Lundi 25 janvier 2010 à 16:00

Eveil, sommeil, rêves

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    En ce moment beaucoup de mes correspondantes me parlent de leurs rêves. Elles essaient de les interpréter et leur attribuent des propriétés qu’ils n’ont pas.
    J’avais déjà fait des articles à ce sujet (voir la rubrique “Eveil, sommeil, rêves sur ce blog). et je vous y renvoie pour les explication sur les sommeils profond et paradoxal et la formation des rêves.
    Mais je vais refaire quelques articles spécifiques d’explications sur l’interprétation des rêves (en prenant bien sûr d’autres exemples que ces cas réels), surtout pour vous éviter de vous inquiéter inutilement, en faisant des interprétations erronées, car les rêves n’ont aucune valeur prédictive, et la “symbolique des rêves n’existe pas.

    Ce sont des phénomènes naturels de notre cerveau qui s’expliquent très bien et qui reflètent cependant certaines préoccupations inconscientes, ce qui leur donne un certain intérêt.
    Les rêves peuvent donc renseigner sur les problèmes qui nous préoccupent, mais il faut les interpréter avec une logique très terre à terre et non avec la symbolique parfois farfelue de certains psys (par exemple ce psy qui prétendait que les abeilles dont rêvait une de mes correspondantes représentaient le symbole de phallus, d’où l’ahurissement de la jeune ado, qui devait seulement avoir eu peur d’un nid de guèpes dans son jardin !.)

    Les rêves ont donc un sens mais n’ont rien de mystérieux et ne présagent en rien de l’avenir.

    Pour que vous compreniez mieux mon prochain article, il faut qu’aujourd’hui, je résume en quelques lignes mes articles sur la formation des rêves et que je vous parle à nouveau, de la mémorisation des souvenirs.

    Le sommeil commence par une phase d'endormissement qui dure quelques minutes.
    Lui succède une phase de sommeil dit lent ou profond, durant un peu moins d'une heure et demie. Puis survient une phase de sommeil dit paradoxal qui se prolonge environ un quart d'heure. Ce cycle se reproduit toutes les 90 minutes, entrecoupé de micro-éveils.
    À ces phases correspondent des activités électriques cérébrales différentes. Pendant le sommeil profond, les ondes cérébrales enregistrées par électroencéphalographie sont lentes. Durant les phases de sommeil paradoxal, le tonus musculaire disparaît totalement, mais on enregistre une activité cérébrale intense responsable, notamment, de mouvements oculaires rapides, et les ondes qu’on enregistre sont proches de celles d’une personne éveillée, à peine un peu plus lentes.
    Quand on éveille quelqu’un en train de dormir, il peut raconter un rêve. Quand on le tire de son sommeil paradoxal, le rêve est souvent irrationnel. Inversement, quand on J'éveille alors qu'il est en sommeil lent, le rêve est plus cohérent.
    En fait on ne se souvient que des rêves qui se produisent pendant des micro-réveils pendant lesquels on est mi endormi, mi réveillé, et donc où le cerveau ne fonctionne pas encore de façon normale.

    Dans mes articles sur l’inconscient, j’ai expliqué que toutes les données de nos sens étaient enregistrées au fur et à mesure de façon inconsciente. Nous emmagasinons ainsi des quantités phénoménales d’images et de sensations, ainsi que des réactions de notre corps, physiologiques ou émotionnelles.
    La plupart de ces données ne viennent à la conscience, c’est à dire ne sont transmises au cortex frontal, que si nous en avons besoin.
    Sinon elles restent inconscientes et sauf si elles ont une “valeur émotionnelle”, ces données sont ensuite éliminées pendant notre sommeil et servent justement de matériaux pour nos rêves;

    Lorsque nous percevons des données de nos sens ou lorsque nous ressentons des émotions ou des réactions de notre corps, il existe deux modes de stockage des informations dans le cerveau.
    Un mode global, automatique et rapide, dit analogique, et un mode lent, dit cognitif

