Mardi 24 mars 2009 à 10:00

Tristesse, désespoir


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     Sur mon article « Et si chacun faisait effort pour se comprendre !. », j’ai trouvé ce commentaire sur lequel il me paraît nécessaire de m’arrêter :
“...Il y a une chose qui me choque, c'est lorsque tu dis que certains ont la conscience de l'univers où ils vont vivre, ou bien alors, restent dans l'irréel. Je ne sais pas si c'est moi, ou si tu dis qu'on ne peut pas évoluer et changer en fonction de notre maturité. Je m'exprime mal, ce serait comme si on disait à un enfant pauvre "tu resteras pauvre". L'avenir n'est pas tracé et c'est en grandissant qu'on le trace....”
    En fait je suis à peu de chose près, d’accord, avec ce que tu dis. J’ai relu mon article et je pense que dans le paragraphe qui a inspiré cette réflexion, je n’ai pas été assez explicite.
    Je n’ai pas voulu dire que l’on ne pouvait évoluer en grandissant, au contraire, je disais qu'il fallait évoluer, et que pour vivre sa vie d’adulte qui se passe dans le monde réel, il fallait y revenir et ne pas rester dans le nid douillet d’un monde illusoire, car un jour le choc avec ce monde réel serait pire.


    Je pense aussi qu’il y a peut être un malentendu sur ce que j’entendais par “refus du monde réel” et “par monde irréel”. Il ne s’agissait pas pour moi de refuser les horreurs ou les injustices du monde actuel, cela c’est une réaction raisonnable, même si souvent on ne peut changer le monde tout seul. Mais j’entendais par monde irréel, un monde souvent morbide, dans lequel on s’isole et qui n’a plus aucun rapport avec la vie et l’environnement.

    Le mieux serait que je prenne un exemple, celui d’un jeune garçon qui n’est pas sur cowblog, avec lequel j’ai longtemps entretenu une correspondance et à qui j’avais demandé l’autorisation de pouvoir citer son cas, de façon anonyme bien sûr
    A l’époque il avait 15 ans et  avait souffert du divorce de ses parents et pensait que ceux -ci , très occupés, ne l’aimaient pas et lui préféraient ses soeurs, ce qui ne m’a jamais paru vrai.
    Benjamin (je l’appellerai ainsi), s’était réfugié dans son univers assez triste et morbide.
    Il lisait uniquement des romans policiers et des livres fantastiques, mais des romans particulier où l’on décrivait les souffrances, le sang, l’agonie, la mort. les horreurs. Il avait été un moment obnubilé par les “camps de la mort”, certes en condamnant les  horreurs nazies, mais on sentait dans ses écrits, son intérêt pour la description des calvaires et de la souffrance humaine, presque un certain sadisme.
    Il écoutait des chansons qui traitaient de violence, d’agressions, de catastrophes et de souffrance et les films qu’il aimait étaient tirés des festivals d’horreur.
    Il s’était surtout passionné pour des jeux sur ordinateur, mais des jeux violents dans lesquels on tue tout ce qui bouge et on se prend pour un grand héros invincible. De toutes façons on ne risque rien à ce jeu, on a “plusieurs vies”.
    Il y passait beaucoup de temps, mais heureusement pour lui, Benjamin était bon élève; très doué, il avait suivi facilement jusqu’en seconde, était rentré en première S et écrivait un français remarquable, clair, bien construit, sans faute. Les poèmes de son blog étaient de qualité, mais sombres et décourageants.
    Il avait même une certaine curiosité intellectuelle, mais là aussi un peu morbide et sa motivation de travail, c’était de devenir médecin légiste et il travaillait pour cet objectif.
    Au demeurant, si on le connaissait peu, un garçon renfermé certes, mais sympa et avec un certain humour noir, et on n’aurait pas deviné ses souffrances profondes.   
    Et peu à peu il s’est isolé dans son monde de jeu, dans ce monde irréel où il pouvait se prendre pour un héros de bande dessinée, immortel et imbattable, au milieu de quelques copains qui avaient la même mentalité, les mêmes hobbies..
    Ses parents alarmés l’ont envoyé voir des psys, mais Benjamin leur racontait des histoires, consultant les bouquins de psychologie et y trouvant des idées. Les psys l’ont soupçonné d’être schizophrène, puis bipolaire, puis borderline ! ... pour finalement ne pas trouver de maladie, mais cependant le mettre sous médicaments pendant plus d’un an pour “être tranquilles”.
    A un moment il s’était scarifié, il commençait même à être accro, mais  c’était pour se montrer à lui même qu’il pouvait endurer la souffrance. Je lui avais montré que les personnes auxquelles il racontait cela le plaignaient de souffrir ainsi et il avait alors décrété que la pitié des autres n’était pas digne du héros de jeu vidéo qu’il était, et il avait arrêté net. (ce qui montre au passage que quand il voulait, il pouvait !).
    Et  puis il s’est mis à faire des imprudences ne mesurant pas le danger de ses actes : cela avait commencé par des essais simplement destinés à donner des poussées d’adrénaline, (saut en parapente ou à l’élastique...) mais il a essayé le cannabis, puis ses parents lui ont acheté une moto (grosse erreur ! ), et il la conduisait dangereusement.
    Cannabis + conduite trop rapide , c’est l’accident en début de grande vacances. Nombreux traumatismes, deux vertèbres fêlées, trois mois d’hôpital dans un corset de cuir, sans internet, sans ses bouquins et CD morbides et surtout sans son ordinateur et ses jeux. Il quitte totalement son monde imaginaire.
    Est ce le choc de son accident, est ce cette “cure de désintoxication” ? Il reprend son lycée fin octobre, rattrape le temps perdu et réussit son bac sans problème.
    L’année dernière il a réussi largement le concours de la première année de médecine ( je vous assure que P1, ce n'est pas facile : il y a 300 places pour 2500 candidats) et est cette année en P2.
    Maintenant il est dans le monde réel de la vie et est presque devenu adulte.



Par Olsson le Mardi 24 mars 2009 à 12:10
Dans ce cas, c'est une erreur de vocabulaire. Préférer dire "monde iréel" pour remplacer "monde morbide" est un euphémisme. Je me reconnais un peu dans ce jeune homme. CD morbide, sensations fortes, AM, thrillers hurlants de violence. Seulement, c'est un monde, une athmosphère que pas mal de monde trouve négative, suicidaire et j'en passe. Seulement, on peut être sain d'esprit et aimer cela.
Par Diary-Adventures le Mardi 24 mars 2009 à 22:04
J'ai l'impression de me retrouver un peu dans l'histoire de ce garçon, enfin sans le divorce des parents et sans un ou deux autres petits détails. A la différence que quelque part je ne suis toujours pas entièrement sorti de mon monde imaginaire même si j'ai bien conscience de la réalité de ce monde. Ce que je vais dire là est bête, mais même en connaissant la réalité c'est parfois bon de se réfugier dans son monde, on a moins peur de la réalité et il y a certaines choses du monde réel que l'on assume mieux.
Par evaluation essay topic le Jeudi 21 mars 2013 à 10:35
Additionally, writers of argumentation often forget that their primary purpose in an argument is to "win" it – to sway the reader to accept their point of view. It is easy to call names, easy to ignore the point of view or research of others, and extremely easy to accept one's own opinion as gospel, even if the writer has not checked his or her premise in a couple of years, or, as is the case for many young writers, never questioned the beliefs inherited from others.
 

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