http://lancien.cowblog.fr/images/oiseaux/1001536.jpg     Je l'ai souvent dit : un souvenir c'est un lien entre des groupes de neurones.
         Si je me rappelle un petit rouge-gorge sur la branche d'un de mes arbres en Bretagne, c'est que, lorsque j'évoque ce souvenir, je rappelle les informations qui sont associés à des groupes de neurones : l'image des pins, le fait que c'est mon jardin, le mot pin, l'image de la branche, l'image de l'animal, associée aux mots oiseau et rouge-gorge, la couleur rouge orange de son plumage, le son "tit tit tit" de son chant, la période où j'ai pris cette photo ....
         Au départ ce sont des perceptions d'images, de sons... par nos sens qui viennent dans notre mémoire de travail. Le cortex frontal qui est averti de ces sensations s'y intéresse ou pas. Là si je veux prendre une photo de mon rouge-gorge, il s'y intéresse forcément pendant un moment. Sinon il ne s'en préoccupe guère et laisse faire l'hippocampe qui va traiter l'information et éventuellement l'associer à d'autres déjà en mémoire.
 
         Comment est traitée l'information?

         Les images du rouge-gorge et de l'environnement sont d'abord perçues par notre rétine, et les flux de signaux sont transmis à l'arrière du cerveau (le lobe occipital) où ils vont être traités par différents groupes de neurones qui vont analyser les formes, les textures, les intensités de lumière, les couleurs, les mouvements.

         Les informations sont alors rassemblées dans deux centres l'un que j'appellerai le "où", qui va mémoriser et situer l'environnement (ici les pins et les relier à la situation géographique "mon jardin de Bretagne") et le "quoi" qui va mémoriser les objets et leur nature (ici une image qui représente un oiseau, plus précisément un rouge-gorge, voire "mon" rouge-gorge, si je reconnais celui qui vient se percher sur le guidon de ma tondeuse à gazon).
         Ces centres sont en liaison avec des centres proches de l'hippocampe, le cortex "parahippocalmpique" qui reçoit les images du "où" et le cortex "périrhinal" qui reçoit les images du "quoi".
         Ne retenez pas ces noms barbares, mais seulement que l'hippocampe va alors associer ensemble ces information et y rajouter éventuellement des sensations autres, venant du Thalamus qui synchronise toutes nos sensations et qui peut envoyer le son du cri de l'oiseau, ou, dans d'autre cas, des sensations tactiles, ou de goût.
         Toutes ces associations sont renforcées de façon à constituer un souvenir provisoire, et il est alors transmis, via des mémoires de travail, au cortex frontal qui va s'y intéresser ou non.
         S'il ne s'y intéresse pas l'hippocampe conservera provisoirement les souvenirs, mais si c'est un souvenir classé "intéressant", il décidera qu'il faut renforcer alors les liaisons correspondantes entre neurones.
         On ne sait pas quel est le phénomène biochimique qui décide du sort des souvenirs; probablement une action de renforcement ou de diminution de liaisons entre certains neurones de l'hippocampe, sous l'effet de ceux du cortex frontal.

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         La potentialisation à long terme.
 
         Révise tes leçons avant de dormir si tu veux la retenir mieux.
         Ce conseil de mes grands-parents est aujourd'hui vérifié par la neurobiologie, de nombreuses études ayant montré que la mémoire, certes n'enregistrait pas ce qu'on nous disait pendant notre sommeil, mais renforçait le souvenir de ce qu'on avait mis provisoirement en mémoire à court terme la veille, et ceci d'autant plus que l'activité de l'hippocampe était importante pendant notre sommeil.
         Pendant le sommeil "profond', on constate, dans le cerveau et notamment l'hippocampe, des oscillations à basse fréquence (1 à 5 hertz), et des bouffées d'activité de fréquence très élevée (200 hertz), appelées "ripples".
         Il semble que l'hippocampe répète les activités d'apprentissage de la journée pendant ces bouffées à fréquence rapide, en renforçant les liaisons neuronales correspondant aux souvenirs à conserver.
         Si on supprime ces "ripples" (chez des rats), on supprime cette consolidation d'un apprentissage.
         De plus pendant le sommeil paradoxal, ce phénomène estencore plus important, l'ensemble des actions d'apprentissage étant rejouées y compris dans les centres d'interprétation des sensations notamment visuelles, renforçant ainsi toute la chaîne des liaisons neuronales de constitution du souvenir. (voir aussi mes articles des 17 au 22 décembre 2011, du premier juin 2011, du 29 mars 2009, et du 6 au 12 mai 2008).

 
         L'oubli.        
 
         A l'inverse les ondes lentes diminueraient les connexions entre les neurones des souvenirs inutiles. Il semblerait que la sécrétion d'insuline, qui augmente pendant la nuit serait à l'origine de ce processus de dépression à long terme des souvenirs et apprentissages, comme l'ont montré des essais en laboratoire.
         De même un processus analogue intervient lors du sommeil paradoxal, pour éliminer les souvenirs superflus ou jugés nuisibles, et l'ensemble du cerveau émotionnel serait associé à cette tâche ainsi que les centres sensoriels.
         En cas de micro-réveils, cette activité donne naissance à nos rêves par interférence avec un cortex frontal pas encore bien "réveillé" (voir mes articles sur l'interprétation des rêves du 25 au 29 janvier 2010).
         Tout ce processus suppose que l'hippocampe "étiquetterait" tous les neurones correspondant à un même souvenir pour les réactiver pendant le sommeil.
 
         Et par la suite :
 
         On constate que les souvenirs que nous nous remémorons périodiquement sont renforcés et plus stables et que au contraire, ceux qui ne nous servent pas (par exemple les numéros de téléphones ou noms de personnes correspondants à un ancien travail ou poste qui a changé), diminuent de précision puis tombent dans l'oubli
 
         L'oubli est nécessaire à la mémoire
 
car il évite un encombrement en libérant de la place et surtout permet ensuite une meilleure accessibilité aux souvenirs, moins nombreux.
 
         Après un article de récréation artistique, je regarderai l'effet du cannabis sur notre mémoire.
Par maud96 le Mardi 26 juin 2012 à 9:13
Sûr que je me souviendrais de cet article sur ton blog beaucoup plus à cause de la photo du petit rouge-gorge qu'à cause de la coupe d'encéphale : des coupes ou schémas d'encéphale, il en est plein sur ton immense blog... alors le rouge-gorge qui vient sur la table du petit déjeuner en plein air nous picorer des miettes, on s'en souvient !
Par Fabien Auguste le Mardi 27 mars 2018 à 17:59
Tu fais un travail super et c’est pour cette raison que j’adore ce website !
 

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