Samedi 21 juillet 2007 à 9:49

Eveil, sommeil, rêves

    Nous passons environ le tiers de notre vie à dormir. Moi qui ai 75 ans, j'ai donc passé 25 ans à dormir. Le sommeil fait partie de la vie de tous les vertébrés supérieurs. Sa suppression sur une période prolongée a des effets dramatiques sur l'équilibre physiologique de l'organisme. A l'extrème, on perd la raison et on meurt. Bref, dormir est presque aussi important que se nourrir ou respirer.

    Et pourtant, les scientifiques ne savent pas encore exactement pourquoi nous dormons ! Cela peut sembler incroyable, mais malgré nos connaissances de plus en plus approfondies sur les mécanismes qui font que chaque nuit le sommeil l'emporte sur l'éveil, très peu de certitudes existent au niveau de tous les rôles du sommeil.

    Les différents sommeils

    Vous avez peut être appris en SVT que, dans les années  1950, les chercheurs ont constaté que le sommeil est loin d'être un phénomène unitaire, passif et dont la seule  finalité serait la récupération.

    Au  contraire l'activité électrique cérébrale, mesurée sous la forme d'un électroencéphalogramme (EEG) permet de distinguer entre le  sommeil lent (profond) et le sommeil paradoxal.
    Si  on analyse les caractéristiques de ces deux types  de sommeil et de l'éveil, on note d'importantes  différences physiologiques un peu partout dans l'organisme.

        -  Le tracé de l'EEG est  semblable pour l'éveil et le sommeil paradoxal  avec sa faible amplitude et sa fréquence élevée.  C'est le contraire pour le sommeil lent qui montre  plutôt une grande amplitude et un rythme lent des signaux électriques.

        -  Durant l'éveil, les sensations sont vives et proviennent de l'environnement extérieur. Elles sont également vives durant les rêves du sommeil paradoxal, mais générées intérieurement cette fois-ci. Quant au sommeil lent, les sensations sont absentes ou très atténuées.

        -  Quand on est éveillé, l'activité motrice est volontaire et  pratiquement continue. Durant le sommeil lent, elle est occasionnelle  et involontaire. Et lors du sommeil paradoxal, elle est inexistante  (sauf pour les mouvements oculaires rapides). En réalité,  les mouvements sont commandés par le cerveau mais  sont bloqués et non réalisés, d'où une  atonie musculaire généralisée.

        -  Les mouvements oculaires sont donc très fréquents à l'état de veille et durant les rêves, mais rares durant le sommeil lent.

        -  La pensée, plutôt  logique et progressive chez l'individu éveillé,  devient répétitive avec l'apparition  du sommeil lent et carrément illogique et étrange  durant les rêves. J'essaierai de l'expliquer dans un prochain article.
    Le sommeil lent semble correspondre à un état fait pour le repos.
    Les muscles sont plus relâchés, et les rares mouvements ne servent qu'à ajuster la position du corps. Le métabolisme général de l'organisme diminue : température, consommation d'énergie, fréquence cardiaque, respiration, fonction rénale, tout cela ralentit conformément à la prépondérance du système parasympathique durant cette phase du sommeil.
    Les rythmes lents de l'électroencéphalogramme (ou EEG) durant le sommeil lent indiquent que le cerveau semble également au repos.
    Les chercheurs caractérisent le sommeil lent ou profond par un « cerveau fonctionnant  au ralenti dans un corps mobile »
       
        -  À l'opposé, ils définissent le  sommeil paradoxal comme l'état d'un   « cerveau  actif halluciné dans un corps paralysé ».
    C'est surtout dans cette période que nous rêvons :
    Le comportement du dormeur et les modifications physiologiques que subit son corps durant  le sommeil paradoxal et le rêve sont très spécifiques.
    La fréquence de l'EEG élevée et sa faible amplitude évoquent celles de l'éveil.
    La consommation d'oxygène du cerveau, qui reflète sa consommation d'énergie, est très élevée, et même supérieure à celle du même cerveau éveillé qui réfléchit à un problème cognitif complexe.
    Il y a perte presque totale de tonus musculaire et nous sommes littéralement paralysés durant nos rêves ! Nos muscles respiratoires et cardiaques assurent toutefois les « services essentiels vitaux» et nos muscles oculairesdemeurent actifs en produisant les fameux mouvements oculaires rapides.
    Durant le sommeil paradoxal, la température interne  du corps n'est plus bien régulée et tend à glisser  vers la température de la pièce.

