Samedi 19 septembre 2009 à 9:43

Ecologie, Changement climatique

    L’énergie nucléaire est maintenant bien connue, mais c’est cependant une énergie nouvelle d’une technique plus délicate que les centrales thermiques classiques et elle est donc moins répandue dans le monde puisqu’elle ne représentait en 2006 que 7% de l’énergie primaire contre 80% aux énergies fossiles  et en matière de production d’électricité 15% contre 67 % pour les énergies fossiles.
    Pourtant les centrales nucléaires peuvent dans un espace restreint  constituer des sources énergétiques très puissantes de l’ordre du Gw. et elles ne donnent lieu à aucun dégagement de CO2 puisqu’il n’y a pas de combustion carbonée.
    L’énergie nucléaire est donc la seule dans l’état actuel de la technologie, qui puisse aujourd’hui nous permettre d’assurer la production d’énergie et notamment d”électricité en quantités suffisantes et sans émission de CO2 donc dans des conditions écologiques.


    Le développement des centrales nucléaires a été plus lent depuis 20 ans et le public est toujours assez inquiet face à ce développement. Pourquoi ?
    C’est dû essentiellement à deux problèmes qui ont été très mal expliqués aussi bien par les scientifiques que par les hommes politiques :
    - les deux accidents de Three-Mile-Island  en mars 1979 aux USA et surtout celui de Tchernobyl en avril 1986 en Russie.
    Et pourtant la sécurité dans l’industrie nucléaire est la plus grande par rapport à toutes autres industries.
    - le problème des déchets radioactifs qui est très bien résolu et d’une sécurité sans commune mesure avec celle des déchets des industries chimiques ou agricoles. Mais ce problème n’est pas compris parce que mal connu parce qu’on l’a peu expliqué.


          L’accident de Three Mile Island. (1979)


    Une défaillance dans le circuit de refroidissement et des manoeuvres malheureuses des opérateurs ont entraîné la fonte partielle du coeur du réacteur. Mais le réacteur étant enfermé dans une enceinte étanche et solide, il n’y a pas eu de fuite extérieure, ni de destruction dans le bâtiment.
    Pas de victime et aucun danger pour la population dont une partie a été évacuée suite à une certaine panique et “par précaution”.
    C’était le début de l’exploitation de l’énergie nucléaire et cet accident qui n’a pas eu de conséquences graves, a permis de renforcer dans les pays d’occident, les normes et les consignes de sécurité et la sureté des réacteurs présents à l’époque et en construction.
    Mais la population américaine, traumatisée et mal informée a conçu une certaine méfiance vis à vis du nucléaire et les américains ont ralenti ensuite le développement de leurs programmes nucléaires.

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    L’accident de Tchernobyl (1986).

