Lundi 22 juillet 2013 à 8:44

Enseignement, école, fac

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            Je me suis aperçu que j'avais parlé des sujets de philo du bac 2à&", mais pas des sujets de français. Ceux-ci m'intéressent pourtant aussi.
            Les deux sujets de L ou de S + ES comportaient un exercice proche du cours portant sur les textes joints à l'énoncé du sujet, puis soit un commentaire, soit une "invention" qui prolongeait ces textes soit une dissertation.
            Ce sont évidemment ces sujets de dissertations qui m'intéressent. Les voici :
 
            - Pensez-vous que toute création littéraire soit, d'une certaine manière, une réécriture? (L)
            - Le romancier doit-il nécessairement faire de ses personnages des êtres extraordinaires? (S + ES).
 
            Ces interrogations sur le métier d'écrivain et de romancier sont intéressantes.
            Je pense que la première question n'est pas particulière à la littérature, mais qu'on pourrait poser une question analogue pour toutes les activités et la créativité artistique.
            Comme le disait Pasteur des microbes, il n'y a pas de génération spontanée.
Toute construction de notre pensée ne crée pas ex nihilo et s'appuie sur nos sensations passées et donc sur notre mémoire. L'innovation, même en sciences, c'est de rapprocher des données en mémoire, que les autres personnes n'ont pas encore songé à rapprocher et c'est cela la créativité, cet art de mettre ensemble des choses qui ne le sont pas habituellement.
            La littérature n'échappe pas à ce phénomène.
            Bien sûr on peut rester très proche d'un modèle, d'une situation, voire d'autres récits existants, ce qui est le cas dans la parodie, le pastiche, la réécriture d'anciens succès dans un environnement différent (c'est très courant au cinéma).
            L'énoncé du sujet parle de "création littéraire", donc d'une œuvre qui ait une certaine originalité, qui fasse preuve d'imagination.
            En fait l'auteur va puiser en lui même et dans sa vie, dans les hommes qu'il connaît, dans les situations et environnements qu'il a traversés, ou qu'il a au minimum, rencontré dans sa documentation, ou dans ses études sur le tas.
            Son imagination va marier ainsi des situations et des personnes réelles différentes, qui ne se sont pas rencontrées réellement, mais il va évidemment broder sur les détails, partir de choses "possibles" pour en créer de nouvelles, qui leur ressemblent plus ou moins.
            Le problème de la créativité ce n'est pas d'innover tous azimuts, mais de créer à partir d'éléments différents proches de la réalité, un ensemble cohérent, qui ne soit pas invraisemblable, mais qui paraisse suffisamment différents de ce que nous connaissons.
            Toutefois la meilleure créativité n'est rien si le romancier n'a pas le don de nous intéresser et dont une écriture de qualité.
 
            Le second sujet m'amuse, car je pense évidemment tout de suite aux médias et à la soif d'extraordinaire et de sensationnel des journalistes.
            Ce qui me gêne un peu dans l'énoncé c'est "le doit il nécessairement". Il me semble que le romancier a le choix; et il me semble qu'il manque un but poursuivi, une conséquence. Pourquoi cette orientation d'êtres extraordinaires : pour réussir et être lu ? pour sa propre satisfaction de créateur ? Etre conforme à des règles, des habitudes ?
            Evidemment le romancier qui écrit un roman de fiction, un conte, un roman d'aventure héroïque ne peut se contenter de personnages trop proches de la réalité quotidienne, et il se doit de créer des personnages imaginaires et sortant de l'ordinaire, qui soient ou deviennent des héros. L'Iliade, l'Odyssée, la chanson de Roland, les romans de chevalerie en ont montré le chemin.
            Le personnage n'est pas forcément un héros au qualités ou dons extraordinaires, mais le personnage doit être suffisamment original par certains aspects, ne serait ce que psychologiques, en bien ou en mal.
            Mais tous les romans ne sont pas de ce type, et la plupart se passent dans notre monde, dans la réalité, et donc même s'il s'agit d'un héros, il doit se trouver dans un milieu qui ait une relation avec celui que nous connaissons.
            En fait si le personnage n'est pas en accord avec l'environnement, avec un minimum de réalité, il va nous apparaître comme décalé, comme invraisemblable. Le romancier doit adapter ses personnages aux situations et au décor dans lesquels il les place.
            Certains romans ont connu du succès tout en étant des romans autobiographiques, et donc sans vraiment souci de recherche de l'extraordinaire.
            Dans beaucoup de romans, il n'y a pas vraiment un héros, mais un ensemble de personnages, qui peuvent avoir des caractéristiques très différentes. La description d'un milieu, d'une société, d'une profession, qui nous plonge vraiment dans un environnement donné, peut impliquer des personnages très différents, sans véritable "héros" et être cependant passionnant.
            Je crois que pour qu'un roman nous intéresse ou nous touche, il faut qu'il nous implique suffisamment, qu'il nous fasse nous identifier, sinon à un personnage, au moins à l'histoire, aux lieux ou aux sentiments et émotions, que nous ne soyons pas uniquement spectateurs, mais un peu participants.
            
            Finalement quelque soit le caractère des personnages, un roman ne nous passionnera que si le sujet est intéressant et s'il est bien écrit. Le talent du romancier fait plus à mon avis que ses personnages.
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