Dimanche 20 septembre 2009 à 8:36

Ecologie, Changement climatique

Nous avons vu hier les avantages et les inconvénients de la production d’energie nucléaire.
Quel est le point et l’avenir de son développement.?


    Les réacteurs nucléaires actuellement en service sont ceux de la “deuxième génération” et la plupart d’entre eux sont des réacteurs  “à neutrons lents et eau pressurisée”.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/N6Schema03A.jpg     Le combustible utilisé est un mélange d’uranium 238 non fissile, que l’on a enrichi en uranium 235, avec une proportion de 5% d’U235 fissile. (je rappelle que pour faire une bombe à fission il faut au moins 95% d’U 235, c’est totalement différent !!).
    L’uranium 235 va subir la fission s’il est soumis à des neutrons peu énergétiques dits “neutrons lents”, et il émet alors des neutrons très énergiques dits “rapides” , des rayonnements nucléaires (c’est pour cela qu’on met du béton autour du coeur pour les absorber) et de l’énergie sous forme de chaleur.
    Pour que la réaction s’entretienne, il faut que l’on ralentisse les neutrons rapides produits, en neutrons lents pour qu’à chaque neutron lent absorbé on récupère  un neutron lent à partires neutrons rapides émis. L’eau pressurisée a cette fonction de ralentisseur de neutrons et d’autre part des barres qui absorbent plus ou moins les neutrons lents permettent de piloter la réaction et donc la puissance émise sous forme de chaleur.
   

        L’énergie nucléaire dans le monde fin 2007 :

    - 438 réacteurs électrogènes de deuxième génération en fonctionnement dans 31 pays; (France: 59 réacteurs)
    - 368 GW de puissance installée; (France: 63GW)
    - 246 réacteurs en projet (France: 1 EPR)
    - 45 réacteurs en construction (France: 1 EPR)
    - 15% de l’électricité fabriquée en 2007 (France: 78,5%)
    Les pays qui ont le plus de réacteurs sont  :
USA 103; France 59; Russie + Ukraine 46; Corée du sud 20; Canada 18; Allemagne 17; Inde 15: Suède 10.
    Par contre on remarquera que la France ne contruit actuellement qu’un seul réacteur de 3ème génération à Flamanville : l’EPR.
    Par rapport aux réacteurs de 2ème génération l’EPR utilise un mélange Uranium 238, Uranium 235, Plutonium (combustible MOX) mais est toujours de technique neutrons lents et eau pressurisée.
    Son avantage est qu’il aura un meilleur rendement, une meilleure fiabilité et une sureté encore accrue.
    C’est donc un réacteur de 2ème génération amélioré.


    L’énergie nucléaire est durable :

    Le problème actuel des réacteurs de 2ème génération est qu’ils n'utilisent que l'isotope fissile U235 de l'uranium naturel dans lequel il ne représente que 0,7%. Mais l'uranium 238 qui représente les 99,3 autres % est fertile, c'est-à-dire qu'on peut le transformer en un matériau fissile le Plutonium 239.
    Il sera possible de produire plus de Plutonium que l’on consomme d’Uranium avec des réacteurs à neutrons rapides : les réacteurs dits surgénérateurs avec lesquels on multipliera alors la ressource par 100.
    La durabilité des ressources de combustible nucléaire s'exprimera alors en millénaires, voire en dizaines de millénaires si l'on utilise en plus le thorium, dont les ressources planétaires semblent plus abondantes que celles d'uranium.
    Dans un réacteur à neutrons rapides, grace à une structure particulière du combustible plus compacte et un enrichissement plus grand permet d’entretenir la fission sans ralentir les neutrons et donc d’avoir de meilleurs rendements tout en produisant un combustible fertile à partir du combustible non fissile.

        Les réacteurs de 4ème génération :

    Les USA, considérant le nucléaire comme incontournable, mais en même temps, réalisant que le développement de filières nouvelles, vu son coût et les incertitudes qui en entourent toute recherche, doit être international, ont donc créé le Forum International de 4ème génération, auquel adhérèrent immédiatement 9 autres pays, dont la France puis, peu après, l'Union européenne, et, fin 2006, la Russie et la Chine.
    La quatrième génération est révolutionnaire : son objectif majeur est de pérenniser les ressources d'uranium en valorisant l'U 238 grâce à des surgénérateurs, mais aussi d'aller plus loin encore que les générations précédentes en matière de sûreté, de déchets, de durée de vie et de coûts du kWh produit. Après une pré-étude d'une centaine de filières, 6 d'entre elles ont été retenues pour exploration et recherche avancées dont la majorité à neutrons rapides
    Les filières dites « rapides » devraient être disponibles industriellement à partir de 2030.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/generationnucl.jpg

