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     Cela fait longtemps que je n’avais pas fait d’article sur le fonctionnement du cerveau.
    Je voudrais aujourd’hui revenir sur le rôle de l’inconscient
    Celui-ci est beaucoup plus important qu’on ne le croit et très différent de ce que croyait Freud, les connaissances sur le cerveau étant embryonnaires au début du siècle dernier.


    Freud opposait dans notre esprit, le conscient et l’inconscient. L’inconscient était , pour lui, le sein de pulsions que nous devions contrôler ensuite consciemment. Notre psychisme était donc un équilibre fragile entre conscient et inconscient, qui luttaient chacun pour prendre le pas sur l’autre.
    Par ailleurs, pour Freud, le siège de la conscience était le cortex, notamment préfrontal qui organise et raisonne, et le siège de l’inconscient, le cerveau émotionnel.
    En fait, à la lumière des connaissances actuelles sur le cerveau, tout cela est inexact, même si de nombreux psychologues français (qui ont oublié de se recycler), y croient encore.

    L’inconscient c’est d’abord un très grand nombre de sensations qui sont stockées plus ou moins longtemps en mémoire, sans qu’on en soit conscient : surtout des images et des sons, mais aussi des impressions tactiles; olfactives ou gustatives.
    Quand vous conduisez une voiture, votre attention est fixée sur un endroit de la route qui varie suivant les problèmes de conduite, ou (ce qui est moins recommandé) sur un endroit du paysage. Vous êtes conscient de ce que vous regardez ainsi (c’est le propre de l’attention) et vous enregistrez consciemment les images correspondantes. Mais tout autour de ces images, vous enregistrez aussi inconsciemment tout un environnement. Vous ne vous en apercevez que si arrive un incident inattendu concernant cet environnement, car en faisant un effort de mémoire, vous pouvez en revoir consciemment certains éléments. Par contre si vous n’en avez pas besoin, ces éléments mémorisés sont rapidement éliminés et disparaissent donc de la mémoire.
    Vous arrêtez votre voiture dans une rue, le long du trottoir. Si vous êtes dans un quartier inconnu, vous allez consciemment examiner où vous êtes, pour le mémoriser à votre retour. Mais si vous êtes dans des lieux connus, vous n’y pensez même pas, et pourtant, votre inconscient enregistre les images, et sans réfléchir vous retrouverez votre voiture au retour. Et ces images sont conservées le temps qu’il faut, puis lorsque vous êtes repartie dans votre véhicules, comme elles ne sont plus utiles, elles sont éliminées pour la plupart assez rapidement. Vous vous rappellerez seulement ce que vous êtes allé faire dans le quartier.
    Mais si, au moment où vous avez quitté votre voiture, un incident a capté votre attention, ou si vous réfléchissiez fortement à un problème, votre inconscient n’a pas pu enregistrer assez d’images et vous aurez quelques difficultés à votre retour. C’est encore plus vrai pour votre caddie dans un supermarché.
    Ces sensations sont stockées dans les « aires associatives », d’une part dans le pariétal au devant les centres visuels at au dessus du centre de Wernicke, et dan les lobes pariétaux inférieurs.
    Quelques mots aussi des images subliminales,  Ce sont des images reçues pendant des temps plus courts que ceux permettant la perception visuelle consciente. mais ces images sont néanmoins perçues et l’inconscient les mémorise de telle sorte qu’elle peuvent influencer ensuite des actions futures.

    L’inconscient enregistre aussi en permanence l’état de notre corps : les équilibres chimiques (homéostasie), et l’état de nos viscères ainsi que l’équilibre hormonal.
    Mais il enregistre aussi la position et l’état de fonctionnement de nos muscles et nos membres. Si on vous lance un ballon sans vous prévenir, votre vue va analyser sa trajectoire, vous allez amener bras et mains là où il faut pour l’attraper et vous aller le saisir, tout cela inconsciemment, automatiquement, par réflexe. Ce n’est qu’après que vous réalisez ce que vous avez fait.  Le cervelet apprend ainsi à conduire maints automatismes : aller à vélo, nager, conduire une voiture, taper sur un clavier d'ordinateur ou de piano, lire, et des centres spécialisés savent automatiquement parler, lire, écrire; compter…..
    Chose extraordinaire, vous arrivez même à lire une phrase dont seules la première et la dernière lettre des mots sont exactes, les autres étant mélangées. (voir l’exercice en fin d’article).
    Et le cerveau est câblé pour empêcher des rétroactions néfastes : Wernicke n’écoute pas Broca qui élabore une phrase (sous peine d’hallucination verbale), vous n’êtes pas sensible aux chatouilles faites par vous même, nous n’avons pas l’impression que le monde tourne autour de nous quand nous tournons la tête….)