    Cet accident a par contre engendré une catastrophe du fait de l’incurie des services soviétiques.
    La sureté du réacteur russe était mal conçue par rapport à celle des réacteurs occidentaux; : alors qu’il était moins stable sur le plan du fonctionnement, il ne possédait pas de double enceinte en dépression résistant à une explosion et limitant d’éventuelles sorties de produits radioactifs. Par ailleurs la formation des personnels, les équipements de sécurité et les consignes en cas d’accidents ainsi que les matériels de détection et de protection étaient déficients ou inexistants.
    Les causes de l’accident sont encore assez discutées. Il est certain que les opérateurs ont commis de grosses fautes en faisant des essais qui à l’occident seraient totalement interdits, en court-circuitant des sécurités et en violant les règles de sécurité écrites. Mais il semble qu’en outre l’explosion d’un transformateur électrique ait créé un flux de monopôles magnétiques qui aurait contribué à un emballement du réacteur.
    Le coeur du réacteur a été partiellement détruit, mais a continué de fonctionner pendant huit jours; des erreurs dans le refroidissement ont entraîné des dégagements d’hydrogèneprovoquant une explosion et entrainant la destruction de l’enceinte et la sortie de produits radioactifs. Les mesure prises pour limiter cette sortie de produits radioactifs dans l’atmosphère ont été une suite d’erreurs et l’ont en fait, aggravée.
    Les réactions des services d’intervention ont été anarchiques, sans mesures en zone radioactive pour limiter les doses reçues par les sauveteurs, ce qui a entraîné une quarantaine de morts parmi eux.
    Les services de protection civile ont été complètement déficients et n’ont pas pris les mesures nécessaires vis à vis de la population qui a été tardivement et anarchiquement évacuée (250 000 personnes), de telle sorte que, même s’il n’y a pas eu de décès sur le moment, la contamination dans les 150 km autour du site, et des 600 000 personnes intervenues sur le site pour travaux dans des conditions de sécurité désastreuses, a entraîné, dans les vingt ans qui ont suivi,  4000 cancers de la tyroïde (dus à l’iode 131 radioactive, au lieu de 50 “naturels” en l’absence d’irradiation,) et probablement un certain nombre de cancers ou leucémies, dus à d’autres radioéléments (notamment césium 137) mais qui n’ont pu être dénombrés, car il est difficile de suivre les déménagements des personnes et impossible de différencier les maladies naturelles de celles provoquées par une irradiation quand elles ne sont pas assez nombreuses.
    Dans les zones éloignées de l’accident et notamment en Europe, l’augmentation très faible de radioactivité a été sans conséquence notable et observable.
    Mais cet accident a d’une part appelé l’attention sur l’importance non seulement de la conception des réacteurs en matière de sureté, mais aussi sur la formation indispensable des équipes de conduite de la machine et d’intervention en cas d’incident, et quant à l’équipement, la formation et l’entrainement au niveau des équipes de la Protection civile.
    Il a aussi malheureusement alarmé considérablement la méfiance de la population mondiale vis à vis du nucléaire, par manque de transparence et d’information et également parce que les effets des radiations nucléaires sont un ensemble de connaissances complexes difficiles à expliquer.   
    Un élément qui favorise la sécurité est que la détection des produits radioactifs est facile grâce aux rayonnements qu’ils émettent et que l’on peut détecter jusqu’à des quantités infimes absolument sans danger, grâce à des appareils spécifiques.
    Par rapport aux produits chimiques c’est un énorme avantage et cela permet des contrôles très performants en matière de sécurité.
    Mais évidemment cela entraîne aussi parfois des énormités dites par les journalistes qui ne sont pas très au courant de ces unités physiques compliquées et font facilement des erreurs d’ordre de grandeur de mille voire d’un million !

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La sureté des centrales nucléaires.

    L’accident de Tchernobyl n’aurait pas pu se produire en occident qui avait une conception plus sérieuse de la sureté et de la formation des équipes et qui avait renforcé ces actions après l’accident de Three Mile Island.
    En fait  l’industrie nucléaire en occident est celle où il y a le plus petit nombre d’accidents et même d’incidents.
    En France il n’y a jamais eu de victime dans le domaine nucléaire, le seul mort dans cette industrie ayant été victime à Cadarache, d’une explosion chimique d’hydrogène par contact accidentel de sodium avec de l’eau.
    De petits incidents de contamination qui résultent de petites fuites dans les réseaux faiblement contaminés arrivent, mais leurs conséquences sont négligeables, le taux de rejets restant très faible et maîtrîsé, bien que les journalistes en soient friands et les montent en épingle, alors qu’ils ne se préoccupent pas des nombreux incidents qui surviennent tous les jours dans les industries chimique, mécanique et électrique.
    La sureté des nouveaux réacteurs de 3ème génération (EPR) a encore été accrue et le risque d’accident grave est pratiquement nul.
    Les pays européens et les américains ont suivi la même voie. Certes dans le monde, de plus en plus de pays en développement souhaitent disposer de réacteurs nucléaires et il leur faut avant tout développer une culture de sûreté sans faille. Cela demande du temps. Mais la chose est possible : les Indiens, les Chinois, les Pakistanais, les Sud-Coréens l'on montré.


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              Les déchets radiactifs :

    Un autre problème qui fait peur à l’opinion est celui des “déchets radioactifs”.
    Il faut d’abord savoir qu’il ne s’agit pas de déchets que l’on met à la poubelle et que la détention et le stockage de produits radioactif est sévèrement réglementé et contrôlé (on peut détecter des quantités infimes grâce au rayonnements émis).
    Il existe des déchets radiactifs provenant d’exploitation de matériaux dans lesquel il y a des produits radioactifs naturels, (comme le radium ou l’uranium par exemple) et d’autres constitués par des sources ou traceurs radioactifs utilisés dans l’industrie ou en médecine.
    Ils font l’objet d’une réglementation et d’un stockage particuliers.