 
    Les cycles d'une nuit :


    L'électroencéphalogramme de sujets dormant des nuits complètes révèle une alternance des différents stades de sommeil (quatre stades de niveaux différents) selon des cycles très réguliers.
    (voir la figure ci dessous)



    Chaque soir, autour de la même heure, une sensation  de fatigue, de manque de concentration ou de froid nous incite à aller  nous coucher. Si nous allons au lit à ce moment, l'endormissement  est généralement rapide, soit moins de 10 minutes. 
    Nous descendons alors tous les stades du sommeil lent, du  stade 1 plutôt léger au stade 4 très profond. Puis, le sommeil  redevient léger pour quelques minutes et soudainement survient une première courte période de sommeil  paradoxal de 5 à 10 minutes. Ceci termine le premier  cycle de notre nuit de sommeil. Selon les individus, de une  heure et demie à deux heures se sont alors écoulées  depuis l'endormissement.




     Une nuit complète représente l'enchaînement de 4, 5 ou parfois 6 cycles de ce genre. À la fin de la période de sommeil paradoxal qui clôt chacun de ces cycles survient un moment où l'éveil est très facile et où l'on se réveille d'ailleurs très souvent.    
    Puis, on enchaîne avec un nouveau cycle. Nous ne gardons alors aucun souvenir de ces brefs éveils, qui durent généralement moins de trois minutes, et nous en profitons souvent simplement pour changer de position.
    Mais si vous réfléchissez trop à cet instant, si votre cerveau est trop stimulé, cela peut prendre un cycle complet avant que vous ne vous endormiez à nouveau. Ces éveils sont plus longs et plus fréquents après les deux premiers cycles de sommeil.
    C'est pourquoi quand vous êtes préoccupées !ou moi qui suis âgé et eai moins besoin de sommeil, nous restons éveillés  entre 4 et 6 heures du matin avant que nous réussissions finalement à nous endormir profondément.

    Après une période d'éveil durant  la nuit, on repasse nécessairement par des stades de sommeil lent.
    Bien que de durée semblable, les cycles évoluent  au cours de la nuit.
Les deux premiers cycles comportent surtout du sommeil lent profond. En contrepartie, le  sommeil lent léger et le sommeil paradoxal sont proportionnellement  plus importants en fin de nuit, la durée des périodes de sommeil paradoxal pouvant alors atteindre jusqu'à 30 à 50  minutes. Une période de sommeil lent d'au moins  30 minutes semble toutefois nécessaire entre les périodes  de sommeil paradoxal, même en fin de nuit.

     Dans le prochain article, j'examinerai de façon détaillée ce qui se passe dans certains centres du cerveau, afin de pouvoir comprendre succintement quelle est l'origine de nos rêves et donc leur signification.


Par asticow le Samedi 21 juillet 2007 à 19:46
Non, rassure toi, je ne suis ni triste, ni angoissée.
Plutôt du genre pas stressée, en fait =)
Mais bon, ce qui ressort dans mes textes, ce ne sont que de petits instants de ma vie, après dans la vie en général, je suis très différente de l'image que je donne dans mes textes. C'est sans doute parce que quand j'écris c'est toujours (ou presque) dans des moments de doute / de tristesse.
Merci de ton commentaire et de tes passages sur mon blog.
Bisous.
Par allforyou le Lundi 23 juillet 2007 à 11:10
Bonjour lancien,
Petite question pour ton futur article.
Comment se fait-il que beaucoup de nos rêves sont absurdes et que pendant ceux ci nous ne nous en rendons pas compte ? (ils devraient pourtant nous reveiller tellement le contraste avec la réalité est souvent énorme, non?)
Bonne continuation, ça fait du bien de s'instruire un peu dans l'univers des blog, c'est tellement rare
A bientôt
Par Angel.or-and.Demon le Lundi 10 septembre 2007 à 21:20
"C'est pourquoi quand vous êtes préoccupées ! ou moi qui suis âgé et eai moins besoin de sommeil, nous restons éveillés entre 4 et 6 heures du matin avant que nous réussissions finalement à nous endormir profondément"... juste au moment où notre réveil sonne... oui, ça m'est arrivé plusieur fois et c'est particulièrement frustrant!
Par croque-framboise le Jeudi 26 février 2009 à 9:59
Le début de ton article me fait penser à l'insomnie fatale familiale, qui heureusement est très rare, et qui comme son nom l'indique provoque des insomnies et au final la démence du sujet et sa mort en moins d'un an. Si je me souviens bien, c'était un défaut d'une protéine, le prion.
 

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