Lundi 6 février 2012 à 8:11

Politique, économie, religion.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/M200769528.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/images2.jpg
















      Dans l'article du 31/1/2012, sur notre petit Nicolas bienaimé, j'avais cité deux appellations des services des entreprises s'occupant des personnels : « Relations humaines » autrefois, « Ressources humaines » aujourd'hui. Cela a étonné mes jeunes correspondant(e)s, qui font leurs études et ne connaissent pas encore le milieu du travail.
      J'ai reçu beaucoup de mails me demandant de préciser les points de vue des entreprises dans ce domaine.
      Je ne voudrais pas généraliser intempestivement, car il existe encore des entreprises, (en général moyennes ou petites) où l'homme est respecté.
      Je vais donc plutôt vous parler du point de vue différent, suivant que le dirigeant y est ingénieur ou financier.

      Une entreprise a une production qu'elle vend :  celle ci peut être très diverse : matérielle, virtuelle ou intellectuelle, des objets, des services, des finances, et son statut peut être très divers entreprise privée, publique, organisme, coopérative, association....

      Une entreprise à quatre sortes de besoins prioritaires :
          - de l'argent pour financer son fonctionnement;
          - des investissements pour mettre sur pied son outil de production (bâtiments machines, installations et matériels divers...)
          - de la matière première qui peut être très diverse d'une entreprise à l'autre, selon sa destination.
          - des hommes qui effectuent le travail.
      Et elle doit vendre ce qu'elle produit, pour faire entrer de l'argent et ainsi, entretenir le fonctionnement de son activité.
      Cela est vrai quelque soit la destination de l'entreprise, mais évidemment dans des proportions différentes selon par exemple qu'il s'agit d'une usine qui produit des objets ou une société d'import-export. C'est vrai pour l'ingénieur comme pour le financier.

      Mais il y a ensuite en général, une très grande différence entre le point de vue de l'ingénieur et du financier : le but poursuivi .    

      Le financier, qui dirige une entreprise, a un but prioritaire, minimiser l'argent nécessaire au fonctionnement et maximiser l'argent résultant des ventes et donc maximiser les profits des actionnaires, (et aussi son propre salaire).
     Certes pour l'ingénieur qui dirige une entreprise, celle ci soit être rentable, ne pas perdre d'argent, ne pas générer des dettes qu'elle ne puisse rembourser, et rémunérer ceux qui en sont propriétaires ou lui ont confié de l'argent (les actionnaires), mais cette rémunération doit rester raisonnable et compatible avec le fonctionnement de l'entreprise.
    Dès lors ingénieur et financier ne voient pas les besoins de l'entreprise de la même façon.

    Pour l'ingénieur l'argent nécessaire au fonctionnement ne doit pas être gaspillé et doit être dépensé à bon escient, en fonction des besoins prioritaires et dans un souci d'économie. Certes si de l'argent est disponible, il ne doit pas dormir et il faut le placer. Mais l'argent de l'entreprise ne doit pas être utilisé à des spéculation sauf si la vocation même de l'entreprise est la spéculation (mais il n'y a alors pas besoin d'ingénieur pour cela !).
    Pour le financier, il faut à tout prix minimiser les dépenses, et peu importe le moyen de faire fructifier l'argent.

    Pour le financier, les investissements ne sont vus que sous l'aspect « retour d'investissement » : il faut qu'il apportent le plus vite possible des rentrées d'argent.
    S'il est plus rentable de produire dans une usine sans hommes, il faut de faire, et l'ordinateur est avant tout un outil d'automatisation.
    Pour l'ingénieur l'investissement et l'ordinateur sont des outils au service des hommes qui font fonctionner l'entreprise, pour les aider dans leurs tâches. Certes on doit avoir un retour d'investissement raisonnable, mais, avant d'investir, il faut en étudier les répercussions techniques et humaines.