    Les déchets dont je parlerai sont ceux qui intéressent les médias : ceux générés par l’utilisation des centrales nucléaires (ou lors de leur démantèlement).
    Ils résultent du phénomène utilisé dans le mécanisme de fission l’uranium se cassant de des produits de fissions radioactifs divers, et en produisant de l’énergie utilisée pour chauffer un fluide qui dans un circuit d’échange spécial, transformera l’eau en vapeur destinée aux turbines; les alternateurs qui leur sont liés produiront l’électricité.
    Mais en plus des produits de fission radioactifs, l’uranium 238 non fissile peut capturer un neutron et se transformer en d’autres éléments radioactifs
de masse plu élevée, donc du bas du tableau de Mendéléef  que l’on appelle les “actinides” dont le plus abondant est le plutonium 239 lui même fissile.
    Le problème est que si certains de ces éléments radioactifs ne sont dangereux que pendant quelques années voire moins (la plupart des produits de fission) certains radioéléments le sont pendant des milliers d’années, et que pour le moment on ne sait pas “détruire” la radioactivité, ce qui évidemment fait peur.
   
    Une première chose qui est ignorée est que la quantité de déchets en provenance des centrales est faible : en France qui possède de nombreux réacteurs, le tonnage total de déchets est actuellement de l’ordre de 50 000 tonnes, à comparer aux millions de tonnes de déchets chimiques.
    Les combustibles usagés contenant les produis radioactifs sont traités au centre de la Hague, qui isole les éléments radioactif et recycle l’uranium et maintenant également le plutonium, sous forme de barres de combustible d’un mélange U-Pu appelé MOX.
    Les déchets radioactifs résiduels sont concentrés, puis vitrifiés dans des céramiques qui sont coulées dans des fûts en acier inoxydables, eux mêmes mis dans d’autres fûts étanches.
    Selon la radioactivité des produits, ceux ci sont stockés dans des hangards, dans des cuves “piscines” ou dans des galeries creusées dans des couches géologiques imperméables.
    Des études importantes ont été faites sur le plan de la sécurité de conservation de ces déchets.

    Mais on commence à savoir faire évoluer ces déchets.
    Les produits à vie très longue sont surtout les actinides et dans les futurs réacteurs à neutrons rapides de la 4ème génération qui verra le jour vers 2030/2050, on saura transformer les actinides en combustibles fissionnables et donc les détruire.
    Des recherches très récentes menées en Russis, suite à la découverte par un français, le professeur Lochak des “monopoles magnétiques” , montrent qu’on pourrait peut être dans un avenir plus lointain agir sur la radioactivité elle même et notamment sur la longueur de vie (période) des produits radioactifs.

    De ce long exposé un peu technique je retiendrai trois choses essentielles :
    - les techniques et la sureté nucleaire sont maintenat à un haut niveau qui exclut les accidents graves (genre Tchernobyl) et l’industrie nucléaire est celle qui comporte le moins d’incidents et d’accidents.
     En fait les dangers pour la santé des réacteurs nucléaires sont bien moins grands que ceux provenant du fonctionnement et des rejets dans l’atmosphère et l’environnement des centrales à charbon et des usines de raffinage du pétrole (ou des usines chimiques de synthèses ou de traitement des métaux)
    - la conservation des déchets radioactifs, d’un volume peu important, qui fait peur au public est maitrisée et bien moins dangereuse que celle des déchets chimiques ou métalliques dont les rejets et stockage sont insuffisamment surveillés.
    - l’énergie nucléaire est actuellement la seule qui permette de produire suffisamment d’électricité à un coût raisonnable, sans rejets de CO2 et de gaz à effet de serre.

Par ame-voyageuse le Samedi 19 septembre 2009 à 12:59
moui article très interessant, de toute façon dans chaque facette il y a le mauvais et bon côté. Mais on va dire que nuclaire apporte aussi des mauvais côtés pas négligeable... car on ne sait pas tout, et on fait le tri dans ce qu'on veut nous donner.
Par ame-voyageuse le Samedi 19 septembre 2009 à 12:59
comme information*
 

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