    L’inconscient, c’est ensuite le lieu d’émotions , de pulsions, qui peuvent rester longtemps inconnues avant de parvenir à la conscience. La perception émotionnelle immédiate, (cf. les préférences cérébrales) en fait partie.
    C’est ce que Freud a longtemps développé, mais il considérait que presque toutes ces pulsions étaient d’origine sexuelle, et que notre conscient raisonnable les empêchait de s’exprimer (en général pour des raisons morales), et qu’elles étaient alors refoulées, tant qu’elles n’auraient pas pris le dessus sur le cortex raisonnable.
    Tout cela n’est pas exact.
    Il y a toutes sortes d’émotions et de pulsions autres que sexuelles et le refoulement est plutôt un blocage de certains souvenirs ou certains comportements, soit sous l’effet d’un traumatisme, soit pour des raisons diverses semi-conscientes, morales, sentimentales, ou de peur.
    Mais Freud faisait trois autres erreurs :
        - le siège du conscient n’est pas limité au seul cortex raisonnable; L’attention est déterminée par des centres du cerveau émotionnel et les mémorisations conscientes à un instant donné sont celles qui transitent par les mémoires tampons entre le cortex préfrontal et les autres centres du cerveau, mémoire lexicale et calepin visuel intermédiaires. ainsi que les sensations en provenance du thalamus.
        - l’inconscient ne s’oppose pas au conscient raisonnable; ils travaillent tous deux en étroite collaboration.
        - le cortex préfrontal ne prend que peu de décisions après un examen logique et raisonnable. La plupart des décisions sont dues au travail de l’inconscient.
    L’inconscient est la face cachée de notre cerveau qui décide de presque tout.
    C’est ce que nous allons voir maintenant.

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    Lorsqu’un problème se pose à nous (et il y en  des petits à tout instant), l’inconscient l’analyse et essaie de le résoudre, sans que nous le sachions. Tout le cerveau émotionnel y participe, principalement le cortex cingulaire, important pour l'attention et la conscience, les centres amygdaliens, le système d’apprentissage et de récompense, le thalamus et ses synthèses de perceptions, l’hippocampe et son contrôle de la mémoire…
    Mais surtout le cerveau participe inconsciemment à nos décisions conscientes de façon très importante.
    Il analyse les situations, consulte la mémoire du passé, et essaie de prédire ce qui va arriver. Des expériences ont montré que le cerveau analysait inconsciemment les probabilités de certains faits et en tirait des règles statistiques inconscientes pour influencer certaines de nos décisions conscientes, pour lesquelles nous ne savons pas bien ensuite, pourquoi nous les avons prises. Certes ses centres travaillent lentement par rapport à un ordinateur, (la milliseconde), mais ils travaillent en même temps sur des millions de circuits parallèles.
    Nos préjugés ont aussi leur influence, par exemple sur un pré-opinion que vous vous faites automatiquement et inconsciemment, en quelques secondes, sur un interlocuteur que vous ne connaissez pas.

    Cependant nous avons conscience de certains faits et notre cortex préfrontal fait des analyses logiques, réfléchit, organise, décide, commande l’action.
    Alors comment coopère t’il avec le reste du cerveau et ses actions inconscientes ?

    Il semble que la conscience naisse d’erreurs de prédiction de l’inconscient .
    L’analyse de notre inconscient est permanente pour prédire ce qui va se passer et si tout est ensuite conforma, nous ne sommes pas averti du problème.
    Mais s’il y a erreur de prédiction, si l’inconscient est en panne de solution, alors l’information « d’erreur » est transmise, via les mémoires de travail tampon au cortex préfrontal pour qu’il trouve une solution rationnelle.
    Les sensations dont nous avons conscience, vers lesquelles se porte notre attention, le flux de nos impressions, nos émotions spontanées, la façon dons nous les interprétons, quels souvenirs et qu’elles idées nous viennent à l’esprit, comment nous percevons les personnes autour de nous, ce qu’elles font, et pourquoi elles le font, les buts que nous poursuivons, nos décisions, tout cela résulte de processus automatiques, qui tout à coup quittent l’automatisme pour demander de l’aide à notre conscience et au cortex préfrontal pour résoudre le problème; lorsqu’ils ne savent plus le résoudre seuls.
    Nous ne serions donc conscients que des problèmes que notre inconscient ne sait pas résoudre tout seul !
    Ceci résulte de l’évolution. Si nous devions réfléchir à tous les problèmes, nous ne saurions les résoudre tous et l’homme aurait disparu de la terre. Le pilote automatique que nous avons dans notre tête a fait de nous ce que nous sommes, pas notre conscience !   


Exercice de lecture ( lcetrue )

Si vuos  pvueoz lrie ccei, vuos  aevz asusi nu dôrle  de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt  56  porsnenes sur cnet en snot cpalabes.Je  n'en cyoaris pas mes yuex que je  sios  cabaple de cdrpormendre ce que je liasis. Le  povuoir phoémanénl du  crveeau huamin.  Soeln une rcheerche fiate à l'Unievristé de  Cmabridge, il  n'y a pas d'iromtpance sur  l'odrre dnas luqeel les lerttes snot, la  suele  cohse imotprante est que la  priremère et la derènire letrte du mot siot  à  la bnone palce. La raoisn est que le  ceverau hmauin ne lit pas les mtos  par  letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt  n'est-ce pas? Et moi qui ai  tujoours psneé  que svaoir élpeer éatit ipomratnt!


Mais pour apprendre à lire, il faut passer par la méthode syllabique et ce n’est que lorsque nous avons parfaitement lire que nous interprétons les mots comme un tout, globalement sous forme orthographique (et non d’images).
C’est seulement à ce moment que nous arrivons à lire le texte ci-dessus, qui suppose cependant une analyse littérale :  première dernière lettre et nombre de lettres pour des comparaisons inconscientes en mémoire..
Par jazz le Samedi 1er juin 2019 à 11:35
un musical et poétique bonjour Jean-pierre
passant découvrir et lire tes nouveaux articles
te proposant de nouvelles découvertes sur jazz
A+ du troubadour Emmanuel
 

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