    De la même façon le financier doit rechercher le coût le plus bas des matières. Bien entendu il faut que le produit soit encore d'une qualité suffisante pour le faire vendre. Mais à court terme et si, lorsqu'il ne sera plus à la tête de l'entreprise, le produit ne lui survit pas longtemps, c'est le dernier de ses soucis. Il faut que l'argent soit vite gagné.
    Il faut jouer sur la publicité, sur le besoin, et peu importe qu'un matériel ne dure que trois ans si on habitué le consommateur à le changer plus fréquemment.
    L'ingénieur a le souci de la qualité parce qu'elle est la réputation de « son » produit auprès de « ses » clients et qu'il s'en sent responsable vis à vis d'eux. Certes la qualité a un prix, et il faut que celui ci ne soit pas exagéré, mais c'est à lui ingénieur, de faire concevoir un produit en conséquence. L'ingénieur compétent est habitué à prévoir et a donc le souci du long terme.

    C'est certainement au sujet des hommes que la divergence est la plus grande.
     L'ingénieur respecte les autres hommes (et femmes) de l'entreprise; il estime qu'il a simplement eu la chance de pouvoir faire plus d'études qu'eux.
     Il pense qu'un des buts de l'entreprise est aussi de procurer du travail et des moyens financier pour vivre, à ceux qu'elle emploie.
     Même s'il est à la tête de l'entreprise, il essaie de prendre le temps d'aller voir dans les atelier et les bureaux quelles sont les conditions de travail, il ne néglige pas l'hygiène et la sécurité, et il sait que pour que ceux qui sont dans l'entreprise la servent bien, il faut qu'ils soient motivés et que cette motivation passe par un minimum de satisfaction de leurs besoins.
    Il sait (voir mon article sur la pyramide de Maslow le 26 mai 2007 ) que l'homme a d'abord des besoins matériels indispensables à sa survie et à sa sécurité (que le financier et trop souvent le politique qualifient de façon inappropriée de « besoins sociaux »), mais qu'il a besoin aussi d'appartenance à une famille et à un groupe, de reconnaissance et de considération, et finalement de réalisation de lui même et d'accéder à une certaine connaissance, à certaines activités, à une certaine réussite.
    Bref chaque homme a besoin d'une part de bonheur, à tous les niveaux de l'entreprise, et pas seulement pour ses dirigeants et les nantis de cette terre.
    Pour la plupart des financiers qui dirigent aujourd'hui une entreprise, l'homme qu'elle utilise n'est qu'un numéro, un rouage, auquel il se sent très supérieur, de par sa position hiérarchique, et peu importe ce qu'ils deviennent, pourvu que l'entreprise puisse fonctionner et produire des gains financiers. La délocalisation n'est pas un problème : les hommes ne sont qu'une ressource, comme les matières ou les investissements.

    C'est pour cela que les « relations humaines » sont devenues les « ressources humaines ».
    Mais il ne faut pas voir que le mauvais coté de ce terme.
On peut aussi penser qu'il faut « optimiser » cette ressource qui est « précieuse » pour l'entreprise, et donc qu'il faut former sa main d'oeuvre, qu'il faut lui reconnaître un minimum de considération et de respect et faciliter ses conditions d'emploi.
    Une ressource est précieuse, on réfléchit aux conséquences avant de la délocaliser.

    Sans doute, me direz vous, je généralise et je caricature ! C'est vrai.
    Mais pendant des années, je me suis occupé dans une grande entreprise, du personnel, des investissements, de l'informatique et des finances correspondantes, et j'ai gardé, depuis que je suis à la retraite, des contacts avec les entreprises actuelles et malheureusement, je constate que trop souvent la réalité ressemble à ce que je viens de caricaturer.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/images1-copie-4.jpg
http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/molexchristianestrosibeneficesactionnaireL1175x130.png
Par maud96 le Lundi 6 février 2012 à 13:02
2 mentalités assez opposées, c'est vrai... Le drame est que l'argent-roi permet, quand "l'ingénieur" est atteint par l'âge et doit prendre sa retraite, de lui "racheter" toute son entreprise et de changer l'idéologie dominante de l'entreprise pour mieux la revendre ou la délocaliser !
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3166664

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast