Mercredi 11 février 2015 à 8:27

Notre cerveau : émotions

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     Comme tous les petits enfants j’ai autrefois lu des contes de fées.
Il y avait bien sûr les bons génies qui rendaient beau ou riches, des élixirs de jouvence, ceux aussi qui rendaient un homme ou une femme amoureux(se) de l’autre.
     Un article scientifique m’y a fait à nouveau penser, celui de Christiane Geitz, psychologue à Heidelberg.

     Elle rappelait l’importance du noyau accumbens dans le système de récompense de l’être humain  !voir mes articles des 12 et 14 janvier 2009), et notait l’importance dans les neurones de ce centre, de deux types de récepteurs : ceux à la vasopressine, neurotransmetteur analogue à l’adrénaline, qui intervient lors d’excitations, et l’ocytocine, très liée au rapports amoureux et dont la concentration augmente après un rapport sexuel.
On a remarqué que la vasopressine a un effet vasoconstricteur, et favorise chez les rongeurs la défense du nid et de la progéniture.
    L’ocytocine, hormone fabriquée par l’hypophyse, favorise le ‘attachement d’une mère à son enfant.

     Les campagnols des prairies, de mignons petits rongeurs que je vois souvent en Bretagne, s’ils sont en couple, restent fidèle à leur compagnon et compagne toute leur vie, alors que les campagnols des montagnes, leurs cousins, courent le guilledou, non seulement les mâles, mais même les femelles.
     En injectant les deux hormones aux campagnols des montagnes, chose extraordinaire, on les rends fidèles !!… au moins pour un temps, le temps d’action des hormones.
Des chercheurs d’une université de Floride, aux USA ont essyé de coprendre cet effet. Ils ont observé des campagnols des prairies et ont observé une libération importante d’ocytocine après leur premier accouplement.
    Les chercheurs ont alors injecté près du noyau accumbens, un produit qui favorise la sécrétion d’ocytocine. Ils ont alors constaté que si un mâle se rapprochait des femelles, celles ci le fuyaient et se rapprochaient toujours d’un même mâle, qu’elles considéraient comme leur « compagnon campagnol ». Mais cei n’était effectif que si les deux partenaires avaient pu se connaître et se flairer au moins une heure avant l’injection, faute de quoi l’injection était sans effet.
     Les chercheurs ont alors constaté que lorsque mâle et femelle se faisaient ainsi la cour, leur ADN des neurones du noyau accumbens se modifiait, fixant des noyaux acétyle, qui diminuent les liaisons entre histones (les enroulements de l’ADN) et ces histones se déroulaient plus facilement, permettant aux gènes de libération de vasopressine et d’ocytocine de s’exprimer, et donc d’avoir un taux plus élevé en permanence, ce qui modifie leur comportement, chez les mâles comme chez les femelles.
     D’autres gênes, insensibles à ce mécanismes, sont responsables du comportement volage de leur cousins de la montagne.

     Evidemment le comportement des humains ne dépend pas uniquement de la chimie biologique; mais ils sont néanmoins sensibles à l’ocytocine, hormone de l’attachement.
    Une équipe l’Université de Bonn, en Allemagne, dirigée par Rné Hurlemann, a « pris pour campagnols », une quarantaine d’hommes volontaires hétérosexuels et leur a administré sous forme d’un spray nasal de l’ocytocien, alors qu’un groupe témoin n’avait droit qu’à un placébo.
     Ils ont constaté que leur noyau accumbens s’activait uniquement quand on montrait aux hommes qui avaient reçu de l’ocytocine, une photo de leur bien-aimée, mais que ce centre restait inactif s’il s’agissait de photos d’autres femmes.
     Par conséquent, connaître une femme n’est pas suffisant, il faut aussi partager une relation avec elle.
L’ocytocine agirait comme une drogue qui lie un homme à sa femme. « Ces résultats pourraient expliquer pourquoi certaines personnes tombent en dépression lorsqu’elles se séparent de leur partenaire, raconte-t-il, lors de la séparation, la sécrétion d’ocytocine dans leur cerveau baisse et le circuit de la récompense n’est plus stimulé. Elles ont alors une sensation de manque. »

     Donc, mesdames jalouses, si vous voulez que votre mari soit fidèle, injectez lui de l’ocytocine dans le noyau accumbens,…. enfin si vous n’avez pas peur de lui implanter une aiguille dans le cerveau. Plus simple, mettez lui de l’ocytocine dans son spray pour déboucher son nez : Au moins il sera fidèle quand il aura un rhume ! Mais consultez avant un pharmacien pour connaître les doses à ne pas dépasser. Car sinon vous risquez de le rendre raide dingue de vous et il risque de devenir insupportable !

     Sachez aussi que, lors d’un accouchement, au moment de l’expulsion du bébé, le cerveau produit un maximum d’ocytocine, qui favorisera l’attachement de la mère à l’enfant. Ceci se produit aussi au cours de l’allaitement au sein, la succion qui favorise l’écoulement du lait excitant la production de prolactine et d’ocytocine.
    Cet effet au cours de l’accouchement explique le fait qu’aux Usa où la pratique des mères porteuses est licite, certaines d’entre elles n’ont plus voulu vendre leur bébé après l’accouchement.
Par Jack-sceptique le Mercredi 11 février 2015 à 11:10
Cette molécule m'a toujours fascinée :)

Quelle merveille ! Relarguée en masse pour son pouvoir constricteur des petites fibres musculaires de l'utérus lors de l'accouchement, et pour le même pouvoir constricteur afin de faire sortir le lait, dont la synthèse a été au préalable stimulée par la prolactine.
Et enfin, lors de la petite mort.

Mesdames, si vous voulez que vos maris restent fidèles, ne pensez pas spray, pensez 'naturel'... (ouïc ouïc ^^)
 

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