     La France était en avance de dix ans en matière d’études dans ce domaine :  après les deux prototypes Rhapsodie et Phénix qui fonctionne à Marcoule depuis plus de 30 ans, SuperPhénix était un réacteur français surgénérateur à neutrons rapides, qui a fonctionné ; il fut même en 1996 celui des 59 réacteurs français qui eut le meilleur coefficient de disponibilité
    Il est très regrettable que le développement de Super-Phénix ait été arrêté pour des raisons purement d'alliances politiques, faisant ainsi perdre à la France les dix ans d'avance technique qu'elle possédait dans ce domaine nouveau.
    A l'étranger, maintenant, alors que la France n’a pas continué ce développementle réacteur BN 600 (600 MW) fonctionne en Russie depuis 25 ans et les Russes ont entrepris la construction de BN 800, dont la mise en service est prévue en 2012. Les Indiens construisent un réacteur de 500 MW dont la mise en service est également programmée pour 2012.
    On peut penser qu’on disposera de réacteur de 4ème génération vers 2030/2040. En attendant  une troisième gération permettra de faire la soudure, plus performante et plus sûre : celle de l’EPR et de ses homologues étrangers.

    En définitive, on doit se méfier de tout jugement hâtif et précipité sur l'énergie nucléaire actuelle qui ne date que de soixante ans, l'âge du chemin de fer en 1890 ; elle est par rapport à l'énergie nucléaire du futur ce que le tortillard du 19ème siècle était par rapport au TGV.
    Que l'on aime ou que l'on n'aime pas l'énergie nucléaire, le bon combat est d'œuvrer pour un nucléaire durable, encore plus sûr, encore plus propre, c'est à dire faisant encore moins de déchets et qui permet la production d’électricité sans production de gaz à effet de serre.
   
Vouloir sortir du nucléaire est un combat d'arrière-garde que seuls quelques écologistes mal informés ou qui ne réfléchissent pas assez, poursuivent encore.

    Ce qu’en pensent les gouvernements et leur entourage :

Quelques citations :

L’Agence Internationale de l’énergie (11/2006) : « Une stratégie énergétique qui n'inclurait pas une utilisation importante du nucléaire serait risquée, polluante et chère »

La Commission Européenne (11/2001) : « Ceux qui veulent à la fois réduire les émissions de gaz à effet de serre, sortir du nucléaire, avoir une sécurité d'approvisionnement et sont contre les éoliennes, car c'est mauvais pour les oiseaux, vont devoir faire des choix. »

Le Parlement Européen (26/10/2007) : « Toute renonciation à l’énergie nucléaire rendra impossible la réalisation des objectifs relatifs à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la lutte contre le changement climatique »

Le gouvernement français (Discours de N. Sarkozy concluant le Grenelle de
l’environnement le 25 10 2007) :
 « La vérité est qu’il est illusoire en France de vouloir relever le défi du climat, notre premier défi, sans l’énergie nucléaire.
Aujourd’hui, nous n’avons pas d’autre choix, sauf à renoncer à la croissance. »


Oui mais ensuite le gouvernement institue la taxe carbone, mais ne construit qu’un EPR et n’aide pas l’étude des voitures électriques. Où est la cohérence ?


  
  Dans les prochains articles, je parlerai des transports  et des économies d’énergie, des habitations et de la consommation des ménages.

Par Paskale le Dimanche 20 septembre 2009 à 11:29
Pour moi, le nucléaire sera plutôt une manière d'amortir le choc sur la réserve du pétrole qui décroît, en gardant quand même de l'électricité disponible... Il faudra profiter du répit pour se reconvertir aux renouvelables, et ça ne se fera pas sans gros effort d''économies, parce qu'il est quasiment certain que les renouvelables ne suffiront pas à remplacer les fossiles. Mais dans un premier temps, le nucléaire (et en particulier en France) permettra de "garder les lumières allumées plus longtemps " ^.^
Par maud96 le Vendredi 25 septembre 2009 à 18:00
Les 2 problèmes essentiels des centrales productrices d'électricité à partir du nucléaire, ce sont, me semble-t-il, le "risque" (style Tchernobyl qui a eu un impact symbolique et politique considérable) mais peut-être surtout le traitement des "résidus" polluants pour des centaines d'années. Les USA, principaux producteurs d'électricité nucléaire dans le monde, n'ont aucune usine de retraitement en fonctionnement (celle qu'ils avaient a été fermée après 10 ans ). Les Japonais n'arrivent pas à démarrer leur projet de retraitement ( http://www.usinenouvelle.com/article/japon-l-usine-de-retraitement-nucleaire-ne-demarre-plus.N116533 )
Seuls 3 usines de traitement des déchets nucléaires sont en fonctionnement dans le monde. La plus importante : La Hague qui traite 50% environ des déchets nucléaires traités.
Pour le reste (les déchets non traités, civils et militaires), c'est le "trou noir"... avec des solutions "sauvages" très inquiétantes ! Lire ici : http://www.lepost.fr/article/2009/09/24/1711229_des-dechets-radioactifs-dans-la-mediterranee-cela-peut-il-arriver-en-france.html
Il y a ici : http://www.planetoscope.com/energie/nucleaire un "essai" (sans doute un peu artificiel) de compteur du traitement des déchets nucléaires en France qui est "amusant"... mais dont j'ignore la validité scientifique.
 

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