Vendredi 29 février 2008 à 15:30

Sexualité, Homosexualité


        J'ai fait plusieurs articles sur l'homosexualité (ou la bisexualité), montrant notamment que l'orientation sexuelle d'un(e) jeune n'est pas bien stabilisée avant la fin de l'adolescence voire même le début de la vie adulte.


        Je viens de lire une étude d'un chercheur neurobiologiste de l'université d'Harward, Catherine Dulac, qui est fort intéressante car elle montre les différences qu'il y a entre l'homme et l'animal.

        Ce chercheur a étudié la détection des phéromones par des souris.
        Au sein d'une même espèce, les individus communiquent par différents signaux qui contribuent à la survie et à la cohésion du groupe.
        Parmi ces signaux, les phéromones sont des substances volatiles inodores de diverses natures, tels des dérivés d'hormones sexuelles stéroïdiennes ou des protéines du système immunitaire. Elles sont présentes dans des glandes de la peau, dans la sphère anogénitale, la sueur, la salive ou l'urine. Les phéromones sont les signaux de la reproduction par excellence. Elles renseignent sur l'identité de l'émetteur, son sexe, son statut social (sa position de dominance et son territoire), sa compétence sexuelle (est-il en période de fertilité ?), son appartenance familiale (la proximité génétique) ou sa bonne santé, et livrent des informations sur son régime alimentaire et son aptitude à la survie.
        Les phéromones permettent, en somme, de ne pas se tromper de partenaire - ou de concurrent - quand il s'agit de transmettre ses gènes, et de bien reconnaître sa propre progéniture. Tout un programme inné et inconscient est inscrit dans le cerveau constitué de dispositifs de réception, de décryptage, d'analyse contextuelle ainsi que d'adaptations physiologiques et comportementales.
        Les phéromones de la reproduction sont produites à partir de la puberté, et régulent les rapports sexuels et la reproduction, ainsi que la définition du territoire des mâles
        Substances volatiles, les phéromones sont détectées par un tissu sensoriel spécifique qui a la forme d'un petit sac situé juste derrière les narines - l'organe voméronasal - et qui contient des centaines de neurones reconnaissant chacun une ou plusieurs phéromones. L'influx nerveux engendré par la fixation d'une phéromone sur son récepteur neuronal est ensuite transmis de l'organe voméronasal au cerveau  vers des régions cérébrales  profondes telles que l'amygdale, carrefour des émotions et l'hypothalamus qui contrôle le métabolisme, la reproduction et les comportements instinctifs.
        Les chercheurs ont modifié génétiquement des souris de telle sorte que cet organe de détection des phéromones ne puisse plus émmettre d'influx nerveux vers le cerveau.
Les comportements sexuels ont été profondément modifiés les souris n'étant plus capables de distinguer males et femelles.
        Il sembleraient donc que les souris naissent bisexuelles et que leur orientation sexuelle soit due à la capacité de détecter les phéromones.

        Chez l'homme, les recherches récentes suggèrent que les phéromones jouent aussi un rôle lors des rapports avec les personnes du sexe opposé. Toutefois, l'importance biologique de ce type de communication n'aurait qu'une fonction secondaire et ne viendrait qu'à l'appui d'autres informations sensorielles, notamment la vision, qui est bien plus développée chez l'homme que chez les rongeurs.
       Notre cerveau n'est plus aussi évolué que celui des animaux dans ce domaine.

        Dans notre espèce, les bases neurobiologiques de la préférence sexuelle ne sont pas encore bien identifiées. A l'origine nous avons un cerveau potentiellement bisexuel montrant une large palette d'orientations sexuelles, allant de l'hétérosexualité pure à l'homosexualité pure et il se se développe ensuite sur une très longue période, jusqu'après la puberté et parfois le début de l'âge adulte et sous l'influence de l'environnement, c'est-à-dire la société et la culture, l'éducation.

        J'ai déjà dit dans d'autre articles que chez les hommes homosexuels dont le cerveau d'adulte avait été examiné (après leur mort bien sûr), on avait trouvé que certaines régions de l'hypothalamus intervenant dans le contrôle des relations sexuelles était différentes de celle de cerveaux d'hommes hétérosexuels et plus proches des mêmes zones de cerveaux de femmes. Toutefois cette différence n'est pas toujours présente.
        Aucune différence sensible n'est trouvées dns le cas des femmees hétérosexuelles, mais on pense avoir trouvé certaines différences hormonales (taux de testostérone notamment)Mais on ne sait pas ce qui évolue progressivement chez l'adolescent et quels facteurs sont responsables de cette évolution.

