prendre de nombreuses notes, de faire des photocopies, et de classer de façon méticuleuse mes articles papiers.
    Par contre trouvant plus d’articles et certains n’ayant pas les mêmes conclusions, je suis obligé de réfléchir davantage pour comprendre ces données et de me poser des question sur la véracité et la qualité de ce que je consulte. Mon estime de moi n’a guère augmenté; j’ai simplement l’impression d’être plus performant parce que je dispose de meilleurs moyens, et du coup ma curiosité intellectuelle s’est plutôt accrue.
    Mais cet usage d’internet et de Google m’en montre les difficultés. si on veut trouver une information donnée un peu pointue, c’est difficile, car les moteurs de recherche ne sont guère performant, ne connaissant même pas la différence entre les commandes « et » et « ou ».  Il faudrait de meilleurs moteurs de recherche et surtout apprendre aux utilisateurs à s’en servir, pour trouver ce qu’ils souhaitent.
    D’autre part n’importe qui peut mettre n’importe quoi sur internet, et donc la qualité de ce qu’on y trouve est discutable. Il faut du bon sens pour faire un premier filtre, puis rechercher plusieurs versions que l’on puisse comparer, pour estimer au mieux la valeur des éléments recueillis.
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