   
    Examinons le mode analogique. Chaque stimulus active un sous-ensemble de neurones, entre lesquels des connexions s'établissent; chaque nouvelle présentation de ce stimulus renforce les connexions établies, et cette configuration spécifique de connexions, associée à un objet particulier, correspond à un souvenir (les neurophysiologistes appellent cela du nom barbare de “ bassin attracteur”.
    Imaginons que le stimulus soit un livre à couverture rouge.. Pour schématiser, certaines connexions correspondent à la forme du livre, d’autres à ses dimensions, d'autres à sa couleur, d'autres à sa fonction, d'autres à la notion de lecture, d'autres encore à la notion de lecture, d'autres enfin au plaisir de lire.
    Rien par contre sur le contenu du livre car cela est intellectuel, suppose réflexion et n’est donc pas analogique.
    Le souvenir ou “bassin attracteur livre rouge” est activé par tous les livres rouges de dimensions voisines: le système de mémorisation analogique permet de reconnaître instantanément un stimulus, sans qu'il soit nécessaire de l'analyser. Le système est efficace, mais il n'est pas parfaitement fiable.
    Le “bassin attracteur livre rouge peut être activé, de façon spontanée (analogique), par n'importe quel objet rectangulaire et rouge ressemblant à un livre. Si deux événements ou deux objets ont des caractéristiques communes, ils peuvent activer le même bassin attracteur.
    Ce type d'activation erronée est autorisé pendant les rêves, donnant des associations sans logique apparente: un chat qui miaule peut prendre la place d'une porte qui grince.

    Au contraire le mode lent cognitif suppose que les données transitent d’abord par des mémoires tampons, l’une ayant trait aux sensations et l’autre au vocabulaire, qui servent de relais vers les cortex préfrontal et frontal, qui les consultent. Les données sont alors conscientes  et raisonnées , pourvues de codages lexicaux (des mots, des idées...). Ce sera le cas du contenu du livre, de l’histoire qu’il raconte et de nos réactions conscientes face à cette histoire.
    Là encore des groupes de neurones vont être mis en connexion et plus leurs connexions seront renforcées, plus la mémorisation sera forte.
    Ces groupes de neurones seront également reliés aux bassins attracteurs analogiques inconscients correspondants, la mémorisation cognitive ne faisant pas double emploi avec celle analogique.
    Toutefois certains souvenirs ainsi formés et qui ne sont pas bénéfiques seront parfois plus ou moins volontairement peu renforcés (car on ne voudrait pas s’en souvenir), mais leur caractère émotionnel fait qu’ils restent dans notre inconscient, comme des souvenirs analogiques.
    De même si nous pensons avant de nous endormir à un problème particulier, le souvenir n’en sera que léger car il n’aura pas eu le temps de former des connexions répétées et donc il sera mis au niveau des souvenirs analogiques.
    Enfin si une préoccupation à l’état éveillé est lancinante, elle produit en nous tellement de données que notre cerveau en juge certaines superflues et il cherchera à s’en débarrasser pendant notre sommeil.

   
Ces diverses explications nous permettrons, dans mon prochain article, de comprendre le processus des rêves et donc les méthodes qui nous permettraient de les expliquer.
Par eflez le Lundi 25 janvier 2010 à 16:38
J'ai souvent pensé que les rêves avaient pour but de ranger les informations emmagasinées pendant la journée.
Le plus étonnant est le rêve répétitif. Il m'est arrivé de faire plusieurs fois le même rêve et pas forcément dans des périodes rapprochées.
Et sinon le fameux rêve "déjà vu", où un jour on se retrouve dans une situation qu'on est sûr d'avoir déjà vécu dans un rêve... Là, quand ça m'arrive, je me dis que je suis fatiguée !
Par maud96 le Mardi 26 janvier 2010 à 13:25
Enfin je comprends pourquoi je déteste les livres rouges : mon mode analogique les associe aux fraises du Lot(que j'adore!), alors qu'ils ne m'en offrent jamais le goût. Je sors toujours frustrée de mon approche d'un livre rouge !
Ceci dit, article très clair (décidément une des vertus de ton blog !)
Par autresrimes le Mardi 26 janvier 2010 à 15:14
re coucou
eh oui les interpretations de nos rêves ont une part de mystères et un peu de réel parfois quand nous cherchons à les analyser.
tant de rêves qui courent en nos chemins de vies.
Par alesia le Samedi 30 janvier 2010 à 23:54
maiss c'est des photos de chez vous, je me trompe ?! oO
Je viens juste de réaliser !!
Celle du dessus est superbe ! (La clé des rêves épisode 2 !). Elle m'attire sans doute à cause de la couleur rouge, justement ! =)
 

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