        Ce qui est certain c'est que tout(e) adolescent(e) se pose à un moment le problème de son orientation sexuelle et va “faire des expériences”, qui peuvent aller de la simple pensée, à l'image ou à l'acte plus ou moins poussé (pour la plupart ne dépassant pas le baiser).
        Peu à peu cette orientation se précise, notamment sous l'influnce de l'environnement ( famille, camarades, médias) et de l'éducation.
        Les garçons trouvent en général plus vite leur orientation, (probablement sous l'effet des copains et des médias), mais les filles (dont l'orientation ne semble pas due à une modification importante de l'hypothalamus) sont plus longtemps hésitantes et font en général davantage d'expériences dans ce domaine.

        J'ai souvent discuté avec des jeunes filles qui souffraient et culpabilisaient beaucoup, parce que cette période d'indécision les avait amenées à de très fortes amitiés vers des camarades du même sexe, et à une incompréhension - voire une persécution - de la part de leurs camarades, des parents et des responsables d'éducation, dans le contexte médiatique actuel ou les jeunes (surtout filles) prennent pour de l'amour une simple attirance amicale ou physique.
        Puisque mes lecteurs ont pour la plupart moins de 20 ans, je les conjure de ne pas juger et surtout critiquer, voire malmener moralement certains ou surtout certaines de leurs camarades qui ont une attitude provisoire que vous qualifiez à tort d'homosexuelle, et qui n'est en fait qu'une simple recherche de leur orientation, attitude qui cessera (ou deviendra alors définitive dans quelques cas), quand cette orientation sera trouvée, mais pour certaines ce sera peut être au delà de 20 ans.
        Il ne vous viendrait pas à l'esprit de critiquer une de vos camarades pour avoir flirté avec un garçon, et vous pratiquez presque toutes la “course au petit ami”, et pourtant il s'agit de la même recherche, de la même quête d'expérience.   


          Les êtres humains ne sont pas des souris de laboratoire.


Par memecamouille le Vendredi 29 février 2008 à 21:46
Moi j'aime bien les souris. :)
J'voulais un rat, mais mes parents n'étaient pas d'accord. J'aurais pris une femelle et je l'aurais appelée Capucine.
Tu dis que la culture, l'éducation, les médias, jouent un rôle important dans la sexualité. C'est indéniable, mais ça voudrait dans ce cas-là dire qu'un homosexuel "rééduqué" pourrait devenir hétérosexuel. Or, je ne suis pas vraiment d'accord. Pour moi, c'est comme préférer la vanille ou le chocolat dans une glace. On peut aussi aimer les deux. ^^ Les goûts ne changent pas comme ça. Mais si on continue de parler de goûts, à force de "goûter" quelque chose plusieurs fois, on finit souvent par le supporter, voire l'accepter.
Bref, ce sont des remarques en vrac, comme ma pensée ! ;)
Par ankou le Dimanche 2 mars 2008 à 21:01
j'aime beaucoup la comparaison avec les glaces :)
Quand j'étais ado et me croyais encore hétéro "par défaut", je disais que l'amour, c'est comme les glaces, on ne sait quel est son parfum préféré tant qu'on ne les a pas tous goûtés. Pis un jour j'ai goûté, et hop !

Je partage l'avis de Camille au sujet de la "réeducation". J'ai eu ce ressenti aussi en lisant ton article. Ca fait un peu "ne les insultez pas, elles sont pas homo, elles se cherchent c'est tout, elles redeviendront hétéro après"

Sinon pour ce qui est du déterminisme; c'est un sujet qui m'intéresse énormément... Mais difficile, car il y a une part de génétique (c'est indéniable), d'hormonal, de culturel (le contexte socioculturel du pays dans lequel tu vis), il y a le rôle de l'éducation et des avis de la famille... Dur de trouver comment ça se fait... Mais une chose est sure : on ne choisit pas d'être homo. On l'est, à la naissance ou même avant (l'exposition aux hormones se fait in utéro). Mais on peut en revanche choisir de ne pas l'accepter.

Par Kinoshy le Samedi 9 mars 2013 à 7:05
Tres bon article. Merci continuez ainsi
 

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