Dimanche 24 février 2013 à 8:11

Scarification, suicide

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           J’ai eu l’occasion ces temps derniers, de parler, avec certaines de mes correspondantes (notamment après le suicide de plusieurs jeunes), d’un sujet pas très gai et un peu tabou, “la mort”, et je crois qu’il n’est peut être pas inutile d’en parler parfois et d’y consacrer quelques articles.
            Déjà un de mes correspondants m’avait demandé si je craignais la mort et je lui avais répondu dans mes articles des 5 et 13 août 2010, que je craignais beaucoup plus de souffrir que de mourir, mais que ma préoccupation actuelle était plus de vivre et d’arriver à faire tout ce que j’entreprenais, occupations peut être un peu trop nombreuses pour le temps dont je dispose, et que parmi ces occupations, il pouvait y avoir aussi celle de préparer ma mort, non pas pour moi, qui n'en aurai plus rien à faire, mais pour ceux qui seront encore vivants après moi (et en fait, je prépare la vie des autres).
            Aujourd’hui je ne voudrais voir l’attitude de l’homme adulte face à la mort, mais celle des adolescents.
 
            L'enfant vit dans le présent, il prévoit peu son avenir et la mort lui est au départ inconnue et elle va le rester s'il n'y est pas confronté dans sa famille ou ses camarades. L'enfant s'éloigne peu à peu de la protection du nid familial, mais il découvre peu à peu la liberté et l’autonomie et il prend conscience que l'environnement  lui apporte gains et pertes, joies et douleurs.
            La mort évoque donc, pour l’enfant, l’expérience de la perte douloureuse, négative : la mort d’un parent, par exemple, est souvent pour lui la perte majeure de tout ce qu’il aime, de tout ce qui lui donne son sentiment de sécurité et là, il n’y a pas de compensation.
            La relation à la mort existe aussi dans les pulsions agressives ainsi que dans les « vœux de mort » de l’enfant vis à vis de ses parents ou camarades et dont les parents devraient l’aider à prendre conscience de leur signification, et à en faire un meilleur usage.
            L’enfant cherche à donner un sens à la mort, une explication(une punition, l’effet de vœux de mort), une justification (« pour laisser la place aux autres »), l’attribue à la vieillesse (qui est un temps si lointain qu’il pense ne jamais l’atteindre, et donc son angoisse est limitée).
 
            A l’adolescence, les questions sur la mort vont ressembler à celles que se posent les adultes, même si le langage est différent; elles portent surtout sur les modalités de la mort, sur l’angoisse et la souffrance (ça fait mal ?), sur ce que pense celui qui meurt (a-t-il peur, regrette-t-il sa vie, en veut-il aux vivants), sur ce qu’il devient dans leur vie à eux (est-il oublié, etc. ?).    
            La mort représente la solitude, le temps qui ne passe plus, l’impossibilité de faire ce qu’on faisait avant, le fait de ne plus être avec les autres, etc.
            Si cette présence de la mort peut se traduire parfois par des conséquences bénéfiques, par exemple des vocations médicales (vouloir combattre la mort) ou artistiques (représenter l’irreprésentable, faire intensément exister l’image, de ce qui n’est plus là...), elles peuvent aussi s’exprimer par l’attrait pour certaines oeuvres (livres de fantômes ou livres policiers), dans les sports dangereux (qui peuvent apparaître comme un jeu avec la mort, comme pour la défier ou s’en approcher au plus près, par curiosité), ou dans des comportements violents ou d’autodestruction (comme si la personne se sentait obligée de reprendre à son compte la violence insupportable de la mort pour ne pas lui laisser ce privilège).
 
            J’ai bien des fois été confronté à des adolescents qui pensaient trop à la mort, et pour un adulte, c’est beaucoup plus difficile de comprendre un adolescent pour lequel la mort est une obsession, alors qu’il a tout pour être heureux, ou que du moins, ses problèmes ne sont ni majeurs, ni vitaux, et cela d’autant plus qu’en général, il ne sait pas expliquer son attitude.
            Il faut alors beaucoup l’écouter, questionner, essayer de comprendre son environnement, mais c’est effectivement difficile de savoir comment l’aider à sortir de cette phase dépressive et dangereuse pour lui.
            Quant aux suicides, les jeunes que j'ai côtoyés et qui avaient des pensées morbides, n'avaient pas réellement envie de mourir et en avaient même peur, mais ils souffraient et à un moment ils avaient une "overdose de souffrance" qui arrivait comme une pulsion, et risquait de les entraîner vers l'acte fatal.
            On ne peut malheureusement être tout le temps près d'eux et les empêcher de ressentir cette chute brutale vers le gouffre.
            Alors il faut leur apprendre à en parler avant, quand ils ressentent qu'ils n'en peuvent plus, mais sont encore lucide, et s'ils en parlent à des camarades, il faut que ceux-ci alertent des adultes : les parents, les profs, l'infirmière de l'école.... Et les adultes doivent tout de suite croire au danger et intervenir, faire parler, écouter. Il ne faut pas perdre une minute.
            La mort est là qui rode, et elle agit très vite dans un esprit qui a perdu sa lucidité, quand " l'overdose de tristesse te de souffrance " l'a submergé.
Par MiMiNe le Dimanche 24 février 2013 à 10:31
J'aime beaucoup cette chanson qui parle de la mort : http://www.youtube.com/watch?v=uSCgZQ3EH2o "c'est pas faux" comme disent les jeunes ! :p
Par maud96 le Dimanche 24 février 2013 à 19:31
 

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